‹ Lettres à Madame d'EpinayChapitre 143 sur 181 · Voir p. 114, note · texte numérisé non relu

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304 LETTBBS DE L'ABBÉ GALIANl

peut en philosophie, comme sur les antiquités, rechercher toujours, sans rien trouver ; entiler des éruditions, sans les lier ; entrevoir, sans voir ; ne partir d'aucun principe, sans aller à aucun but. Gela s'appelle amasser des pierres pour bâtir; mais qui est-ce? et quand est-ce qu'on bâtira? Peut-être moi ; mais quand? Quand j'en aurai le loisir ; et quand sera-ce ? Quand je publierai mon Système sur l'origine des montagnes, C^est alors que je ferai voir que notre globe a des saisons à lui; que, dans son printemps, il produit des hommes et des animaux, et qu'il en altère les espèces * selon la force des sucs nourriciers. Je ferai voir alors que l'Amérique est une Asie ébauchée, parce qu'elle est de beaucoup plus moderne. Je ferai voir que, dans les nouvelles terres, il existe des géants, et que. cette race dépérit pour donner lieu à la race imberbe, et que celle-ci cède à la barbue qui est la plus parfaite de toutes. Je ferai voir que la vér... n'existait ni en Amérique ni en Europe, et qu'elle nous vient du contact des deux nations ; c'est une étincelle que deux pierres froides, frappées ensemble, ont jetée, et qui a embrasé l'univers. Mais bonsoir ; ma lettre ne partirait pas, si elle était plus longuq.

Naples, 14 décembre 1771.

Ma belle dame, je vous crois guérie de vos cruelles souffrances ; ainsi je vous réponds gaiement. J'ai reçu la lettre de l'abbé-prieur Mayeul, retardée d'une semaine; je lui ai répondu la lettre que je vous envoie, et dont vous ferez l'usage que vous voudrez. Je me suis laissé

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