‹ Lettres à la Princesse (volume 3)Chapitre 45 sur 90 · L’éloquence du prince Napoléon · texte numérisé non relu

L’éloquence du prince Napoléon

absent; on l’a vu hier, après le conseil : M. Boudet veut bien écrire pour recommander M. C... à M. Duruy, par qui la chose peut se faire.

Mais, si vous, Princesse, vous vouliez bien, écrire un petit mot à M. Duruy, pour dire que ce choix vous ferait plaisir, le bon G... serait au comble de ses vœux, qui se verraient, à coup sûr, exaucés. — La liste de M. Duruy achève de se dresser en ce moment.

Daignez agréer, Princesse , l’expression de mon respectueux attachement.

Ce 15 août.

Princesse,

Vous aussi vous avez vos ennuis et personne ne s’appartient entièrement. Je voudrais bien me promettre Saint-Gratien pour vendredi certainement; mais ce jour est celui sur lequel tombe l’entier achèvement de mon article. Ce n'est guère que vers deux ou trois heures que les derniers feuillets partent pour l’imprimerie,

et je ne suis pas sûr de l’état où me laisse cette fin d’accouchement. 11 y a des jours où je ne suis bon qu’à rester sur mon canapé ou à rôder sur mon boulevard. Si je puis, à coup sûr j’irai.

Il y a bien du hasard jusqu’à la fin dans ces nominations de fête ou de jour de l’an. Le tort de M. D... est d’avoir dit à Limayrac : « Partez, et soyez tranquille! » On a droit toujours de refuser, de motiver ses ajournements, mais on ne doit jamais leurrer. r

Je prendrai part, Princesse, à toutes ces solennités où vous serez, et de loin je me permettrai d’entrer dans quelques-unes de vos pensées, de vos réflexions.

Daignez agréer, Princesse, l’expression de mon respectueux attachement.

J’adresse ma lettre à Paris, croyant que c’est le plus court.

Ce jeudi matin, 18 août.

Princesse,

J’ai pour aujourd’hui une douce espérance. — Je suis en plein travail et n’ayant pas achevé, je ne suis nullement sous le charme, vous le verrez ; mais c’est une grande difficulté de tout concilier, et il y a les convenances envers une grande infortune1. De l’ensemble ressortira, je pense, une impression vraie, non exagérée. — Je suis on ne saurait plus compatissant à votre ennui : ce monde est une comédie, et le vrai, le faux, l’or et le clinquant, l’habile et le niais, le sage et le crétin, s’y mêlent et s’y confondent dans un curieux imbroglio. L’œil de l’observateur prend plaisir à tout démêler ; vous avez cet œillà : c’est le prix de votre ennui, et puis on

1. M. Sainte-Beuve préparait, pendant cette Semaine, son troisième arlicle sur 3farie-Ântoinette. ( Nouveaux Lundis . tome VII F.)

lit

apprend à mieux jouir de soi dans les jours où l’on se possède.

Je suis avec respect, Princesse, votre trèsfidèle et très-humble attaché.

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