LETTRE DE LOUIS-NAPOLÉON BONAPARTE
Ham, le 2 février 1846.
MONSIEUR
Je suis bien touché des paroles de consolation et d'espoir que vous m'avez adressées; cependant je n'ai pas cru devoir faire ce que vous sembliez me conseiller, et, j'ose le dire, je crois que vous m'approuverez. Votre âme élevée, votre génie de poète qui planent au-dessus des misères de notre époque, doivent applaudir à toute décision qui n'a que l'honneur pour mobile. M. Poggioli, qui a été chargé par mon père de voir les personnes auxquelles il avait écrit pour obtenir ma liberté, vous remettra la copie de ma réponse à M. Odilon Barrot.
Je vous demande pardon de vous occuper encore de moi, moi qui n'ai d'autres droits à votre bienveillance que ceux que me donnent mes malheurs I mais je compte sur votre indulgence et sur une sympathie à laquelle j'attache le plus haut prix.
Recevez, monsieur, l'assurance de ma haute estime.