‹ Lettres à mon filsChapitre 30 sur 36 · HUITIEME LETTRE · texte numérisé non relu

HUITIEME LETTRE

Je ne sais si vous étiez chez moi le jour qu'on parlait d'un homme d'esprit qui a pour maxime de ne commencer l'éducation des enfants qu'à l'âge de douze ans? Avant, dit-il, de cultiver l'esprit, il faut donner au corps le temps de se fortifier ; c'est lorsque celui-ci a pris sa consistance que l'âme peut recevoir avec fruit les principes de la sagesse et des sciences, aliment trop fort pour un âge moins

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avancé. Ce système est sans doute bien singulier. C'est comme si on défendait aux enfants de mouvoir leurs bras et de se servir de leurs mains dans le temps qu'ils apprennent à marcher, et qu'on crût les exposer à beaucoup de maux en les obligeant de faire usage des bras et des jambes à la fois. Nous ne devons négliger aucune de nos facultés ; elles exigent toutes une culture égale : l'âme, ainsi que le corps, ne contracte de la force que par le travail et par l'exercice.

Mais je ne me propose pas de combattre l'opinion de ceux qui commenceraient l'éducation lorsqu'elle doit être déjà fort avancée. J'aime mieux, mon fils, vous dire un fait qui est arrivé il n'y a pas longtemps, et qu'on a cité comme

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