MOLÉ
LETTRE DE MADAME DE GIRARDIN
Paris^ 2 juin 1841.
Je ne comprends pas que si malade et désolé vous ayez encore des inspirations si admirables*; ces vers qui me désolent sont bien beaux. Je les ai relus ce matin avec Théophile Gautier. Il en était enchanté, et ce soir j'ai vu Alfred de Musset qui les savait par cœur. Il m'en a apporté de très jolis sur le même sujet. Ils sont railleurs et insolents. Lui, m'a priée de les publier, lui, me les a donnés pour la Presse. Il ne devinait pas tout le chagrin qu'il me faisait en me les apportant.
Hugo m'a lu ce matin son discours: il y a de très belles choses. Demain, il le lira à l'Académie. Cette journée me rappelle votre réception, il y a onze ans. Quel superbe discours! comme vous l'avez bien lu I En sortant de la séance, vous me donniez le bras, j'étais bien fière, et toutes les