ADDITIONS
Nous espérions pouvoir donner à la fin de ces extraits, le poëme latin dont nous avons parlé p. 27, et qui est intitulé : de Pugnâ Psalmorum ; mais il ne nous est point parvenu. Les copies des trois premiers manuscrits qui suivent, que nous n'avions pas exécutées nous-mêmes, nous spnt arrivées trop tard pour être placées à leur ordre. Afin de réparer cette inexactitude involontaire nous les imprimons ici sous le titre i^additions.
MANUSCRIT r 1323.
(Voy.p.55.)
Lettre de François I", roy de France, à M. de Pommeraye, son ambassadeur auprès de Marguerite d'Autriche, duchesse douairière de Savoye, gouvernante générale des Païs-Bas, du 6 octobre 1529.
« Pommeraye, vous verrez ce que j'escrips à madame Farchîduchesse, ma bonne tante, et à M. de Hocstrate pareillement, sur les nouvelles que j'ay eues de mes enffans par le retour de Fhuissier Bodin ; et pour ce que je désirerois bien y renvoyer, et que dadvantaige elle escripvist une si bonne lettre à Fempereur, qu'il voulust permettre que les serviteurs de mesdits enffans leur Tussent rendus et rebaillez pour les servir durant le peu de temps qu'ils ont à y demeurer, et que dadvantaige il les fist si bien traicter, estant maintenant la paix et amittié entre nous telle que luy tiens de mon cousté pour asseurée, qu^ils n'ayent occasion de s'y ennuyer, tant comme j'ay sceu qu'ils font* Je vous en ay bien voulu pareillement escripre, et vous mander que
sur cela ayez à suivre entièrement ce que mon cousin le grant maistre vous en escript, selon la créance que sur ce vous baille par lesdittes lettres, et vous y conduire par façon que vous me puissiez renvoyer ce courrier ou aultre avec ladite dépesche le plus tost qu'il vous sera possible; leur donnant bien à entendre que la chose me touche de si près^ que je ne puis moings que de faire faire l'instance que je vous escriptz leur en fère, et que en ce faisant je le réputeray à anssy grant grâce et plésir qu'ils sauront faire pour moy. Et sur ce, me remectant sur l^ietes lettres de mon cousin le grant maistre, je vous diray à Dieu, ' mmeraye, qui vous ait en sa saincte garde. »
Escript à Paris, le sixième jour d'octobre mil t*xxix. Ainsi signé, François, et du secrétaire Robertet; et superscript : « à Fommeraye, mon ^ pannetier ordinaire et ambassadeur de?ers madame l'archiduchesse. »
Lettre de François P% roy de France, toute écrite de sa main, à Marguerite d'Autriche, duchesse douairière de Savoye, gouvernante générale des Païs-Bas.
iV. B. Cette lettre ne porte point de date/maki elle fut écrite sans doute le même jour que la précédente à Tambassadeur Pommeraye, c^est-à-dire le 6 octobre 1529.
«Ayant eu. Madame ma bonne tante, par votre moyen et in tercession, l'ayse et plaisir desavoir des nouvelles de mes enfans par le retour de celluy quy par votre commandement y feust dépesche à Cambray, j'ay bien voulu le vous fere entendre, et davantage vous prier, madame ma bonne tante, vouloyr escripre à l'empereur, qu'estant de ceste heure entre nous la payx, amytyé et allyence telle que de mon cousté je la tiens asseurée, qu'yl veuille avoyr regart à fere remetre au servyce de mes enfans partye des servyteurs qu'yls avoyent en Éspaygne, af^n que le temps qu'yls y auront à demeurer ne leur soyt sy long ne sy ennuyeux qu'y le pourront trouver estant seulz comme y sont. Et sachant que vous trouverez cette requeste de père sy résonnable qu'elle ne doyt estre refusée, veu que Je ne demande plus grant avantage pour enlx en la payx qu'y Tont eu
FRAGMENTS ET EXTRAITS. ità
eo la guerre^ je ne voas en feray aultre pins grande instance, mays remetray le tout à la seureté et fiance que j'ay prise de vous et à ce que vous dyra de ma part Pomeraye, estant devers TOUS, lequel je vous prie en cela vouloir croyre comme tous ferez
Votre bon fyls et neveu, 5tgfn^ Frànçoys. »
Sur le dos, est aussi écrit de la main du roi : A Madame r Archiduchesse, ma bonne tante.
