A LA LIBRAIRIE ARCHÉOLOGIQUE DE DIDRON
Place Saint-André-deg-Arts, BO.
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LETTRES
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Mhi^tÊ%ière JLet9re (É).
Paris , noTembre 1844.
Monsieur le Comte,
C'est à vous qui , parvenu , grâce à un talent d'orateur et d'écrivain que vos adversaires eux-mêmes sont forcés de reconnaître et d'admirer , à l'un des postes les plus importans de l'État ( celui d'administrateur de la fortune intellectuelle de la France ) , daignâtes me confier , en 1838, la mission d'examiner les bibliothèques publiques d'un pays voisin du nôtre , afin de vous signaler, dans leur régime , ce qui pourrait s'ajouter aux améliorations nombreuses que vous méditiez déjà pour nos divers dépôts littéraires (2) , — c'est à vous, disje , que je prends la liberté d'adresser cette lettre.
(i) Cette lettre écrite à la 4ate qa*elle indique , devait , ainsi que les snivantes, paraître dans la Revue archéologique , dirigée avec tant de zèle et de talent par M. hïdroo. Des circonstances particulières en ayant fait retarder la publication , nous avons redemandé notre travail an directeur de ce Recueil et nous Tavons inséré dans la Revue du Midi, publication mensuelle qui parait à Montpellier. En le faisant réimprimer h part , avec addition des pièces qu'on trouvera après notre troisième lettre , nous avons cru , bien que de grands cbangemens eussent eu lieu dans la position de Péminent académicien à qui cette lettre est adressée , ne devoir faire subir aucune modification à notre travail primitif.
(3) Cette mission , è mon retour de Suisse , donna lieu à un rapport qui fut , par ordre de M. deSalvandy, inséré dans le journal officiel de l'instruction publique. Depuis je l'ai fait réimprimer à part ( Paris , Chaliamel , in-8o ) , en y ajoutant un assez grand nombre de pièces inédites fort curieuses , Urées des manuscrits de la bibliothèque de Berne.
En agissant ainsi je ne crains point que le sentiment qui me dicte cette démarche soit transformé en flatterie. D'ordinaire, en effet, on ne s'attache pas aux Ministres tombés. Or, descendu, par suite des reviremens politiques , de la haute position que vous occupâtes avec honneur et qui vous permit de faire au pays tant de bien, vous avez, pour tout pouvoir , repris d'une main aussi jeune qu'il y a vingt ans — ( vos récens travaux nous l'ont prouvé ) , — cette plume ardente , noble épée de nos temps , qui vous a créé ce que vous êtes. A cette heure donc , où , rentré dans la vie civile , vous ne pouvez , pour vos anciens administrés , autre chose que de suivre avec intérêt les travaux par lesquels ils essaient , — les uns , d'honorer le docte corps aucpiel ils appartiennent ; — les autres , et je suis de ce nombre , de justifier le choix que vous avez fait de leur personne , j'ai pensé que peut-être vous accueilleriez avec bienveillance , comme une marque de gratitude sincère et de respectueux dévouement , les lignes qui suivent. Puissent-elles ne point paraître trop indignes du haut patronage sous lequel j'ose ainsi les placer !
Tous les ans , Monsieur , depuis que vous m'avez fait l'honneur de ' m'appeler à un poste élevé dans les rangs universitaires , je consacre une partie des loisirs que me laissent nos vacances , à explorer dans un but d'étude et d'instruction , les bibliothèques , les musées , les archives , les collections de difiFérens genres , publiques ou particulières , que possèdent la France et l'étranger. J'ai déjà parcouru de la sorte un grand nombre de nos villes et la plupart des pays qui nous entourent ; mais , bien que j'eusse visité par deux fois la Belgique et les bords du Rhin, le temps m'avait manqué toujours de pousser jusqu'en Hollande. Au mois de septembre dernier cependant , je résolus d'exécuter ce voyage à l'accomplissement duquel la vieille réputation des peintres hollandais , celle de l'Université de Leyde et la certitude que j'avais de trouver à la Haye , dans la bibliothèque royale , une belle collection de manuscrits ,#me provoquaient vivement.
