L ACTEUR
France, entens cy, prens garde à ceste histoire Fondée en choys et en fleur de personnes.
Par qui haulx faictz, comme il est tout notoire. Tu as esté affranchie à tes boumes.
Remise en paix, en règne et en victoire.
Donnant splendeur à dix-sept couronnes, Mesmes tremeur à payen territoire Et jusque au bout des nations félonnes.
Rens gloire à Dieu, multiplie tes grâces.
Pleure en louant du parfont des entrailles.
Fais retentir tes hympnes et préfaces Jusque au palais des divines oreilles, AfBn que Dieu préserve des flammaces D'enfer, ton roy, le grand roy des merveilles. Joins avec luy ces vingt et quatre faces Dont en ton trosne en gloire n'as pareilles.
Fay souidre en air y mages et statues.
Marbre plomber comme jadiz en Rommc ;
Fay gergonner murailles rçve^tues De Charles mort (jue le VII* on nomme.
Par luy tu es Qssourse jusque aqx nues, Rondie çn rond comme une eutière pomm^^ Donc et afin qu'eqcore çn plus proflues Gboiige en fait Inadvertance à tout hopii|iQ.
Tousjours des bons se fait la démonstrance.
Contentez-vous, vous tous, nobles de France, OoUtentei-t^Qft sans chéeir an murmura Sur Ç0^ s^ignoum 4oQt U h^ttUe Ort^rç \^ a, f^H lY^tr^ 9m pl;us ^uH 4e la, b^fu^f •
Ce vous est tiltre et mirouer d'espérance D'avoir par temps semblable recouvrance; Soit-on sur terre, ou clos en sépulture.
Toujours des bons se fait la remonstrance.
Ayea^vous pry d'aultruy honneur soufïiranee ; Vous n'estes pas lessez par ignorance, Ains 6T]ftectans claire ailleurs couverture, Et là où lectre et nouvelle painture Espoir donrront de voz faietz remembrance, Contemptez-vous de eeste remontrance.
Et sic est finis.
(Voyez p. 52.)
Ce volume se. compose de 520 feuillets écrits probablement vers 1450 ; il est précédé de la table suivante^ qui fera sufBsamment juger du contenu :
FRAOHBNTS ET EXTRAITS. 25»
ff Cf t&tnmenêe la table des rnbriches de ee présent ttntfetié, j^riâtit des Aiis et yaillances de trois jeunes hoitames, desquelz Phd estoit fliz d^an rey de France^ l'autre d^on roy d*AAgleterre, et l'autre du roy d^Escoce ; lesquek recotiquiteiit le loyàutaè de Seâlle 4e la maîD des mèseréatts, pat tettfè tonu-
Et premièreiiieBt traiote
Ç(4P^fa|t a advint d'iip rpy 4» France qifty ot ung filrttcMmé Pbelippe.
Comment Alpbops^ roy de SesiUej^ prinst à f^nW^ S^iUe^ Qlle du roy d'Espaigne ; et comment Pbelippç, iïU d^ rqy de France, se party de Paris, au desceu de son père, povMT aler en Sesi|le, 3ur les ennemis de nostre foy.
Copament Phelippe, filz du rpy de Frçince, «e pa^ty Si^crètement de Paris. Comment ilxb^ngea sou nom» Au$si comment il arriva à Toullette (etc.).
Conunent ung vaillant chevalier cecillien arriva à TouUette. Comment le Despourveu $e mistpour demour^r auyec luy ;commeot il le mena en Sezille ; comment^ par ^a haïUte proece, préserva Ferrant son maistre de estre prisonnier (etc,).
Comment ung chevalier de Sezille départi d'illec en Angleterre puis en Escoce; comment il y exploita touchant \e ^çcpurs; comment le Thurc fut de ce adverty, et comment le roy Fierabras, frère du Thurc, fut mené prisonnier devçr le roy de ge^le à Naples (etc.),.
Comment Ferrant le connestable emmena le roy Fierabras son prisonnier devers le roy de SeziUe (etc.).
Comment, en attendant le secours d'Escocei FçrraPt et le Sumonuné e^toient à séjour en la cité de Naples f^Uiijf^ des dames et des damoiselles.
Comment le roy d'Escoce envoya devers le$ rpû^ i^ l'ri^nae et d'Engleterre. Conunent ils envoyèrent geqs w Sîscoc^ pour partir auvec le ûlz d'Escoce (etc.).
Comment l'armée de France, d'Engleterre et d'Fispoce arrivèrent par mer au port de la cité de Gayette. Comment le Turc deffendy la descendue des chrestiens (etc.).
Gommeat l'armée des chrestiens envoya deux chevaliers devers le roy de Sezille pour le advertir de leur venue. Gommeot ils prindrent terre, et comment d'aventure ilz escheirent es mains de Olivier, connestable du royaume de Sezille.
