‹ Lettres à Madame d'EpinayChapitre 171 sur 181 · Cette lettre n'existe pas dans l'édition T · texte numérisé non relu

Cette lettre n'existe pas dans l'édition T

Gleichen ne m'a jamais écrit de Paris. Gatti doit être près de Chanteloup ', s*il n'est pas mort de regrets en chemin. Je suis, on ne saurait pas davantage, anéanti par un mortel ennui qui ne m Vm pèche pas de me bien porter. Aimez-moi, et croyez mon esprit mort et mon corps plein de santé. Adieu.

(Rép. au ii*> 12.) — Naples, SI noTembre 1772.

Ma belle dame, apparemment votre numéro 11 est celui que vous avez écrit hier, et qui ne m'est pas arrivé aujourd'hui, parce qu'il doit attendre une occasion. Il est vrai, je suis resté deux ou trois semaines sans vous écrire ; mais n'admirez-vous pas qu'après trois .années de séjour et d'ennui à Naples, j'écrive encore. J'aurais aussi un Dialogue à vous envoyer ; mais il ne vous sera envoyé que par Grimm, s'il vient le chercher. Je ne vous dirai àprésent que les interlocuteurs: Voltaire, le baron d'Holbach, le curé de Deuil. Jugez par ces interlocuteurs du mérite de la chose.

Vous m'avez donné de très intéressatïtes nouvelles de Paris. Si j'aimais la vengeance, je vous dirais à mon tour que la princesse d'Aquaviva * est accouchée ; que le duc

1. Madame du Deffand, dans une lettre dir 11 juillet 1772, à la duchesse de Choiseul, la félicitait ainsi de la prochaine arrivée de Gatti à Chanteloup : • Est-il vrai que vous allez avoir Gatti? Tant mieux si vous pouvez le garder cet hiver ; j'aimerais mieux qa*il eut choisi cette sais«>n-là que celle-ci, s'il ne peut être que quelques mois avec vous. • Corregp,^ éd. Sainte-àulaire, t. Il, p. 205.

2. Illustre famille napolitaine, qui. s'était divisée en plusieurs branches; celle des comtes de Conversano et de Caserte, éteinte en 1653, des. marquis de Bellante, princes de Caserte, dont la dernière héritière épousa, au dixseptième siècle, le duc de Sermonetli ; des comtes de Gioice, ducs d'Atri ; (les ducs de Noci, dans laquelle se fondit celle des ducs de Nardo.

de Calabritfo * est parti hier pour sa terre ; que sa mère Ta devancé de quelques jours ; que son page a été avanthier envoyé aux galères pour Tavoir volé, et qu'enfin il a plu cette nuit. Si nous continuons sur ce ton, notre correspondance deviendra aussi intéressante qu'amusante. Il suffit que vous vous souveniez queTexemplem'a été donné par vous, en m'apprenant que mademoiselle Luci est morte, et que madame Necker déménage *.

Le temps me manque 'ce soir, ayant écrit un volume à Garaccioli. Pourquoi personne ne me parle- t-il de Gleichen? Saluez pour Ihoi le baron, la baronne, etc.

Adieu ; aimez-moi. Amusez-vous avec le découpeur de Voltaire ^. Bonsoir. Mille compliments à Magallon, qui vous rendra cette lettre.

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