‹ Lettres à Madame d'EpinayChapitre 154 sur 181 · A MADAME LA VICOMTESSE DE BELSUNCE · texte numérisé non relu

A MADAME LA VICOMTESSE DE BELSUNCE

Naples, îî février i772.

C'est à votre tour à présent, ma belle dame; maman attendra. Ah ! la jolie lettre que vous m'avez écrite ! Elle ne parlait que de morts, de massacres, de duels, et tout le monde se portait à merveille. Je crois qu'il faudrait rétablir l'usage des duels, à cause qu'ils ne font plus aucun mal ; au contraire, ils dégagent la taille, donnent de la souplesse aux muscles, et font un exercice de gymnastique meilleur que le bal et le jeu de paume. J'aime à la folie la phrase de maman, que M. G ri mm a remisé son prince ; c'est un métier de fiacre que celui de gouverneur d'un prince. Nous avons ici le prince Auguste de Saxe- Gotha', qui n'est point prince; il est le meilleur enfant

fait, une suite de discussions littéraires qui servent à perfectionner le style et à épurer le goût. U aurait pu ^'outer quMl y trouvera aussi des Icçops de géométrie... Quand M. l'abbé Batleux dit que le roi sembla se faire un plaisir de voir l'Académie dans le prince de sou sang , il prouve évidemment que le contenu peut être plus grand que le contenant, t Corresp, littér,^ t. IX, p. 448. Grimm, on le voit, ne savait flatter que les principicales d'Allemagne. Excellent homme, ami des lettres, le comte de Clermont ne flgurait pas plus mal à l'Académie française que 1<ï maréchal de Richelieu, ou même que des littérateurs de profession comu)eMirabaud,Dupiéde Sainl- Maur, Gaillard, de la Ville, etc.

1 . W. Binder signale la première trace de cet adage dans le Mercurius bilinguis (p. 140). recueil du seizième siècle.

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