‹ Lettres à Lamartine, 1818-1865Chapitre 27 sur 135 · LETTRE DE M. DE MARCGLLUS · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. DE MARCGLLUS

Rome, le 17 février 1829.

Ce n'est pas, mon cher Lamartine, comme propriétaire d'Andour (car je n'y recueille pas une grappe) que je vous dois des remerciements, mais c'est en Bordelais et en ami que je me hâte de vous faire mon compliment de l'éloquent plaidoyer en faveur des vignes dont j'achève de lire un extrait

dans les journaux. C'est aussi fermement écrit que bien raisonné. C'est là l'homme d'Etat, l'homme des affaires ; et je n'avais pas besoin, moi, de cet essai dans nos questions publiques, pour savoir que vous les traiteriez supérieurement. Dès que l'absurde règle des quarante ans ne vous séparera plus de la tribune, vous êtes celui qu'il faut au département; et si alors j'y garde encore dans un coin quelque influence territoriale, je croirai rendre service à tous que de l'employer à donner au pays et à la monarchie un si habile défenseur. Je viens d'assister aux funérailles d'un pape* qu'on regrettera partout, excepté à Rome. Ici, le peuple a montré une joie féroce. On applaudissait dans les rues. Mais si ses sujets montrent quelque ingratitude, l'Église entière vengera la mémoire de ce pontife prudent, modéré, et loué de toute l'Europe dans un siècle exigeant. Il y avait dans ces dernières pompes, à Saint-Pierre, quelque chose de profondément triste et humiliant pour la grandeur humaine, qui pénétrait l'âme et y portait de graves réflexions. C'était un spectacle digne de notre ambassadeur^; et ce sera un jour une page sublime de ses Mémoires, s'il n'en devance pas les temps. Dès que le conclave sera ouvert, je passerai

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