Allemagne et Italie
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méat comme ua témoignage de mes seatimeots et de mou admiration.
Dimanche ou lundi, je tenterai, à tout hasard, de vous voir à Saint-Point.
LETTRE DE MADAME DK GIUAHDIN.
Bourg^aneuf, 18 août 1838.
M. de Girardin est à Paris en ce moment, il m'a quittée, il y a huit jours, et je l'attends dans huit jours ; je suis seule, bien seule au milieu des rochers habités par beaucoup de serpents. J'ai depuis ce matin les idées les plus sombres, aussi je vous écris pour me calmer l'esprit; j'ai recours à vous comme on a recours à son confesseur, quand on veut combattre de mauvaises pensées. Bénissezmoi donc et chassez de moi le mauvais esprit.
Il m'est impossible de travailler, j'ai des souvenirs trop puissants, ils sont vivaces et m'ôtent la faculté d'imaginer..., et puis j'ai perdu l'illusion du travail. Ma tète est si malade que toutes mes
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peusées la blesseut. Je ne puis que m'étourdir et m'abrutir ; je marche pendant des heures, je monte à cheval, et sur quel cheval I et par quels chemins! Cette grande fatigue est la seule chose qui me fasse du bien. Le grand air me grise, et la fatigue m'engourdit; vous comprenez qu'on ne fait point de vers avec ce régime-là. Et vous, que devenez-vous? Les Pêcheurs sont-ils finis? me donnerez-vous les épreuves à corriger ? Ne vendez pas vos arbres, nous vous empêcherons bien de les vendre.
Que votre poème sera beau I comme je le comprends bien, quelle sublime pensée! Quand votre ange aura subi ses dix expiations, vous donnerez au poème général cette épigraphe, n'est-ce pas ?
I/homme est uu dieu tombé qui se souvient des deux?
Pourquoi cet ange ne serait-il pas lord Byron ? Vous me direz tout votre plan, je veux le connaître, et vous devez me le confier, car il me tourmente au point que j'invente tous les jours quelque chant nouveau. Je voudrais connaître les dix rôles que jouera votre ange; écrivez-les-moi, je ne vous prendrai pas vos idées, soyez sans crainte. Je ne saurais que faire d'un pareil larcin.
Je voudrais bien aussi vous recevoir dans nos montagnes, ce pays sauvage vous plairait, vous seriez accueilli chez nous avec passion. L'autre
jour une femme lort gracieuse qui vous a vu à Paris disait qu'elle vous aimait beaucoup, qu'elle vous connaissait; une autre femme a répondu avec enthousiasme : « Et moi qui ne le connais pas, je l'aime aussi. » Or cette dernière passion est toute politique, car la bonne dame n'a jamais lu un vers de sa vie, mais vos discours vous font aimer comme vos rêves. Moi, je puis ajouter encore pour ma part aux sentiments de ces deux femmes, et je dirai, pour compléter la vérité, je l'aime, je l'aime plus que vous, et cependant je le connais. C'est le plus grand monstre de la terre, mais c'est un monstre qui a la volonté du bien. Ecrivez-moi. Une lettre de vous dans ce désert sera tout pour moi. Je pense bien souvent à vous. Qui vous a donné dans cette vie tant de courage? dites-le-moi * .
DELPHINE
1. La réponse à celte lettre se trouve page 470, t. III. Correspondance*
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