I. IC
cet ouvrage m'appartient, chose qui ne m'a jamais été contestée; et cela prouvera qu'au vrai je suis Taînéde tous les économistes, puisque en 1749, j'écrivis mon livre de la Monnaie, et en 1754 celui des Grains. La secte économique n'était pas encore née dans ce temps-là. Gomme ces bêtes m'ont cru un intrus et un nouveau venu dans leur bercail, je suis bien aise qu'ils sachent que c'est bien à moi à les en chasser, et à rester où je suis depuis vingt ans. Je crois que l'imprimeur ne perdra rien, si on sait que le livre qui porte le nom d'Intieri est autant à moi, que celui qui porte le nom du chevalier Zanobi.
Si, à cette occasion, quelque gazetier voulait dire quelque chose de ma vie littéraire, sachez que je suis né en 1728, le 2 décembre; qu'en 1748, je devins célèbre par une plaisanterie poétique, et une oraison funèbre sur la mort de noire feu bourreau, Dominique Jannaccone, d'illustre mémoire. Qu'en 1749 je publiai mon livre sur la monnaie; en 1754, sur les blés en question; en 1755, je fis ma dissertation sur l'histoire naturelle du Vésuve, qui fut envoyée ensemble, avec une collection des pierres du Vésuve, au pape Benoît XIV, et qui n'a jamais été imprimée; mais elle est connue à Paris. M. de Jussieu l'a vue, et, chez le baron, les garçons de la boulangerie la connaissent. En 1756, je fus nommé académicien de l'Académie d'Herculanum, et je travaillai beaucoup au premier volume des planches. Je fis même une grande
planches, et que notre académicien, H Duhamel, a publié depuis longtemps la machine d'Intieri, mais sans en faire honneur à son auteur. Voilà une difTéreoee de dunduite assez frappaote entre notre charmant abbé Galiani et notre important académicien Duhamel : le premier dérobe son nom à la connaissauce du publit, et fait croire, par le titre de sa brochure, qu'elle est de Tinventeur de la machine lui-même ; le second oublie jusqu'au nom de l'inventeur, et publie la machine en France comme étant de son inven-' lion, et avec quelques additions qui n'ont pas le sens commun, > Corretp» lUUt t. IX, p. SiO.
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dissertation sur la Peinture dès anciens , que Tabbé Arnaud a vue. En 1758, j'imprimai Toraison funèbre du pape Benoît XIY* (c'est ce qui me plaît le mieux de mes ouvrages). Ensuite, je devins politique, et en France je n'ai fait que des enfants et des livres qui n'ont pas vu le jour. Vous connaissez mon Horace, et le public connaît mes Dialogues. Il j aurait une liste terrible d'ouvrages manuscrits et achevés, qui ne sont pas encore pubiliés ; mais je songe sérieusement à me presser autant que Voltaire, car je crains Ja mort comme lui. Enfin, je vous recommande mon honneur et ma célébrité.
Dans l'enthousiasme où l'on est à présent sur mon Pour et contre en France, je ne suis pas fâché qu'on sache bien qui je suis, et que ce n'est pas à un singe seul, avec sa morsure, que je dois la célébrité*. On verra- que je suis un vieux écrivain et un vieux économiste, puisque j'ai commencé à imprimer à l'âge de dix-neuf ans, et qu'il y en a vingt-deux que je babille par la presse, et pour sortir de la presse. Mes manuscrits italiens achevés sont : la traduction de l'ouvrage de Locke sur les monnaies ', avec des notes ; une traduction en vers du premier livre de V Anti-Lucrèce; quelques poésies; une dissertation sur les Géants et les hommes (Tune stature extraordinaire; une dissertation sur les Bois carthaginois ; plusieurs dissertations sur des matières d'érudition, et deux ou trois oraisons ; une dissertation sur les/^em^wres d Herculanum^ une sur le Vésuve, mon Horace français, etc.
Mille grâces de l'extrait du Journal des Provinces '.