G(»nment le connestable de Sezille envoya les deux dievaHers d'Escoce vers le roy son seigneur, qu'ilz trouvèrent. GcMiiment le roy les oy (etc.).
Gomment l'armée des chrestiens estans devant le port de Gayette fu par fortune de mer menée à perdicion. Gomment David d'Escoce se rendy prisonnier à Orkais, filz du Turc (etc.).
Gomment la perte de l'armée des chrestiens estant devant Gaiette fu plainte et plourée par la crestienté (etc.).
Gomment le roy de Sezille resconforta ses nobles homines et subgés (etc.).
Gomment le Turc assiégé Ferrant, séneschal de Sezille (etc.).
Gomment Onffroy, filz du roy d'Engleterre, se descouvry de sa voulenté, au filz du conte de Werwic son cousin. Gomment eulz quatorze se partirent pour aler en Sezille (etc.).
Gomment la grant tempeste porta la nef de Onffroy en grant péril en Sezille, où elle fut prinse des Turcs.
Gomment tenant son siège devant Ferrant trouva manière d'avoir trêves à ses annemis (etc.).
Gomment le roy de Sezille, du consentement de Ferrant, son séneschal, accorda les trêves (etc.).
Gomment, après les trêves asseurées, ledit Turc et le roy Fierrabras son frère retournèrent en Turquye (etc.).
Gonunent le Turc envoya par soixante hommes enforcier l'ostel du roy Fierrabras son frère pour occîr Ector (etc.).
Gomment Ector arriva ou royaume de Sezille et se présenta au Surnommé de par le roy Fierrabras de Perse (etc.).
Gomment le Turc conclud d'asségier Naples la cité (etc.).
Gomment le Surnommé estans pris fu traictez par le Turc/ et aussy comment fu rescous du gibet (etc.).
Gomment les trois damoiseaulx, le Surnommé, Hector et Athis, racomptèrent chascun son adventure (etc.).
Gomment après le bancquet le roy de Sezille, le filz du Turc, et plenté de preux et vaîllans hommes vouèrent haultement.
FlUGMENTS ET EXTRAITS. 257
Comment le Turc sceut et ot la coppîe des veus dessus dis (etc.).
Comment le roy de Sesille estant assegié en sa noble cité de Naples, et son connestable tenans les champs^ saillirent sur Fost du Turc. Cràiment le Turc fut illec ocis (etc.).
' Gomment l'empereur Frédéricusd' Allemagne moru. Gomment le roy de Sezille fut esleu et couronné empereur (etc.).
Comment le nouvel empereur prépara ses besongnes pour parreconquerre son royaume de Sezille (etc.).
Comment les ambaxadeurs de Turquye traictèrent pour la déMvrance de Orkais, filz du Turc (etc.).
Gomment Orkais le jeune Turc ot congié de retourner en sa terre. Comment l'empereur fist crier ung toumoy. Gomment le Surnommé, Hector et Athis eubrent congié de aller jusquez en leur pays veoir leurs amis; et comment Hz promisent de retourner et estre tous trois en personne à ce tournoy.
Comment l'empereur et roy de Sezille receu les couronnes impérialles. Comment il Qst préparer le lieu et place où le tournoy et feste se devoit tenir. Comment Orkais se apparilla pour venir à ce toumoy (etc.).
Comment le Surnommé arriva en France. Comment il déclaira son fait au duc de Bourgoigne son oncle. Comment, après plusieurs devises, le gentil duc fu content de aler en Sezille à ung tournoy en estât royal (etc.).
Comment Hector, filz du roy d'Engleterre, conclut de retour^ ner en son pays. La mort du roy. Le couronnement de Hector son filz, et comment conclut de aler ricement au tournoy au royaume de Sezille.
Conunent David d'Escoce, dit Athis, arriva en Escoce. La mort du roy d'Escoce. Le couronnement de David son filz. Comment le jeune roy ala au tournoy en Sezille, où il fut honnourablement receus de l'empereur, des dames et de tous.
Coomient le Turc se parly de son pays pour venir au grant tournoy en Sezille (etc.).
Comment le roy Hector d'Engleterre party de Londres pour aler au grant tournoy en Sezille (etc.).
Gomment le roy Phelippe de France et le duc de Bonrgoigne son oncle partirent de Paris, et arriverèrent {sic) en Sezille* Gomment ils furent receus. Comment le roy tournoya descon* gneu. Comment il le fist yaillanmient. Gomment il fut recongnut, et comment il gaigna la louange et le pris du toufiMiy.
Comment l'empereur, le roy de France et leurs femmes» noblement accompaigniés de princes et nobles hommes, de daipes et damoiselles, arrivèrent à Paris. Comment ilz furent recens. Comment d'illec alèrent en Engleterre. Comment ili y furent festoyee, et comment Tempereur retourna en son pays (etc.).
