‹ Lettres à Madame d'EpinayChapitre 153 sur 181 · Cette lettre n'existe pas dans les OEworts de Diderot · texte numérisé non relu

Cette lettre n'existe pas dans les OEworts de Diderot

320 LETTRES DK L'ABBÉ ^ALUNI

amis ne prenne pas le parti de mourir ou de sortir de France. Tel est l'état de Gatti. Heureusement pour lui, il inocule ici et gagne quelque argent. 11 a reçu des lettres de M. de Nivernais^ qui lui ont remis le calme dans Tesprit. De mon côté, je serais enchanté qu'il retournât en France, et qu'on continuât à lui payer ses gages et ses pensions ; mais, à vous dire le vrai, je suis disposé à penser comme Gatti, qu'on n'en fera rien, et qu'il n'aura que des chagrins et ^es persécutions à essuyer. II est Italien, il est ami de Ghoiseul; en voilà assez, et même trop pour lui nuire.

Quelle est la dupe que nous connaissons tous, dont vous riez au coin de votre feu? Je n'ai jamais pu le deviner ; il y en a tant de toutes les espèces ! Est-ce un mari dupé par sa femme? Est-ce uii amant dupé par sa maîtresse? Est-ce un ministre dupé par ses commis, ou paf son confrère? Enfin, je ne le devine pas.

Le compliment de Tabbé Batteux à M. Du Belloy est vrai et poli'. Il est poli d'offrir les services de l'Académie

1. Loais-Julcs - Barbon Mancini-Mazarini, duc de Nivernais (I7i6t798), membre de l'Académie française en 1743, où il remplaça Massil- Ion, père de la jeuue duchesse de Cossé-Brisfac et de la comtesse de Gisors.

i. Pierre-Laurent Buyrcltc Du BcUoy (i727-7b), l'auteur des tragédies du Siège de Calais (1765), de Gaston et Bayard (17 71), avait été reçu à l'Académie française, k 9 janv. 1772, en remplacement de Louis de Bourbon-Condé, comte de Clermont (1709-1771), abbé de Saint-Germain des Prés. L^abbé Batteux -avait dit dans sa réponse au récipiendaire: «M. le comte de Clermont fut académicien. 11 en remplit les fonctions. Le sort le fît directeur en 1 755, et^en cette qualité,)! fut l'interprète de l'Académie française auprès du roi, qui, accordant la grâce qu'on lui demandait, sembla se faire un plaisir de voir l'Académie dans le prince de son sang, et le prince du saug à la téie de l'Académie... Vous trouverez dans la Compagnie où vous entrez, des lumières, des conseils, des modèles ; vous y trouveirez une suite de discussions littéraires qui servent à perfectionner le style, et à épurer le goût ; vou£ y trouverez enfin des cœurs français, qui entreront avec plaisir dans les sentiments patriotiques de leur nouveau confrère. » Grimm a dit également sur cette séance : « M. l'abbé Batteux promit à U. Du Belloy, de la part de l'Académie, outre trente-neuf cœura français de compte

A MADAME DEPINAY.

à M. Du Belloy, qui en a grand besoin ; il est vrai, ^puisqu'il dit que le roi voyait M. de Clermont dans l'Académie, et TAcadéniie dans M. de Clermont. Cela veut dire qu'il voyait combien M. de Clermont était ridicule, inutile, plat, etc., en le voyant dans l'Académie, et combien l'Académie était inutile en y voyant M. de Clermont, ex ungue leonem ^ Rien n'est plus vrai. Bonsoir.

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