‹ Lettres à Lamartine, 1818-1865Chapitre 72 sur 135 · MOLÉ · texte numérisé non relu

MOLÉ

LETTRE DE M. VILLEMAIN

Nanterre, ce 28 mai 1840.

Je vous lis dans un petit jardin, bien loin du bruit et de la tribune : et jamais je n'ai senti émo- [

tion si violente. Cela est admirable de génie et de raison. Vos paroles resteront inséparables de cette apothéose*, et elles en contre-pèsent l'imprudence politique. Je voudrais qu'elles fussent partout répé- '

tées pour l'honneur et l'instruction de la France, qu'on aveugle pour lui faire tourner la meule. Votre discours si éclatant et si profond ne durera pas moins que votre ode sur Sainte-Hélène. L'un et l'autre seront quoi qu'on fasse la seule tombe indestructible de Napoléon.

Tout à vous, mon illustre ami.

A. VILLEMAIN

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