Lettre de Marguerite d'Autriche , duchesse douairière de Savoye, gouvernante générale des Pays-Bas, à Tempereur Cbarles Y, datée de Bruxelles, le 11 d'octobre 1539.
a Monseigneur, le roy très-chrestien et madame sa mère en^ voyèrent de Cambray, de mon sceu, uog leur officier par saulfcooduyt de votre Majesté pour aller visiter messeigneurs le Daulphin et le duc d'Orléans, ses enffans, affin d'estre acert»^ nez de leur estât et bon portement; lequel officier, à son retour, leur a fait très-mauvais rapport rédigé par escript, dont je vous envoyé la copie ; sur quoy ledit sieur roy et dame m'ont escript, comme' austrice de paix, vouloir pourveoir et remédier, tant par lettres à votre majesté, que à Timpératrice, afin que mesdits sieurs leurs enffans, pour aultant qu'ils ont encoires à demeurer en Ëspaigne, que ne sera longuement, comme ils espèrent, soyent bien trayctez, et que leurs serviteurs ou aultrement bonne partie d'iceulx leur soyent restituez et les aultres relaxés et bien traictez en bénéfice de ladite paix ; ce que. Monseigneur, m'a semblé très honnête et raisonnable^ et dont votre lionneur dépend. Par quoy, véant la grande affection qu'ils j ont comme nature veult, ay incontinent offert escripre céstes à votre majesté, et aultres quasi semblables à madite dame l'impératrice, afQn de donner ordre à ceste affaire; si vous supplie. Monseigneur, y adviser et remédier de sorte que la bonne àmytié encommencée par ceste dite paix entre vos deux majestés se puisse continuer et accroistre, ainsy que l'universel bien de la chrestienté le requiert; Et si d'aventure en
au FRAGMENTS ET EXTRAITS.
ce faisant conccpviez quelque crainte^ pourriez en ce cas fère accroistre leur garde, et ne fais double. Monseigneur, que si cy -devant il y a eu faulte a les bien traicter, qu'il vous en desplaira, et y pourvoierés promptement pour l'advenir au grey et contentement desdits sieur roy et madame sa mère. Ledit sieur roy m'en a escript si honnestement de sa main que vous ay bien voulu envoyer ses propres lettres et copie de ce qu'il en escript a son ambassadeur résident icy.
Monseigneur, je prie atant notre Seigneur vous donner bonne vie et longue. De Bruxelles, le xi d'octobre a** xv*xxix.
Monseigneur y Dieu vous a faict cesle grâce de vous avoir donné des biaus enf ans, pourquoy^poveA mieulx sentir que vauU amour de père et le regret dudit sieur roy ; parquoy je vous supplie, comme toujours je vous ay êscripty de vouloir entretenir V amitié" dudit sieur roy, veu quelle vous est sipropice selon le tans ; et an ce sa requeste sy honneste et résonna^ ble vouloir pourveoir en la manière que dessus. Je vous euse escript ceste de ma main^ mes j^euse perdu du tans, parquoy vow supplie la prendre pour telle et du vouloir qui procède de:
Votre Irès'humble tante,
Sljfnc MARGtTERITE. »
Sur le dos estoit :
A VEmperenr.
N. B. Ce qui est subiinée (i i>) estoit éeril de la main
fie l'archiduchesse Marguerite.
Les lettres de François I", roy de France, contenues dans ce volume ont été copiées sur les lettres originales ; le rapport de l'huissier Bodin, sur une copie d'une écriture de l'année 1529, et la lettre de Marguerite d'Autriche, gouvernante des Paîs- Bas, à l'empereur, sur la minute originale, qui se trouvent dans l'archive de la chambre des comptes à Bruxelles.
Signé G.-J. Gérard.
sprrj^loirc de l'empereur et roy, et auditeur des comptes à Bruxelles, attaché an départetnenl des archives.
MANUSCRIT r 773,
(Voy. p. Si.)
a Chy s'ensieut une chanson qui fu fette à cause de la journée de la. Bataille de Mont-le-Héry telle que s'ensieut, et pruroiers :
Entendes, fleur do noblesse,
Les hauls victorieux fés
Florissant en hardiesse
Que un prince en tous biens parfés
Perpétra, portant les fés
De la bataille mortelle
Où pluseurs furte (sic) deffés ;
En guerre est la façon telle.
Par ung mardi, la bataille Se fit ainsi qu'à midi, Frapant d'estoc et de taille, Emprès le Mont le Héry, En fortune constmindi Le très noble Roi de Franse D'estre rudement servy, De dars, d'espée et de lance.
C'estoit bruit espoentable, Du foudre de ces canons.
Maint vaillant home notable, Isus de noble maisons.
Et là main bon compagnons En morurte (sic) à détresse ; Le Dieu que nous aourons Leur doint en glore léesscî
Et quant clie vient as aproches, Le conte de Charolois S'i porta bien sans reproche En criant à hautç vgis :
« Avant, Bourgogne ! au François ! »
Lors archiés prirle (sic) à Irère, Et tout à piet à cheste fois, Afin de mieux devoir ferre.
