M. Green, comte de Saint-Marsault, chevalier d’honneur
de la Princesse, ancien préfet, sénateur, etc., mort le 19 avril 18GG. '
2. Le fou en question, mort aujourd’hui, était le fameux Sandon.
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plaidé l’autre jour sa cause lui-même à huis clos devant un auditoire de confrères qu’il a fait foudre en larmes, « recommençant enfin, comme il le dit, à redevenir quelqu'un ». Ce que je vous demande, Princesse, c’est de lui accorder une demi-heure et de l’entendre (ce qui peut seulement transmettre la vraie sensation): il a espoir en vous; je lui ai presque promis que vous y consentiriez. Des adversaires, des ennemis cherchent à exploiter sa situation, et l’injustice dont il a été l’objet, et la victime : il a le bon esprit d’y répugner, d’y résister.
Peut-être, chez moi, pourriez-vous le rencontrer comme par hasard ou du moins plus commodément.
Je suis à vous, Princesse, avec bien du respect et de l’attachement.
Ce 2b mai.
Princesse,
C’est donc à mercredi prochain, ma fclc, n’est-ce pas? J’écris un mot à M. de Nieuwer-
kerke. Je préviens aussi M. de Girardin, mais c’est à vous, Princesse, qu’il appartient de l’inviter en forme. J’ai hier dit un mot à M. Giraud. Le nombre six ,est atteint , le petit salon, heureux et comblé, me crie : C est assez !
Je suis à vous. Princesse, avec bien du respect et de l’attachement.
Ce vendredi 18.
Princesse,
Hier, à l’Académie, nous avons réussi au delà de notre espérance. Le livre de Zeller va être distribué à tous les membres, et sera adjoint aux ouvrages proposés par la Commission si cette épreuve de la lecture lui est favorable : et je ne doute pas quelle ne le lui soit. 11 n’y a eu hier que des éloges donnés par avance à son travail. Le prince de Broglie et M. Berryer, eux-mêmes, qui étaient de la Commission, ont dit pour lui quelques paroles d’estime. Ainsi, Princesse, d’ici à quelques jours, quelques mots de vous
dits à vos amis académiciens détermineront leur attention, et cette seule attention d’examen suffira pour le porter à l’un des prix. 11 en sera bien heureux, et nous tous, Princesse, de voir justice rendue à un livre provoqué par vous et où votre nom est inscrit au frontispice.
Daignez agréer, Princesse, l’assurance de mon
Ce mardi.
Princesse ,
Je me surprends aujourd’hui à m’apercevoir qu’il n’y a plus de cours et que cette visite du matin nous fait défaut. Ce cours de Zeller avait la douceur d’une habitude. — J’ai vu hier M. Giraud fort triste, garde-malade, et qui va se voir obligé, me disait-il, de renoncer à Saint- James. — Gavarni, autre blessé, a dû vous écrire. Princesse, pour vous prier d’appuyer de votre bienveillance une demande qui est faite pour les enfants d’un brave homme, Morère, qui lui était dévoué comme personne et qui
laisse sept enfants sans rien au monde, six filles et un garçon. Morère, qui, en dernier lieu, était l’un des rédacteurs en chef du journâ*. l' Illustration, avait été le lieutenant, le fidèle, le bras droit de Gavarni de tout temps, et je crois qu’il s’était abîmé avec lui et à cause de lui dans les spéculations artistiques qui ont pesé sur toute la vie de Gavarni. Morère s’était identifié en Gavarni, il s’était donné à lui. Aussi Gavarni, en le recommandant à la Princesse, acquitte une dette étroite. J’ai connu ce Morère quand j’ai eu à écrire sur son ami : il était spirituel, fin, modeste, fuyant, ayant peur qu’on ne prononçât même son nom : c’était comme l’ombre d’un homme qui avait vécu.
Princesse, je ne manquerai pas demain soir d’avoir l’honneur de vous saluer — et je prendrai votre jour pour la fin de la semaine si vous le voulez bien.
Agréez, Princesse, l’assurance de mon respectueux et tendre attachement.
Cette lettre était commencée, lorsque je reçois le message.