Comment le roy de France retourna d'Angleterre ee 9011 royaume* Comment il ot mémore de son bon lioste de Toullette; et comment, son royaume bien disposé, il envoya devers cdlui hoste, qu'il pourvey avec sa femme, son filz, sa fille et sop nepyen bien et grandement. »
Après cette table, qui montre assez bien ce dont il s'agit dans tout J'puvrsige, le texte commence de la manière suivante :
«Chy cd^ihlmènioe ^ystdire dès trois filz du roy, c*est assavoir da roy de France, d*An* gleterre et d*Escoce ; comment en peu d'espace rec«ne^(rèreAl lé rojrM||aM 4t SeiâUey qui estoit en la main des Turcz, par leun grandes prooMBeB.
Après le crucifiement de nostre Seigneur Jhésu-Crist et que la sainte foy crestienne fut manifestée et augmentée en tous les royaumes quy aujourd'uy sont, et quy furent tournez en nostre sainte foy par les apostles, en après les sains docteurs, icelle sainte foy fu augmentée, et la loy de nostre Seigneur Jhésus honnourèe et gardée; et tant que comme tous les royaumes chrestiens furent en telle transquilité et bonne paix, que entre eulx nulles ne aucunes guerre^ n'y avoit ; car par les prédications et entioftemélis dessus dis, elles leur estoient expressément deftendtiéà. Et en ce tempâ régnoit ung roy en France de très» excellente recotnmendation nommé Charles, et avoit k femme une tirèi^-vaïnant et noble dame, fille du roy de Navarre (etc.). »
Citons Isnodre cette partie de l'ouTrage oi, dans uti banquet, quelques-uns des seigneurs prononcent les v^euK du pMD.
FRAGMENTS ET EXTRAITS. t39
« Comment, après le bancqnet le roy de Sezille, le filz da tore et plenté de .preux et tàillAM ^Mnmed ttmèr^kit lâMIteftietiL
Après touttes les parolles dessus dittez, on âMitp|)6rtéî''iibî paon par deux damoisielles ; et lors le roy voua prumiers de defTendre son royaulme à son pouvoir; et que nonobstant Torgueil et tirannie de son adversaire, se trop grant force ne lui fiti^oit tèXté, à )[)Hsonnlek' noble et de bonne verttt tté lèfoit tii'annie, maiÀ fertrit sa gùék^re par honnéùt et noble^e, et tié Hëh^ droit Jà jôût* de Isa vie, poUr la imort endurer, pàrôllM de tëèl&tk riens à son adversaire. Aprez voua Orkais, et dist que à son léal povoir il rendroit paine de mettre paix entre le Turc son p^e et le roy de Sezille ; et se son père aloit de vie par mort, jour de sa Vie tkieféi'oit guerre au roy de S^tïlle ne à son rbyàulmé, àins eu rendh^it entlèrMnèt>t tout ce «Jne soft p^re en tèfi'àït ; oat tàht le véoit adrécbié en toutes bonnes vertus que sur tous autrez rois le désiroit a congnoistre; aussy la bonté, la beaulté et les vertus de ceste sa noble fille, amprès laquelle il estoit assis, lui rendoit très-grant pitié au cœur de la perdicion et aliénacion de son héritaige. Chascun lui sceut bon gré de ce veu, et l'en remercbia le roy, la roine et leur fille, la belle Yolente.
Après ce fut porté le paon devant Ferrant, lequel le renvoya devers les chevalliers prisonniers qui estoient Sarasins, qui firent veuz assez semblable à celluy de Orkais. Ce fut que à leur povoir qu'ilz tendroient la main au bien de paix en accomplissant le veu de Orkais leur jonne seigneur.
Aprez voua Ferrant, que pour la grant cruaulté que il véoit sans nombre en la personne du Turc, jamais à luy ne se rendroit n'a raenchon ne le prendroit. Et par celluy veu faisoit requeste et prière à tous ceulx qui soubz lui estoient que chascun endroit soi voulsit faire le pareil, ce qu'ilz ne ly refusèrent pas.
Ceste salle qui toutte plaine de gens estoit sans le paon estre apporté devant eulx tendirent les mains en hault et en jurant promisrent de eînsy le faire chascun endroit soy que Ferrant le séneschal avoit dit. Les trois serviteurs de Ferrant qui devant leur maistre estoient misrent la main sur le paon, et en la pré-
sence des dames vouèrent et promisrent à Dieu, ans dames et au paon, tout ainsy et par la manière que leur maistre avoit fait. Iceulz veuz, par les roys d'armes, furent mis par escript. Les damez ne vouèrent point ce jour ; car pour tel cas à elles n'appartenoitpas (etc.). »
Le volume Gnitde la sorte :
a Gy fine mon livre, lequel a esté à moult grant paine translaté pour le grant temps qu'il y avoit que la choze estoit advenue; ettrouvayescrip au dessus: C'est livre et histoire royal. »
Mt plus bas :
, a Che livre est au markis de Frare. Et le parfist Flipot Wacrème j demeurant à Lille, en la paroisse de Saint-Meurisse. » .