‹ Lettres à Madame d'EpinayChapitre 22 sur 181 · Voir p · texte numérisé non relu

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8. Armand-Henri Baudouin du Guemadeue, né k Colmar, le 17 avril 1737, mort ven 1815, fils d'un commissaire des guerres, maître des requêtes depuis 176t. Galiani l'a eu en Tue dans le rôle du Président de ses Diaiogun. Le SI avril 1770, il fut nommé président par commission du Grand conseil, en remplacemeut d'Esmangard, nommé intendant de Bordeaux. Il demeurait, en 1769, Cloître-Notre-Dame. En décembre 1779, il fit une faillite qui l'obligea de se démettre de sa charge . Il s'occupait d'astronomie et fournit différents tfémoires à PAcadémie des Sciences. Voir les Mém. êeereti^ t. XX, p. 160, et la Corresp, ttcrète^ publiée par M. de Leseure, Pion, 1866, t. f, p. S95.>— D'après Barbier, il serait l'auteur du pamphlet V Espion dévalisé, Londres, t78î, ia*8^, à propos duquel Grimm écrivait daus sa Corresp, lit. : « Qui y pourrait lire sans indignation tout ce qui concerne la uiort de madame la Dauphioe ? On y livre aux soupçons de la plus inf&me calomnie un ministre aussi connu par la franchise et la gésérosité de son caractère que par la souplesse et la légèreté de son esprit {Choiseul), En se servant avec Art de quelques gaucheries du docteur Tron> chin et de quelques imprudences de l'abbé Galiani, on s'est flatté de donner au plus horrible roman un air de vraisemblance • t. XIII, p. 237.

me paiera vingt-cinq louis ce nouveau ctialogue. Mais, me direz-vous ; Pouvez-vous faire des dialogues hors de Paris ? Non y en vérité ; je suis ici dans le plus inconcevable accablement de tristesse ; mon voyage au Congo est impraticable ; on me propose, en revanche ici, le voyage de l'île de Cuba : Ce n'est pas mon chemin, je réponds tristement. Savez-vous ce que je fais à prééent ? Je m'occupe sérieusement à mettre en ordre tous mes petits ouvrages de jeunesse, pour les imprimer sous le nom de Juvenilia, Ils sont tous en italien. Il y a des dissertations, des vers, de la prose, des recherches d'antiquités, des pensées détachées ; cela est bien jeune, en vérité, cependant c'est de moi. Adieu, mon incomparable Dulcinée ; vous m'aimez, n'est-ce pas?

Naples, 31 mars 1770.

Votre silence m'inquiète horriblement. Qu'est-il donc arrivé? Êtes-vous en prispn à cause de mon malheureux livre ? Diderot l'est-il aussi ? et Grimm et le baron et tant d'autres ? M'a-t-on oublié, malgré le bruit que j'ai fait pour qu'on se ressouvienne de moi ? Tirez-moi de cette inquiétude ; et, pour me tenir au courant, écrivezmoi en droiture par la poste.

On m'a écrit que l'abbé Morellet a reçu ordre du gouvernement de répondre aux Dialogues ^ Il est donc déclaré le guet et la maréchaussée des économistes ? Il a ordre de courre sus à nous autres malheureux faux

1. Morellet dit qu'il entreprit cette réfutation • à rinvitation de M. Trudaine de Montigny, pour seconder les vues raisonnables du ministère, «t en particulier de M. le duc de Choiseul en faveur de la liberté du commerce des blés. • Mémoires^ p. 192.

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saulniers en philosophie rurale. Patience, nous nous recommanderons à nos jambes pour nous sauirer. Pour moi, J'ai galopé jusqu'à Naples, et je me crois en sûreté

Le baron de Gleichen Tient-il ici ^ comme on le dit I Parlez-lui de moi, dites-lui de m*apporter de beaux chats angoras. Je m'engage de prouver' la libre exportation des angoras plus nécessaire et plus avantageuse que celle du blé.

Mais vous ne m'écrivez pas, cela me désole. Seriez-vous malade? Adieu. Finissez mes tourments par une belle épître très longue, très curieuse. Aimez-moi.

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