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Le général Ferdinand Vasse, frère de Flavie

488 LETTRES DE G. FLAUBERT A SA NIÈCE CAROLIi^E

tenant trouve un atelier, et aux i^randes œuvres ! Qu'est-ce que Bonnat pense des toiles faites pendant l'été? Quant à Charpentier, je ne vois aucun moyen d'en avoir, maintenant, le cœur net. Attendons ! et puis après tout, bonsoir! Pourvu qu'on ne me parle pas d'argent je suis content, et en demander, même quand j'en ai besoin, m'exaspère. Celte antipathie pour les affaires est devenue chez moi une vraie démence.

Mme Régnier s'étonne de ma sévérité à rencontre de ses illustrations. Je t'engage à ne pas la ménager sous ce rapport. Vraiment, ma gloire m'encombre ! Cette semaine, voilà trois envois d'auteurs! Avec mes lectures (et mes ratures) je n'en peux plus; la théologie m'abrutit; quel chapitre! Il me paraît difficile d'avoir fini au jour de l'an? Les difficultés surgissent à chaque ligne.

J'ai reçu les bouffis ! Merci. Monsieur s'en gorge.

Depuis mardi soir, je n'ai vu personne, ce qui s'appelle pas un chat. Aucune nouvelle, d'ailleurs. Le nombre des bateaux augmente. J'en ai compté hier vingttrois.

Adieu, pauvre chérie.

Ta Nounou l'embrasse.

CCCLXVIII

Nuit de samedi, 1 heure, 7 décembre 1879.

Il faut que je t'embrasse bien fort, ma chère fille, pour te remercier de ta bonne lettre d'hier. Continue à m'en envoyer de pareilles. Tu sais que Vieux a besoin d'être aimé et caressé, et son cœur n'a pas trop de pâture maintenant.

Tant que je travaille, ça va bien, mais les moments de repos, les entr'actes de la littérature ne sont pas, tous

les jours, folâtres. Enfin je vois le terme de mon chapitre. Dans une quinzaine de jours j'espère n'avoir plus que dix pages !

Quel temps ! quelle neige ! quelle solitude ! quel silence ! quel froid ! Suzanne a fait un paletot à Julio avec un de mes vieux pantalons. Il ne démarre pas du coin du feu. J'attends vendredi le Moscove. Viendra-t-il?

Charpentier m'a envoyé 700 francs et doit me faire encore un autre envoi prochainement.

Si Donnât est dur pour toi, c'est qu'il te considère beaucoup. Tant mieux ! il te traite en confrère. Comment peux-tu savoir ce qui se dit chez la bonne Princesse? Voilà un mois que je lui dois une lettre. Mais je suis débordé. Je passerai ma journée demain rien qu'à écrire des lettres, dont cinq sur des livres qu'on m'a envoyés! Tous ces hommages me deviennent une peste. J'ai tant d'autres choses à lire! et tant d'autres lignes à tracer.

Garde les livres et revues à mon adresse. C'est autant d'épargné.

Dis à Gertrude^ que je suis bien fâché de ne pas la voir. Repassera-t-elle par Paris au printemps?

Il est temps d'aller se coucher.

Je t'embrasse bien fort.

Nounou.

Pas de Furet ^

Personne sur le quai. Le facteur arrive à des heures fantastiques.

J'aime à croire que Putzel va mieux.

Et l'oxygène?

Houzeau m'abandonne.

Naturellement.

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