‹ Lettres à Lamartine, 1818-1865Chapitre 127 sur 135 · MON CHER ANCIEN COLLÈGUE · texte numérisé non relu

MON CHER ANCIEN COLLÈGUE

Je viens de termiDer notre histoire de 1848, après quatorze années de recherches, de soins, de travaux. Vous y trouverez votre nom glorieusement inscrit à chaque page. C'est la grande époque de votre vie, où pas une ombre envieuse ne se projette pour chercher à en obscurcir la splendeur. Nous avons fait pour la France, en des jours de péril, tout ce que nous pouvions faire, sans laisser un seul regret dans notre âme, un seul remords dans notre conscience. Si nous n'avons pas fondé dans le présent, nous avons fondé dans l'avenir, parce que nous avons pris pour guide la justice, pour symbole la liberté, pour but l'amélioration morale et matérielle de l'humanité.

J'ai couronné notre histoire par l'admirable Rapport que vous avez présenté à l'Assemblée constituante en déposant la dictature. Jamais plus

belle œuvre ne fut offerte au monde par un pouvoir qui a accompli sa mission. Chaque fois que je lis ce Rapport, mon cœur tressaille et votre esprit est en moi. C'est sur cette inspiration sainte que j'ai écrit la conclusion intitulée : Gouvernement provisoire. C'est ainsi qu'en touchant au port j'ai voulu mettre ma main dans la vôtre, heureux d'avoir occupé une place à côté de vous.

Votre tout dévoué collègue et ami,

GARNIER-PAGÉS.

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