‹ Lettres à m.ble comte de Salvandy sur quelques-uns des manuscrits de la Bibliothèque royale de La HayeChapitre 23 sur 36 · FRANCE AU ROT · texte numérisé non relu

FRANCE AU ROT

Digne est le bras que Dieu ainsy honneure,

La terre eureuse où il règne et domine.

Le françoys trqsne on doibt bien iQver l'heure

D'en avoir eu le repost et saisine.

La famé en vole au ciel et par desseure.

Et de l'effect §e sent terre et marine.

Et de la perte on se tourmente et pleure»

Car c'estoit propre estorance divine,^

Mon règne entra par guerre maleurée.

Par povrelë, par ruine et misère.

Dont Dieu enfin par grâce restorée M*a tiré hors à victoire très clère.

Justice ay sours, France ay désencombrée :

Si en soit prins en bon gré le mistère.

Si mon temps eût porté plus de durée.

Espoir ma tiô eût pot*të pius de mi$èrè«

Le Roy droit cy^ refttflant rhonneur qoe France luy baille en ratribnant plustost à se» serviteurs qu'à sa personne, se contourne envers ieeulx^ et en les remerciant 'de leilir bon senricei se démest de la gloire à luy donnée par leur cause :

A vous, seigneurs, et à votre vaillance Est deu rhonneur de ceste vallitude.

Par qui vertus et haulte bienveillance J'ay siège et trosne et gloire à plénitude.

Dont se du cas je monstroie ignorance, • Ce me seroit mespris d'ingratitude Faicté èùvers^ Dieu, de tort et d'usurpaiice Du Ids d'aultnly dont j'ay béatitude.

Droit cy, comme ses barons feussent honteux du remerciment, et que arrière en voulsissent remectre Phonneur sur leur Roy en humiliant leurs personnes, parlant Tung après l'aultre, chacun des deux coupletz, jusques au nombre de vingt et quattre, et premièrement:

LB SBIGNBta DR BARBATAN.

Touchant ma part, ô roy de françoys trosne.

Point je n'y qtriers avoir remerciance.

Et lie vauk pas que ta grâce mé donne D'aucun servir vainc gloriiîàbce.

FRAGMPÎ^TS ET jEXJj^AlTS; 221

Se j'ay riens fait de ma povre personne En grief d'aultruy pour ta multipliance, J'ay fait mon deu : honneur ^in$y ror^onnei, Que cil bien serve en qui Ton a fiance. ,

LB . SEIGNEUR D BSTOUTEVILLE.

Néantmoîns, siayrje emploiécqqps et âme A te servir en ta dure fortune^ Où n'ay aquis, mon espoir est, nul blasme, Mais prou dangier et povreté awinte upe.

Se fruiçt en est venu à ion royaiolme^ J*én loe Dieu qui si bien me fortune; - J'en ay prins mort couvert de nvon heajulme En Tôst Barroys, dessoubz contraire lunç.

LB MAKBSGHAL DK B0U9SAC»

Et moy, ô roy de.bault tiltre immortel.

Et qu'ay-je fait pour toy dont gré j'atende.

Sinon qu'en cueur je me suys.mûpst];é ti^l, . .

Comme honn£ur veult qu'an propre homieur je pende !

On doit à Dieu sacriGQce à Tautel

Et à son roy service par prébende :

Lors où com plus rhoupa^e QSt de hault^jt^^steli

Com myeulx lui siet qu'à c^ fait je^t^ode*

Jadis me feis ton mareschal indigne;

Et m'obligea nature avec service,

Sy voix de peuple auchun los m'y assigne,

Cela j'ignore et ay plus peur de vice.

Le bien j'en offre à ta grâce bénigne : .

De bon vouloir j'ay exercé l'office ;

Se j'ay moins fait qu'au devoir est condigne.

Du non-povoir Dieu, espoir, m'est propice.

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