Revue moderne du 1er décembre
J’oserai aller demain, cinq heures, à la présentation de la fille de ***...
Je mets à vos pieds, Princesse, mes hommages et l’expression de mon respectueux, attachement.
Ce dimanche.
Princesse,
Je me suis empressé d’écrire un mot à M. de L... pour l’avertir légèrement.
Heureux de n’être point de ces grandeurs, je ne laisse pas de sentir une absence : quelque chose me le dit quand je ne le saurais pas.
La pièce de nos amis1 se relève : elle a eu pour elle toute la presse, à peu près. Saint-Victor a été parfait... Son goût comme son amitié se sont réveillés à la fois pour être juste. — Je crains pourtant que le succès ne reste tout littéraire.
Je serai à Votre Altesse samedi, si vous le
4. Henriette Maréchal , par MM. de Concourt (5 décembre 1SG5).
voulez bien, ou vendredi, si vous l’aimez mieux.
Vous faites des heureux là-bas : c’est votre lot. Je vous réserve pourtant encore une bonne petite action pour le retour. — Le Constitutionnel est sous le séquestre avec cinq hommes de police qui gardent les scellés: c’est à croire qu’on avait affaire à une bande de voleurs. Que ces procédés nuisent au seul organe du gouvernement ! Est-ce qu’il en a trop ? On a choisi exprès ou comme exprès décembre , où se fait d’ordinaire le grand renouvellement d’abonnés. On en perdra un millier du coup. Les gens qui viennent pour se réabonner demandent si la société est en liquidation.
Et tout cela, parce que le ministère de M. Boudet, quoique averti, a fait un mauvais choix, il y deux ans !
Je crains que Limayrac ne soit ébranlé. Si l’on nous donne Granier-Cassagnac, bonsoir ! je m’en vais.
En voyant ces choses dont je souffre, mais non personnellement, je rends grâce à la personne que vous savez, Princesse, qui a tout fait pour me mettre au-dessus de ces vicissitudes!
et je vous remercie du fond du cœur. — Il y a un bien mauvais esprit qui souffle : ces tapages obstinés de théâtre sont un symptôme.
M. Troplong hésite pour l’Académie, l’archevêque aussi : Amédée Thierry se faufile et tâche de leur couper l’herbe sous le pied. — Peu importe! — M. Rouher est un homme sage.
Je passerai le mercredi à penser à vous, Princesse. — Savez-vous que mon cabinet de travail ressemble maintenant à un petit temple! 11 me devient difficile de ne pas laisser voir le nom de la déesse à laquelle il est comme dédié.
Daignez agréer, Princesse, mes sentiments de tendre et respectueux attachement.
Ce mercredi matin.
Princesse,
Je ne sais pas bien le jour du retour, et j’espère que ce petit mot arrivera encore à temps pour vous saluer et vous remercier.
Voici une réponse de L... à l’annonce que je
lui ai faite au nom de Votre Altesse, sans rien indiquer de plus précis.
La pièce de nos amis a excité de plus en plus d’orages : il y a un mauvais vent qui souffle, une excitation qui s’étend de la rive gauche à la rive droite, ce qui ne s’était pas encore vu à ce degré. Toute la jeunesse — presque toute — détestablement élevée, est détestable. Les bons se taisent suivant l’usage, et les tièdes suivent le torrent. On a organisé le désordre.
J’espérerai, Princesse, tout le vendredi, et j’aurai l’honneur d’être samedi à mon jour de fête.
Daignez agréer l’assurance de mon tendre et respectueux attachement.
Princesse,
Serez-vous assez aimable pour accepter avec indulgence ce gros paquet qui vous arrivera par M”e de Fly, et qui contient la totalité des Mé-
moires sur l’Histoire de France , à bien peu d'exceptions près? Vous avez l’esprit historique; Votre Altesse est de la race historique même : à quelque page quelle ouvre cette collection, elle y trouvera des faits, des portraits, ce quelle aime.
Vous avez, l’autre jour, comblé de joie MmR C... et sa fille. Je joins ici le récit que m’a fait la mère de cette visite heureuse. C’est bien conté, c’est vivant, c’est ressemblant.
Je suis à vous, Princesse, avec l’attachement tendre et respectueux que vous savez.
Le meilleur ministre, dans la situation, serait encore M. Dumas ’.
Princesse,
J’ai hier écrit à Dumas * que la Princesse désirait transporter chez elle rue de Cour-
t. M. Dumas, le chimiste.