‹ Lettres a la princesseChapitre 32 sur 73 · CX1V · texte numérisé non relu

CX1V

Ce mardi soir et mercredi matin.

Princesse,

J’éprouve ce soir et j’ai eu toute la journée une fatigue extrême que j’attribue à la chaleur; je crains de ne pouvoir demain suffire à la journée, et je vous prie de m’excuser si je ne suis pas arrivé pour l’heure du dîner. C’est que je n’aurai pu. Je m’effraye un peu de cet accroissement de paresse de corps. Il semble que je n’ai plus

ICO

LETTRES

désormais pour partage après quelques heures de travail qu’un repos inerte. Aujourd’hui, je voudrais faire acte de présence au Sénat, où vient M. Rouheret où il se discute une question intéressante. Cette sortie dans le milieu de la journée va me compter déjà comme un excès.

Princesse, je m’oublie à vous conter mes ennuis au milieu du contentement même que vous m’avez fait. J’irai me dédommager dans un des derniers jours de la semaine où je me sentirai plus dispos.

Je mets à vos pieds, Princesse, l’hommage de mon respectueux attachement.

Pardon, j’avais commencé cette lettre hier soir, et je l’avais interrompue en me disant que la nuit me reposerait : point. — On brûle ici dès le matin.

Princesse,

Ce lundi 31 juillet.

On est heureux de vous savoir de retour : la semaine à Paris a paru longue. Je l’ai presque

toute passée, couché et allant de mon canapé à ma table de travail et revenant souvent au lit de repos.

Je n’ai pas vu M. Giraud, que je crois bien en course et inspection.

Vous serez revenue, j’espère, avec surcroît de vie, de joie, de santé morale et autre.

Si vous me le permettez, j’arriverai mercredi un peu avant l’heure du dîner, et je vous demanderai d’écouter en tête-à-tête pendant une demi-heure ce discours du lendemain *.

Je suis tout à vous, Princesse, avec des sentiments de reconnaissance et de respectueux attachement.

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