En conséquence , muni d'une recommandation de M. le Ministre des relations étrangères pour M. l'Ambassadeur de France , et de plusieurs lettres adressées à des savans et à des érudits , j'allai m'embarquer à Anvers pour Rotterdam , d'où je gagnai promptement la capitale de la Hollande. Arrivé à la Haye , je me rendis d'abord chez M. le baron de Bois-le-Comte , représentant du Roi , et je lui remis la recommandation toute bienveillante que M. Guizot avait daigné m'accorder.
Je trouvai dans M. l'Ambassadeur de France un homme non moins
obligeant qu'instmit , et que des études profondes sur le commerce , sur les relations înternatioûales , sur tout ce qui concerne la diplomatie , mettent à même d'apprécier toute espèce de recherches et de travaux. M. de Bois-le-Gomte fut assez bon pour me présenter à M. le chevalier Mazel , directeur du musée de la Haye , qui fut pour moi d'une obligeance parfaite ; k M. Holtrop » conservateur de la bibliothèque royale , qui me traita réellement en frère ; enfin à M. le baron de Kattendyke , alors Ministre des affaires étrangères , dont je n'oublierai jamais l'accueil bienveillant et éclairé. Je croirais manquer à un devoir si je n*exprimais ici hautement à ces Messieurs ma profonde reconnaissance.
M. Holtrop , savant açissi modeste qu'érudit , se fit un véritable plaisir , quand je lui eus expliqué le but de ma visite , de mettre à ma disposition , non-seulement ses cartes et ses catalogues , mais encore ses notes particulières. U m'ouvrit les portes de la bibliothèque royale, qui étaient alors fermées au public à cause des vacances , tous les jours et à toute heure; enfin , il me donna tous les renseignemens que je pouvais désirer (1). C'est à lui que je dois les détails qui suivent sur l'établissement qu'il dirigfe.
Guillaume I^' , et» après lui, tous les stathouders jusqu'à Guillaume y » eurent une bibliothèque particulière , destinée à leur usage personnel. £n 1686 , le Catalogue de cette bibliothèque fut dressé par Constantin Huygens ; mais, en 1749 , par suite des événemens politiques , une partie des livres et des manuscrits fut mise en vente publique, et, par conséquent, menacée de dispersion. La plupart de ces objets ne tardèrent pas cependant à être réacquis ; mais , ce fut pour courir , à la fin du même siècle , de plus grands dangers. En effet , lors de l'invasion de la Hollande par nos troupes , Guillaume V ayant quitté le pays , la bibliothèque fut sur le point d'être vendue avec tous les biens du Prince fugitif. Heureusement , le libraire chargé de l'opé-
(1) Cette obligeance de M. Holirop a été également éproayée par un autre explorateur, qui s'est trouvé , comme moi , è même de Tapprécier. M. Gacbard , archiviste général du royaume de Belgique , dit en elTet dans une lettre i MM. les Questeurs delà Chambre des représentans , sur les documens concernant les anciennes assemblées nationales de la Belgique , qui existent dans les dépôts littéraires de la Haye : — « Arrivé à la Haye , le 26 octobre , Je me présentai , dès le lendemain, à la bibliothèque royale. Je trouvai dans M. Holtrop, conservateur de ce dépôt, un homme aussi complaisant qu'instruit , et un bibliothécaire auquel
n'est étranger aucun des trésors dont la garde lui est confiée Je ne fais qu'ae-
quitter une dette en exprimant ici ma gratitude envers ce savant , dont les procédés m'ont rappelé ceux des hommes distingués qui dirigent les grands dépôts littéraire» de Paris. »
4 LETTRE A M. DE. SALYANDY.
ration retarda Timpression du Catalogue dont une partie seule parut. Ce fut ce qui sauYa la bibliothèque ; car , dans TinterYalle les esprits s'apaisèrent, et le calme qui roYint permit plus tard au GouYernement de réunir les liYres des États de Hollande et ceux de diYcrses corporations , à Tancienne bibliothèque de Guillaume V et de ses successeurs , pour en former un grand établissement national. Cet important dépôt fut placé dans Tancien palais des Stathouders ( Mauristhuis) , où les États tiennent leurs séances.
