AIMÉ MARTIN
LETTRE DE M. VICTOR HUGO
12 juillet 1830.
Vous verrez par la date de ces vers *, mon ami, qu'il y a longtemps qu'ils sont faits. Toutes sortes de motifs dont je ne saurais me rendre compte à moi-même, d'abord la paresse de les copier, puis, quand ils ont été copiés, je ne sais quel dégoût, je ne.sais quel ennui de moi-même m'ont fait ajourner de semaine en semaine l'envoi que je voulais vous en faire. Les voici enfin. Ne les lisez pas. Voyez-y seulement une marque de ma fidèle, profonde et cordiale amitié.
Voilà les élections à peu près finies. Vous devez en être sorti. J'ai peur que vous ne soyez plus à Mâcon. Vous êtes peut-être déjà parti pour votre promenade annuelle aux eaux d'Aix. A tout hasard, j'adresse cette lettre à Mâcon.
Je vous parlerai en détail de vos Harmonies quand vous serez de retour à Paris. Je pense que vous comptez assez sur moi pour être sûr qu'elles