Souvenir, à la princesse d'Orange. Harmonies, liv. iv
Lorsqu'il y a quelques jours la nouvelle de la mort de madame de Lamartine vint me causer le plus douloureux saisissement, j'hésitai avant de vous écrire ; mais il me semble que je me mentirais à moi-même si je ne vous parlais pas de mes regrets, si je vous laissais croire à l'oubli.
Je sais que rien ne console dans un malheur pareil ; mais il y a une sorte de douceur à ne pas se sentir seul, à se dire qu'il y a des pensées et des regrets unanimes qui nous accompagnent en silence et toujours.
Adieu. Donnez-moi de temps en temps une pensée et un souvenir, et croyez à l'inaltérable amitié de Votre dévouée