De 1801 à 1802 , le Catalogue des liYres imprimés de cette bibliothèque , rédigé par M. l'abbé Flament , son directeur (1) , fut publié. On y remarque , de la part de l'auteur, une assez grande connaissance de la bibliographie, et quelques ar.ticles y sont heureusement décrits.
A partir de ce moment , ce grand établissement littéraire semblerait avoir dû prendre un accroissement rapide ; il n'en fut rien. Le peu d'étendue des supplémens au Catalogue qui parurent successivement , prouve , d'une manière suffisante , que l'argent manquait pour les acquisitions.
Sous le règne de Louis-Napoléon , la bibliothèque nationale , qui à ce nom avait substitué celui de bibliothèque royale , fut enrichie de plusieurs collections particulières dont le Roi fit l'acquisition, Je citerai , entre autres, celle de l'avocat Visser , de la Haye, oh se rencontraient un assez grand nombre d'incunables et de manuscrits; — la bibliothèque de M. réchevin Romswinckel , de Leyde , qui coûta 50,000 florins ( plus de 100,000 fr. ) , et qui renfermait une précieuse collection des historiens de la Néerlande , ainsi que beaucoup d'éditions rares et des manuscrits ; — enfin , la bibliothèque du professeur Sax , d'Utrecht, riche surtout en manuscrits.
Après le départ du Roi Louis , l'établissement dont nous parlons devait envoyer à Paris ses livres et ses manuscrits les plus intéressans, et rester , sous le nom de bibliothèque de la ville, réduit à ses propres fonds. Le hasard voulut qu'il évitât encore cette menaçante dispersion. En 1813, le roi Guillaume 1er ^ ^ son retour, déclara de nouveau ce grand dépôt de connaissances humaines , Bibliothèque
(1) M. Tabbé Flament était un prêtre français réfugié en Hollande à Tépoque de notre première révolution. 11 trouva dans ce pays hospitalier un accueil bienveillant et une position honorable. U. Flament , qui était directeur de la bibliothèque depuis 1795 , mourut en 1835, respecté et pleuré de tous ceux qui Tout connu. M. Holtrop , docteur de l'Université de Leyde , et qui sera pour M. Flament un ^gne continuateur , lui a succédé en qualité de conservateur. Une autre personne , «que je regrette de n'avoir pas eu l'avantage de rencontrer à la Haye, a reçu, depuis , le titre de directeur.
LETTRE A M. DE SALYANDY. 5
ra^^dle , et , après avoir ordonné qu'il fût ouvert au public , il le fi^ porter au budget pour une somme raisonnable qui lui est allouée , depuis, tous les ans. En outre , le roi Guillaume , qui avait compris Timportance de la bibliothèque pour sa capitale , lui envoyait tous les ouvrages qui lui étaient offerts ou que souvent il achetait. H l'enrichit même quelquefois non -seulement d'ouvrages isolés , mais encore de collections entières qu'il acquit de ses propres deniers. C'est ainsi qu'il y fit transporter la bibliothèque de Gérard , ancien secrétaire de l'Académie de Bruxelles, achetée par lui en 1819, et qui contenait beaucoup de manuscrits , la plupart tracés , d'après des originaux , de la main de ce laborieux érudit (1). Le roi Guillaume envoya également à la bibliothèque de la Haye les imprimés de l'abbaye de Tongerloo ( Tongres ) ; — une bibliothèque dont il avait hérité dans le Nassau-Dilembourg , etc. , etc. Il serait trop long de dire tout ce que l'ancien roi de Hollande fit pour un établissement qu'il aimait ; mais le fait suivant aidera à le comprendre. Peu de temps avant son abdication , il acheta sur sa cassette et donna à la bibliothèque royale , un exemplaire du magnifique ouvrage de M. le comte Auguste de Bastard , intitulé : Peintures des manuscrits. C'était un cadeau d'environ trente mille francs.
