‹ Lettres a la princesseChapitre 44 sur 73 · CLXV · texte numérisé non relu

CLXV

Ce jeudi 5 juillet 1800.

Princesse,

J’ai été bien contrarié hier dans une douce habitude. Me voilà chargé d’un rapport sur la loi de propriété littéraire', et il m’a fallu l’écrire ce matin. — Et puis ce passage brusque de la canicule à l’automne m’a laissé presque aussi rhumatisant du genou que M. Du Sommerard.

11 faut vous féliciter ce matin, Princesse :

j’ouvre le Moniteur et j’y lis avec joie cette solution tant désirée. Je félicite M'"‘ Vimercati; tous les amis de l’Italie doivent une belle chandelle à l’empereur ! C’est un beau jour et un grand moment dans son règne que la remise de la Vénétie entre ses mains. Ce pays- ci, déjà si gâté, saura- t-il apprécier la grande et glorieuse situation que son chef lui a faite?

1. Ce rapport, lu au Sénat le 0 juillet 1800, a été recueilli dans le tome IX des Nouveaux l.undis, page 453.

J’irai en causer au premier jour de liberté, Princesse. Je mets à vos pieds l’hommage de mon respectueux et tendre attachement.

Princesse,

Ce 20 juillet.

Je ne sais si le mal est aussi difficile à faire, mais le bien l’est beaucoup, et on n’arrive pas sans peine à le mener à bonne fin. Vous si bonne, vous allez vous en apercevoir encore par la lettre ci-jointe que je reçois deGavarni et que je trouve plus simple d’envoyer à Votre Altesse pour l’informer plus complètement. Elle est du comte de Seilhac, qui s’est conduit avec dévouement dans ces alfaires du pauvre M. Morère ; il poursuit son œuvre. Poursuivez-la aussi, Princesse, c’est votre lot et votre vocation. Le nombre n’y nuit pas. — Jé compte voir notre bon Eudore au retour de Saint-Gratien, peut-être lundi-

Je suis bien anxieux d’esprit pour toutes ces

LETTRES

grosses affaires politiques qui se mènent d’ici si bien, mais qui vont si laborieusement. — C’est un poids pour tous les cœurs patriotes.

Je mets à vos pieds, Princesse, l’hommage de mon respectueux et tendre attachement.

Princesse,

Ce 27 juillet.

La petite Louison d’autrefois, aujourd'hui M” e Louise F 1 ..., demeure : n° 6, rue Perceval (Plaisance), Paris.

J’avais lu les lignes des Débats : il y a en tout cçci un peu de ramollissement ; il faut aimer les femmes en son temps, afin de ne pas extravaguer à première vue quand on est hors d’âge.

La difficulté pour Soulié est aussi dans sa modestie : il se défie de ses forces. Je le verrai

aujourd’hui et le tâterai à fond.

Je crains que ce qu’une haute dame veut de-

1. Il a été déjà question de cette nièce de Nodier, dans une ettre du 16 octobre 1863 (page 77).

mander à Lescure ne soit encore sur cette éternelle Marie-Antoinette. Nous le saurons.

Je mets à vos pieds, Princesse, l’hommage de mon respectueux et bien tendre attachement.

P. -S. — Je reçois de Gavarni le mot ci-joint qui montre qu’au moins il apprécie celle qu’il avait trouvée du premier jour si... diantrement séduisante 1 . Quel dommage que de tels hommes s’immobilisent et s’inutilisent avant l’heure !

J’attends la visite de M. de Seilhac pour ce matin. Il me demandera sans doute comment la famille Morère pourra avoir l’honneur de vous porter l’expression de sa gratitude.

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