‹ Lettres à mon filsChapitre 6 sur 36 · IV · texte numérisé non relu

IV

heureux. Vous vous attende^ au ton abandonné d'une causerie maternelle, à la familiarité sans prétention et à la liberté aisée dune correspondance d'amis; vous rencontre\y au lieu de cela y la dignité soutenue d'un écrivain qui raisonne sur une thèse^ avec esprit et délicatesse, je le veux bien^ mais avec poids et calcul. Tant de travail était trop d'honneur pour un marmot de dix ans y qui ne paraît pas s'être distingué par une précocité exceptionnelle^ et qui, d'après le peu quon sait de son histoire^ n'avait guère que Vétoffe d'un sot.

Af"* d'Éptnay s'avisa de montrer les deux premières lettres à l'un de ses Ours, au plus mal léché. Il lui répondit que Vidée d'écrire à son fils était trèsheureusement trouvée « pour lui former le cœur et l'esprit », que les lettres étaient bonnes , excellentes en elles-

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mêmes, mais qu'elles ne valaient rien pour lui, O bêtise et naïveté toujours nouvelles de la philosophie! Rousseau ne s'occupait que de V enfant; il ne songeait pas à la mère; il ne voyait pas qu'elle n^ écrivait que pour sa propre satisfaction. Lorsqu'elle fit imprimer ses lettres^ elle y mit pour épigraphe ces trois mots : Facundam faciebat amor, V amour me faisait parler. Devise heureusement équivoque^ et choisie^ comme doit Vêtre toute devise^ pour donner à penser. Ce ri est pas V amour maternel^ c*est un autre amour qui alors remplissait son cœur et la rendait éloquente; toute fraîche encore^ sa passion pour Grimm exaltait tout en elle^ redoublait son activité^ lui faisait un enchantement de ses devoirs, et ouvrait mille issues au trop plein de son âme.

Écrire et philosopher était encore un

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