TREIZIÈME LEÇON
Poétique du Christianisme.— Genre de beauté des Anciens. —Belle Critique littéraire. — Caractère de la critique française. — Virgile et Racine. — Quelques assertions outrées. — Ginguené sur la musique. — Chateaubriand vengeur du xvn* siècle. — Dernière partie du Génie du Christianisme. —
Des Jésuites du Paraguay. — Conclusion. — Prière finale supprimée Le
plan de Pascal tout autre que celui de Chateaubriand.
J’en viens à la seconde et à la troisième partie, à la Poétique du Christianisme. « L’auteur, après avoir jeté / de$ fleurs sur les choses grandes et profondes, pour parler son langage, approfondit les choses agréables; • et c’est ici la partie de son ouvrage la plus originale, la I plus spirituelle ; disons, et peut-être la plus sérieuse'. » Riais elle-même est exagérée. On ne saurait admettre iî avec l’auteur ce perpétuel triomphe du Christianisme J i| sur ce qui l’a précédé, en poésie, en beaux arts, en lit—
| térature. 11 y a des endroits où le Christianisme est supérieur à l’Antiquité, et d’autres où il ne l’est pas. Il ^ n’est pas exact de dire, même moralement, qu’avant la j venue de Jésus-Christ l’âme de l'homme était un chaos. Les noms de Confucius, de Socrate, de Platon, d’Aristote, le grand analyste et le parfait classificateur des vertus morales, s’élèvent contre une pareille assertion. Mais ii est juste de reconnaître que le Christianisme a purifié, éclairci, agrandi le monde moral, et que là haute '' poésie à cet égard (à cet égard seulement) en a profité.
* H. de Donald, article sur le Génie du Christianisme.