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Le fou en question, mort aujourd’hui, était le fameux

Sandon. s \

LETTRES

plaidé l’autre jour sa cause lui-même à huis clos devant un auditoire de confrères qu’il a fait foudre en larmes, « recommençant enfin, comme il ledit, à redevenir quelqu'un ». Ce que je vous demande, Princesse, c’est de lui accorder une demi-heure et de l’entendre (ce qui peut seulement transmettre la vraie sensation): il a espoir en vous; je lui ai presque promis que vous y consentiriez. Des adversaires, des ennemis cherchent à exploiter sa situation, et l’injustice dont il a été l’objet, et la victime : il a le bon esprit d’y répugner, d’y résister.

Peut-être, chez moi, pourriez-vous le rencontrer comme par hasard ou du moins plus commodément.

Je suis à vous, Princesse, avec bien du respect et de l’attachement.

Princesse,

Ce 25 mai.

C’est donc à mercredi prochain, ma fêle, n’est-ce pas? J’écris un mot à M. de Nieuwer-

kerke. Je préviens aussi M. de Girardin, mais c’est à vous, Princesse, qu’il appartient de l’inviter en forme. J’ai hier dit un mot à M. Giraud. Le nombre six est atteint , le petit salon, heureux et comblé, me crie : C'est assez !

Je suis à vous, Princesse, avec bien du respect et de l’attachement.

GLXI

Ce vendredi 18.

Princesse,

Hier, à l’Académie, nous avons réussi au delà de notre espérance. Le livre de Zeller va être distribué à tous les membres, et sera adjoint aux ouvrages proposés par la Commission si cette épreuve de la lecture lui est favorable : et je ne doute pas quelle ne le lui soit. 11 n’y a eu hier que des éloges donnés par avance à son travail. Le prince de Broglie et M. Berryer, eux-mêmes, qui étaient de la Commission, ont dit pour lui quelques paroles d’estime. Ainsi, Princesse, d’ici à quelques jours, quelques mots de vous

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dits à vos amis académiciens détermineront leur attention, et cette seule attention d’examen suffira pour le porter à l’un des prix. Il en sera bien heureux, et nous tous. Princesse, de voir justice rendue à un livre provoqué par vous et où votre nom est inscrit au frontispice.

Daignez agréer, Princesse, l’assurance de mon respectueux attachement.

Ce mardi.

Princesse ,

Je me surprends aujourd’hui à m’apercevoir qu’il n’y a plus de cours et que cette visite du matin nous fait défaut. Ce cours de Zeller avait la douceur d’une habitude. — J’ai vu hier M. Giraud fort triste, garde-malade, et qui va se voir obligé, me disait-il, de renoncer à Saint- James. , — Gavarni, autre blessé, a dû vous écrire, Princesse, pour vous prier d’appuyer de votre bienveillance une demande qui est faite pour les enfants d’un brave homme, Morère, qui lui était dévoué comme personne et qui

laisse sept enfants sans rien au monde, six filles et un garçon. Morère, qui, en dernier lieu, était l’un des rédacteurs en chef du journâi. V Illustration, avait été le lieutenant, le fidèle, le bras droit de Gavarni de tout temps, et je crois qu’il s’était abîmé avec lui et à cause de lui dans les spéculations artistiques qui ont pesé sur toute la vie de Gavarni. Morère s’était identifié en Gavarni, il s’était donné à lui. Aussi Gavarni, en le recommandant à la Princesse, acquitte une dette étroite. J’ai connu ce Morère quand j’ai eu à écrire sur son ami : il était spirituel, fin, modeste, fuyant, ayant peur qu’on ne prononçât même son nom : c’était comme l’ombre d’un homme qui avait vécu.

Princesse, je ne manquerai pas demain soir d’avoir l’honneur de vous saluer — et je prendrai votre jour pour la fin de la semaine si vous le voulez bien.

Agréez, Princesse, l’assurance de^mon respectueux et tendre attachement.

Cette lettre était commencée, lorsque je reçois le message.

LETTRES

Princesse,

Ce 17, samedi.

Je suis reconnaissant de votre bonne pensée.

Je n’arriverai, je le pense, qu’après le premier acte ; si je tardais, je ne voudrais pas que la place restât vide, et je trouverais bien moyen de me loger derrière dans cette belle loge que je connais. Je désire bien un grand succès pour ce talent si franc et si naturel, d’une verve entraînante et chaude *.

Me permettrez-vous, Princesse, au milieu de tous ces soins, entre la représentation de ce soir et celle de demain 1 2 , de rappeler à Votre Altesse la situation exacte de sa protégée au Conservatoire, M“* Marie C..., qui n’est encore que sur le seuil et qui n’y a qu’un pied? — Il y

1. On représentait ce soir-là, pour la première fois, à rOdéon (17 mars 1800) la comédie de M. Éinilo Augier, — la Contagion.

2. Le lendemain était un dimanche, et il est probable qu'il s’agit ici d’une représentation de salon.

A LA PUINCESSE.

aura encore un petit effort à faire auprès de M. Auber.

A ce soir. Je vous prie d’agréer, Princesse, l’assurance de mon respectueux et tendre attachement.

CLXIY

Ce 8 juin, vendredi.

Princesse,

J’ai lu avec bien de l’intérêt ce second portrait : il est très-fin, très-bien observé, et il me semble qu’il est juste enfin de rendre les armes à qui àait si bien nous apprécier. Je vous le reporterai samedi soir, je l’espère, et je vous demande la permission d’en prendre copie. Un jour, avec votre permission tacite, nous pourrons publier tout cela : je cherche le moment et le lieu le plus convenable. Mon dernier volume des Lundis , où j’espérais d’abord mettre ce portrait non encore recueilli, ne m’a point paru à propos, en définitive, — àcause d’une Madame d’ Al-

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bany 1 qui aurait immédiatement précédé et qui n’avaitqu’une royauté un peu postiche. J’attends en un mot et je guette le cadre le plus convenable à une telle figure , et je ne veux aucun voisinage qui ne soit en accord ou qui jure.

Je reçois, Princesse, une lettre de M me Sand; elle me demande un service ministériel; elle demande souvent parce qu’elle est bonne; elle me le demande cette fois directement, sans doute parce, qu’elle a déjà beaucoup ^ employé Votre Altesse : mais, comme un bienfait n’est jamais fini, je ne crains pas de mettre sous vos yeux cette lettre. Elle est d’ailleurs charmante, naturelle, et ressemble à sa conversation de nos fins de soirée.

Je suis à vous, Princesse, avec le plus respectueux et le plus tendre attachement.

1. Articles sur la Comtesse d'Albany, par M. Saint- René Taillandier, Nouveaux Lundis , tome V,

Ce 25 juin 1806.

Certainement Saint-Gratien aura mes hommages et mes dévotions cette année comme les précédentes : et que ne puis-je, chaque année, au lieu d’acquérir plus de lenteur, devenir plus léger au gré de mon désir et de ma pensée ! — J’ai vu M. Giraud; je lui ai dit vos bons souvenirs ; il aura l’honneur de vous aller visiter ua de ces matins, car il n’aplus de soirées. J’ai brisé avec lui plus d’une glace; je vous dirai le détail de cette conversation. — Je m’arrangerai pour arriver mercredi un peu de bonne heure : que votre sollicitude aimable ne s’inquiète pas de l’heure ni du moyen d’arriver; tout cela est si facile, et je suis un peu l’homme des manies. — Douce manie, comme diraient les anciens poètes, que celle qui mène à vous et à ce charmant séjour !

Je mets à vos pieds, Princesse, l’hommage de mon tendre et respectueux attachement.

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