LXXXI
Princesse,
Ce 28 juillet.
Merci, merci! Tout s’est bien passé : nous avons ri, causé, un peu raillé. J’ai dormi au retour. Je n’ai que ma fatigue générale, qui est grande et #
habituelle ; mais la journée a été une riante et
heureuse distraction.
Oh ! je m’explique bien toute cette incohérence ! Vouloir trop, embrasser trop à la fois, réunir des éléments contradictoires, éminents et fougueux, être à l’étroit dans une vie qu'on
se fait trop pleine, avoir des passions maîtresses, une intelligence maîtresse aussi et qui juge toute chose, avoir des talents, et l’un surtout à un haut degré, dont on ne sait que faire et à qui il est presque interdit d’éclater1... Convenez-en, il y a là de quoi faire gronder et un peu rugir ceux qui sont de la race des lions. Mais j’avpue que cela ne m'aurait jamais fait oublier un dîner avec vous.
Je vous prie d’agréer, Princesse, l’expression de mon respectueux attachement.
Ce 4 août 1804.
Princesse,
Je viens de voir l’excellent C..., pour lequel l’appui de Votre Altesse impériale peut tout en ce moment. 11 est proposé pour la croix par la direction du Constitutionnel : il s’agissait de mettre la main sur le ministre de l’intérieur