LE BARON DE COULONGES
En quoy peut l'on mieulx son salut acquerre.
Dieu contenter et propre honneur accroistre, Que par servir son roy et prince en terre Lors quand l'on peult son affaire cohgnoistrft, Et que fortune et douloureuse guerre Vont encombrant le trosne de son cloîstré 1 Certes, je dy se mort homme y enserre, Dieu luy en doint ung haultain recongnoistre.
Celuy vault or et précieuse gemme
Qui s'enrichist de si faicte vesture ;
Car apprez Dieu et la foy du bapteimey
Rien n'est si cler en close sépulture.
Les haultains saincts ont une dyadême,
Et moy povre homme, en adverse adventure.
^iï^ tUAGMENTS ET i:?;TRAfTS.
\';i\ lors le sang qui pend à mon acliemme kji quoy d'honneur ay payé la droiclure.
BOtRGOTS.
Chierbûurg, ô roy, m*est bien de chier coustange. Combien qu'à toy de povre extime et perte ; Pour moy, povre homme enversë en la &ng6 Et dont la famé à légier fust couverte.
Néantmoins, je prens à tesmoing Dieu et ange Qu'en tous périlz ma vie s'est offerte Pour augmenter ta gloire et ta louenge Et pour venger ton injure soufferte.
Com toutefoys suys de povre extimage Entre si noble et haulte baronnye, Tout ainsy est du mesmes à l'ymage ^bre l'effect dont ma famé est garnye ; Mais se j'ay fait povre et petit dommaige Par mon service à angloise mesgnye, Au moins me vante en loyaulté d'hommage De cueur vers toy d'une amour infinye.
ARTUS DE BRETAIGNB CONNESTABLB DE FRANCE.
Du françoys trosne et du royal palais Longtemps fus maire et régnant connestable, Ayant tousjours mon retour et relays A servir France en loyaulté estable.
Aymant les bons, comprimant les maulvais Soubz une amour à justice prestable.
Dont ensuyr pourroit concorde et paix Apprès long cours de guerre détestable.
Je trouvay France en extrême pityé, A toute foule et honte habandonnée ; Mais en après, par divine bonté.
Je la revys à joie ramenée.
Moy de ma pai*t je me suys acquitté ; Pour luy muer sa dure destinée, J*ay fait mon mieulx et Dieu y a bouté:
A luy seul donc en soit gloire donnée.