Horace. EpisL I
3. Coglione, testicolo. Nuovo Alberti, Se souvenir aussi du début de Trtstam Shandy,
A MADAME d'ÉPINAY. 107
monde; parce qu*il faut qu'il y ait beaucoup de pendules : ceci est bouffon, et du plus mauvais. Mais voilà comme je suis; deux hommes divers, pétris ensemble, et qui cependant ne tiennent pas tout à fait la place d'un seul. Adieu, j'embrasse madame, ne vous en déplaise. Adieu encore, mon cher ami, mille choses au baron, à la baronne. Donnez-moi des nouvelles de mon compatriote Duni^ Plus de papier.
(Rép. au n» U.) — Naples, 21 juillet 1 770.
Ma belle dame, votre lettre m'arrive dans la minute ; je n'ai que deux heures de temps pour y répondre ; et elle est si longue, et elle m'est si agréable, qu'il faut que je réponde.
D'abord vous avez tort de vous étonner de mon amour pour M. Baudouin, quoiqu'il y ait des exemples de Montesquieu, de Voltaire, et surtout de Saint-Antoine qui aima le cochon, <iont il fit son grand -vicaire. Point du tout, Baudouin est aimable, instruit, il a la tête juste, le cœur bon ; il est mon président dans mes Dialogues^ puisque vous voulez le savoir ; et si vous le traitez, vous verrez que j'en ai bien tiré le portrait'. Vous possédez ma lettre à lui ; mais avez-vous celle que j'écrivis à M. de Sartine? elle est bonne à avoir. Dorénavant, je tâcherai
i. Egide-Romuald Duni (i 709-1775), compositeur, né dans le royaume de Naples, et élève de Durante, il était fixé à Paris en 1757, où il mourut, après avoir donné dix-huit opéras, parmi lesquels le Peintre amoureux de ion' modéZf (1757), la Fille mal gardée (1759), la Chchette (1766), les Moiitonnewrsy les Sabots (1768) et Thomire (1770).
2. Voici ce portrait : «J'ai rencontré dans une maison le Président de... C*est un jeune magistrat, mais du plus grand mérite, une bonne tète sans opiniâtreté, sans préjugés. Un cœur excellent. Il aime à s'instruire, il parle peu, mais il sait écouter. ■ Voir Dialoguis, p. 94.
i08 LETTBES DE L'ABBE GALIAKI
de les faire passer toutes par votre main ; mais à Suard, j'écris en droiture. Serait-il possible que Suard, qui aies ports francs, voulût vous refuser la communication de mes lettres, soit à vous ou à votre voisin ^ ?
Vous m'assommez, ma belle dame, par votre exactitude sur les prix des blés à la halle. Me prenez-vous pour un coquin de boulanger? Qu'ai-je à faire, moi, des belles farines j des sacs, la tête franche , le blé commun? ei que voulez-vous que je fasse du reste? Je veux savoir d'un mois à l'autre, en général, l'état de disette ou d'abondance de Pai'is et des provinces, et je veux savoir, en gros aussi, si on exporte ou si l'on importe, et si on transporte, et si on supporte, et si on s'emporte, et à qui on rapporte la cause du malheur : voilà tout. Vos tableaux économiques me donnent le spleen, et emportent une demi-page précieuse.
Vous voulez que je juge une conversation entre vous, maître Grimm, maître Diderot et l'intendant d'Auvergne, dont je ne sais pas le nom *. C'est mon métier à présent que celui de juger, et je pourrais le faire dans le style de mon tribunal, mais vous n'entendriez rien à notre jargon. 11 faut donc que je donne ma sentence en votre langue. Elle sera longue, et je suis pressé ; cependant si elle ne vous plaît pas, vous en appellerez à minimâ.
Extrait des registres, etc., fol. à tergo (ce qui veut dire une feuille à se torcher).
Ce jourd'hui vingt-un juillet de relevée.
Vu l'ouvrage des Dialogues, etc. ; ouï maître Diderot, maître Auvergne, maître Grimm, etc. ; vu les conclusions