LETTRE DU COMTE DE MAISTRE
Turin, 28 janvier 1820.
MONSIEUR
Voilà mon neveu Louis * qui prétend que j'ai droit de vous dire mon neveu Alphonse! Cette proposition m'a tout à fait Tair d'un paradoxe. Comment prendre ce ton avec un homme que je n'ai admiré qu'un instant (je voulais dire vu : c'est égal)? Et, qu'est-ce que vous en direz, monsieur? Cependant on doit quelque chose à un neveu incontestable qui vous donne un conseil sur sa parole d'honneur; et mon cœur se trouvant d'ailleurs tout à fait de son parti, je me livre bien volontiers à cette aimable familiarité. Vous saurez donc, mon cher neveu Alphonse, qu'un de mes premiers soins lorsque mon Pape allait faire son
1. Cette très curieuse lettre du comte de Maistre, où se marque avec humour sa verve originale, reporte aux souvenirs que Lamartine consacra à la famille de Maistre dans son Cours familier de littérature. (Voir Souvenirs et Portraits j t. I, p. 73 et suiy.)