‹ Lettres à Madame d'EpinayChapitre 21 sur 181 · Voir la lettre · texte numérisé non relu

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î. Peut-être y avait-il : différemment. L'édit. T omet cette phrase.

3. Diderot, qui avait été prié par M. de Sartine de loi dire son sentiment sur la /{^/îulaîton de l'abbé MorelUt, lui écrivit à ce sujets le iO mai 1770^ une lettre fort sévère sur cet ouvrage, dans laquelle il cite ce passage comme celui d'une lettre que Galiani lui avait adressée : « Voici, monsieur, comment le charmant Napolitain parle de lui dans la dernière lettre que j'ai reçue : Le cher abbé Murellet raisonne comme sa tète le mène ; mais il agit par principes; ce qui fait que je l'aime de tout mon cœur, bien que ma tète n^aille pas comme la sienne, et que lui, ide'son c6té, m'aime à la folie, bien qu'il me .croit machiavellino. Au reste son âme, qui est bonne, entraînera sa tète ; il finira par ne pas me répondre et m'aimer davantage. D'où vous conduerei que le pe^it machiavelliste italien s'entend un peu mieux aux procédés que le philosophe français. > Œuvres de Diderot^ t. XX, p. 10.

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deuxième ou à la troisième lecture, que le . chevalier Zanobi ne croit ni ne pense un mot de tout ce qu'il dit ; qu*il est le plus grand sceptique et le plus grand académique du monde ; qu'il ne croit rien, en rien, sur rien, de rien ; mais, de grâce, madame, ne lâchez pas ce mot^ qui est la clef du mystère. Attendons, et amusons-nous à Toir combien de temps Paris restera sans m'entendre, et à s'échauffer sur une question interminable. Le seulGrimm m'avait entendu d'abord : il devinait que le livre resterait sans conclusion. Il a fallu ajouter une conclusion en faveur des badauds de Paris, qui aiment à conclure. Au reste, le livre est bien le livre d'un philosophe, et il est seul capable de former un philosophe et un homme d'Etat, c'est-à-dire un homme qui a la clef du mystère, et qui sait que le tout se réduit à zéro. L'abbé Raynal a bien raison de dire que l'ouvrage est profond. Il est doublement pro-' ifond; car il est creux, et il n'y a rien dessous. Ceux qui ont dit que les principes y étaient trop éparpillés, ont fait l'éloge le plus complet du dialogue ; mais le style des dialogues est presque inconnu à Paris. Ceux qui se donneront la peine de lier mes idées, devineront peut-être le but de l'ouvrage. Vous m'avez mandé le premier succès de la décharge des grenadiers et de la première file. J^attends avec curiosité le bruit des goujats de l'armée, qui sera diabolique ; mais n'oubliez pas de me mander ce qu'en aura pensé Voltaire. Vous en enverrez, sans douté, un exemplaire à mon cher prince de Saxe-Gotha, de ma part. Encouragez mes amis qui auront lu l'ouvrage, à m'écrire. Je ferai volontiers la dépense de la poste pour cette fois-là.

A propos, puisqu'on sait l'auteur, je me flatte que vous n'aurez ps^s manqué de dire à mes amis dans quelles circonstances fâcheuses ce malheureux enfont a été conçu

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et avorté. Je ne sais pas moi-même ce qu'il est. Je n*ai pas pu le lire une seule fois de sang-froid^ ; j'avais laissé le manuscrit original dans vos mains, ainsi je n'en sais rien. Gela ne fait rien au public ; mais j'espère que mes amis le liront avec plus d'indulgence ; et, en un mot, pourvu que la lecture leur retrace le souvenir du son de ma voix, de mon dialogue, de mes gestes, voilà tout ce que je demande. Qu'on m'aime, car par la sambleu ! je le mérite à tous égards, et ils ne reverront pas de longtemps à Paris un étranger plus aimable que moi.

Autre à propos. Je vous prie d'envoyer en présent de ma part (puisque l'auteur est connu) un exemplaire à M.Baudouin, maître des requêtes', nouvellement marié, place Vendôme.

Il ne faut point songer à une nouvelle édition, si la première ne se vend point. Cependant, si on la vend, je voudrais ajouter un dialogue à la deuxième édition,, où l'on expliquera le système des magasins de dépôts, qui est le seul qui puisse rendre faisable le commerce des blés en France. Et comme je rêve toujours argent, le libraire

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