‹ Lettres à Lamartine, 1818-1865Chapitre 73 sur 135 · LETTRE DE M. ALFRED DE VIGNY · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. ALFRED DE VIGNY

12 septembre 1840.

Nous nous sommes repris la main pour une bonne action, mon ami ; aujourd'hui j'ai besoin de serrer la vôtre pour vous dire que j'ai souffert avec vous en apprenant cette grande douleur qui vous frappe*. Votre blessure a fait saigner la mienne, si récente encore. Et comme je sais qu'il n'y a point de consolation, je ne tenterai pas devons en donner. J'ai parcouru en vain pour en trouver les cercles d'idées philosophiques et religieuses, et quand je répétais à des amis affligés ou à moi-même ce qu'elles enseignent de plus doux, je me'sentais tout semblable à un navigateur qui embrasse ses compagnons en leur disant : Je vois le port devant nous, et qui cependant a le cœur serré du sombre aspect de l'horizon. Les espérances ne sont jamais assez ardentes pour sécher toutes les larmes. — Le bruit du combat politique viendra à votre secours, mon

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