‹ Lettres à Lamartine, 1818-1865Chapitre 126 sur 135 · Deschamps · texte numérisé non relu

Deschamps

pas. Mais je ne veux pas remplacer une conversation que je ne puis pas vous porter, par un entretien que je n'écrirais pas comme vous.

J'ai passé ma saison d'été avec Mistral, à lire ensemble les Méditations, mon seul livre de voyage. Je devais vous porter nos admirations alpestres; mais que voulez-vous? Le mal me poursuit et je ne puis pas le fuir; j'ai deux jambes de moins que les voleurs, et ce n'est pas assez pour un honnête homme; si j'avais les autres volumes de votre panthéon, ce serait un bon remède. Je pars à la fin de la semaine prochaine; j'espère bien faire un gros effort pour aller vous dire adieu et vous les demander.

J'ai copié cet hiver soixante-dix pièces des Iles d'amour, comme celles que vous connaissez ; mais vous ne connaissez pas la plus belle. D'Aurevilly m'a dit que jamais de votre vivant et après on n'aura fait sur vous une pareille page I Ma foi, si vous voulez que je vous le dise, je le crois ; c'est que je vous admire bien, et je vous aime encore plus.

Je suis aux pieds de madame de Lamartine, et pourquoi pas aux vôtres.

Page 1