Le roi actuel , Guillaume II , souverain aussi distingué par son amour pour les arts que par sa conduite politique et par sa vie privée, continue à la bibliothèque royale de la Haye la protection éclairée dont l'environnait son illustre père. Encourageant de tout son pouvoir les sciences et les lettres , ce Prince ne pouvait marcher sur de meilleures traces , et nous savons que la bibliothèque royale lui doit déjà beaucoup.
La bibliothèque , comme je l'ai dit plus haut , était jadis au Mau-
(1) On lit dans la lettre de M. Gacbard que j'ai citée : a La bibliothèque de la Haye\ dont celle des anciens Stathonders a fourni le premier fonds , s'est beaucoup aeeme pendant le temps de notre réunion à la Hollande. Il n'eiistait pas alors do bibliothèque de TÉtat à Bruxelles ; toutes les acquisitions en livres et en manuscrits que faisait le GouTemement, étaient pour la Haye. C'est ainsi que l'établissement à la tête duquel est placé M. Holtrop , s'est enrichi de la plus grande partie de la bibliothèque de Gérard qui contenait , entre autres , une Tolumineuse collection de documens manuscrits sur l'Histoire de la Belgique ; c'est ainsi encore qu'elle fit des acquisitions importantes et nombreuses , à la vente de la fameuse bibliothèque de Musschenbroch et dans plusieurs autres occasions. »
J'ajouterai à ces paroles de M. Gacbard, que ces richesses ne sont pas toutes déposées aiyourd'hui dans la bibliothèque de la Haye. Les archives de cette ville en possèdent une partie. Ce sont les diplômes , les chartes et autres documens de ce genre. La bibliothèque contient , elle , les imprimés et les manuscrits proprement dits.
riêthuis. Elle est placée maintenant sur un magnifique boulevard , dans une vaste maison ayant appartenu aux princes d*Orange. Gomme mon but est de ne parler ici que des manuscrits , je me bornerai à dire que , parmi les richesses imprimées de cet établissement , on remarque : 10 une collection de pamphlets et de pièces fugitives , allant de 1515 à 1748 , composée de 460 volumes in-4o , relative à TUistoîre des 17 Provinces-Unies et formée par un avocat nommé Duncan ( on rappelle du nom de son ancien possesseur , Bihliotheca Duncaniana ) ; — 2® une collection de 900 incunables , imprimés hors du pays , et de 500 d'origine hollandaise , dont 40 environ sur peau vélin (1) ; — 3^ une collection de 690 Elzévirs, in-12, dont 268 portent le nom de l'imprimeur. Il faut aussi remarquer spécialement dans cette collection elzévirienne , la collection des Républiques qui est à part et qui forme 105 volumes ; plus, les poëtes italiens (in-24 ) (2). La bibliothèque de la Haye possède , en outre , de belles collections des Aides, des Juntes, des Estienne, des Plantin , etc.
Les manuscrits que renferme cet établissement sont au nombre d'environ 2,000 ; M. Holtrop en a rédigé un Catalogue très-suffisant pour le service , et dans lequel on retrouve l'excellent esprit critique et le jugement remarquable qui distinguent ce savant.
C'est , Monsieur le Comte , de quelquesHins de ces manuscrits que je veux vous entretenir.
Après avoir jeté sur le Catalogue un premier coup-d'œil , je priai M. Holtrop de me communiquer les manuscrits suivans dont la mention m'avait plus particulièrement frappé , et où je devais trouver de remarquables miniatures dont quelques-unes sont dues à de grands artistes.