Mes afin qu'on n'abeîisse Les Bourghegnons par trop fort, Si ferret n est qui ne gliche ; Car, pour doute de la mort, 11 est vrai, soit droit ou tort, Qu'aucuns, en cheste journée, Fuirte {sic) contre droit resort Et lesserte (sic) Tassanbléc.
Mais le preu et le vaillant conte' Et les nobles de sa court.
Les bons corages, sans honte Maintindre le Roi si court Que on ne le tient pas pour lourt; Car non plus que une pointure.
Depuis le mortel béhourt.
Ne se mit à l'aventure .
Aynchois, la propre nuitie En peur monstre les talons.
Priant Dieu qui le conduie; Mes le conte dont chantons Et ses vaillans canpions Tienrte (sic) camp en ordonanse.
Tenant leur oppinions Trois jours sans outrecuidanse.
Mes, pour parler de Tistoire Au droit autenticquement, Le Roi, pour aquerrir gloire, Dist qu il gaigna vaillanment La bataille, mes vraiement Téu ses fcs et ses fuienes.
On set bien certainement Qu'il lessa ses serpentines.
Mes qui plus est, sans cremir honte, Léun des crétiens le plus grant S'embraina devant ung conte Et tou les siens ensieuyant ; Et afin d'estre devant, Léun ruoît jus sa sallade U son harnas de Melan , Lancbe, dars, coutiau de prade ^
Finablement, homes d'armes, Prendre devés chi miroir Àrmoiant les nobles armes Du conte qui fit devoir] Et qui sauva tout pour voir Che jour la gentil armée.
Dieux, qui sur tous a pooir, Vueille garder Tasanblée !
Jaquet Ûogez.
MANUSCRIT r 705.
(Voy.p.4i.) ÉPITAPHE DE SOUILLART.
Je suys Souillart le blond et le beau chien courant, De mon temps le millcz et le miculx pourchassant; Du bon chien saint Hubert, qui Souillart avoit nom, Fuz fîlz et héritier, qui cuit si grand regnom; Car après son trespas me laissa sa bonté.
En Tan devant sa mort m'a voit desjà dompté.
Je veul bien maintenir sur tous cliiens bien menés Avoir esté de ceulx qui ont eu plus liault nez, Avec le pié la gueuUe longuement forsonnant.
Pour couteau de parade.
A rente de mon droit tout le jour bien venanl.
J'ay creu, craint et aymc sur tous auUres mon maistre
Autant que list onc chien ne est possible d'eslre ;
Maintz plaisirs luy ay faiclz en plusieurs grands deffaulx
Où il c'estoit trouvé par pluyes et par grandz chaulx.
Droit chien bault ay esté de ceulx que loe Phébus,
Et croy qu'après ma mort il n'en demeura nulz,
Et n'est de mes enffans, dont j'ay eu vingt et deux,
Qui par toutes forestz prenoient les cerfz tous seulz.
Du temps que je régnoie estoit Baulde en Veolu,
La bonne lisse rouge, qui tant de bien a eu,
Honaise la belle et bonne, et Glérault et Jombaol ^
M'ont fait de grandz secours et par terre et par eau.
Dont n'eussent-ilz esté, j'eusse lessé la peau ;
En cheange et dehors cheange faisoient bien leur mestier;
Mais tousjours à besoing je leur faisoie mestier.
J'ay fait de belles traictes et mainctes saillies de cerfz.
Autant que fist chien, dont se sentent mes nerfz.
Maint chevaulx ay lassés pour me suyvre à chasser;
Les ungs mortz ou mallades, les autres fais lasser.
Mon maistre auchune foyz ay fait piquer si fort
Que soubz luy en courant toipbait son cheval mort.
Au bon roy Loys qui tant ayma la chasse,
Fuz jeune présenté pour chien de bonne rasse.
Et par luy fus donné au sénéchal Gaston
Qui au grand sénéchal en fist présent et don.
Ainsy servy ces troys qui m'ont si bien conduict.
Pour prendre cerfz à force n'est chien qui mieulx soitdayt.
Je suys maintenant vieul et suys tenu bien aise
Pour l'amour du bon roi ne fais rien qui desplaise
Au maistre à qui je suys qui me garde si chier
Qu'il me fait pain et char pour mon vivre trenchier.
Coucher dedens sa chambre près du feu chaudement,
Paille et belle licticre acoustréc naitement :
Le bel escu pour marque à croix destre au coslc :
Je suys en cest estât que je vous dy traicté.
Dieu, par sasaincle grâce, doint paix et pai*adis
Au roy mon premier niaistro et coluy qui m'a niys
Au service duquel j'é ma vie assignée,
Chez Jacques de Brésé, où elle sera usée.
EXrLICIT.
1 II manque ici un vers dans l'original.
Les deux pièces suivantes sont tirées de la Bibliothèque royale de Paris. Je les donne comme rapprochement. Je dis un mot sur la première^ à la page 47 des lettres qui précèdent.