Le N® 3 , que j'examinai d'abord , est un volume in-folio fort épais , provenant de la bibliothèque de Gérard » et intitulé : Livre d'oraysons. C'est un des plus beaux ouvrages avec miniatures en camaïeu , qu'il soit , à mon avis , possible de voir. Les peintures en sont d'une perfection telle qu'on les a attribuées , du moins quelques-unes parmi les 200 qui le décorent , au célèbre peintre de la fameuse châsse de Sainte-Ursule de Bruges , à Hemling ou Emmeling. Il n'y a rien d'exagéré dans cette hypothèse ; car ce manuscrit a été exécuté pour Phi-
(1) Un seul de ces yolumes , De contemptu moriis libri IF , Henni , Leyde , 1621 , iD-4<» , a coûté 1,000 francs.
(2) Cette belle collection de liyres précieux est renfermée dans une salle dite V Appartement du Roi, J'ai yu là aussi, entre autres volumes fort rares , un exemplaire in>4o , imprimé à Gand , en 1504 , sur vélin , des coutumes de la ville et échcvinage de Gand.
LETTRE Â M. DE SÂLYÂNDY. 7
lippe-le-Bon , duc de Bourgogne , père de Charles-le-Téméraire et le portrait fort ressemblant de ce Prince ( on peut le comparer avec ceux qu'on possède ailleurs , notamment sur une des tapisseries de Berne que j*ai publiées), se trouve en plusieurs endroits de l'ouvrage. ( Fol. 108 , 112 , 114 , 116 , 122. ) On lit en outre , çà et là , dans ces miniatures , la devise de ce Prince : Aultre n'aray. Quand on réfléchit à la générosité avec laquelle Philippe-le-Bon récompensait ses imagiers et ses pat nc^re^, on n'est pas surpris qu'Emmeling ait sans doute travaillé à un grand nombre de manuscrits qui étaient destinés à ce Prince. La puissante maison de Bourgogne aimait fort les artistes.
Une drconstance autre que la perfection des miniatures m'a encore frappé dans le manuscrit N® 9. Je veux parler de la reliure, qui est fort ancienne , et qui consiste en veau gaufré appliqué sur bois. On lit sur les deux côtés de cette reliure les mots suîvans , en lettres gothiques , gaufrées comme le reste des ornemens et répétées sur chaque plat , dans ses compartimens : — « 06 laudem Christi , lîtn'um hune rectè ligavi ; Anthonius de Gavere. » Comme cette reliure remonte évidemment à l'époque de la confection du manuscrit , il s'ensuit que nous avons un nom d'artiste de plus à ajouter à la liste des ouvriers illustres en tout genre , réunie par le Comité des beaux-arts que vous fondâtes jadis dans votre trop rapide passage au ministère. Cette particularité me fait souvçnir d'une autre que j'ai remarquée sur un des livres imprimés de la bibliothèque royale de la Haye. Le volume dont je veux parler est un Fasciculus temporum , mis au jour à Louvaîn, en 1476, por Johannes Valdener* On lit, sur chacun de ses plats , ce même nom en lettres gothiques gaufrées. Comme cette reliure est fort ancienne , qu'elle semble dater de l'époque même de l'impression , ne pourrait-on en conclure que Jean Valdener était à la fois imprimeur et relieur? Ce serait en ce cas un deuxième nom à ajouter au premier.
Le manuscrit N^ 10 que j'examinai ensuite, est, comme le porte son titre , écrit au folio de garde par une main moderne : — «La bible de la Toison d'or moralisée à l'usage de Philippe^leSon , ainsi dite parce qu'elle fut mise en morale pour ce Prince au sujet de l'institution qu'il venait de faire de cet ordre. » Ce manuscrit, qui est relié en velours brun, contient 45 miniatures toutes fort belles. En marge de la première page se trouve , posée sur une barbacane d'où sortent des flammes , cette devise : Nul ne s'y frotte ! Nous la retrouvons de nouveau, à la fin du livre, tracée de cette manière :