‹ Lettres à sa nièce CarolineChapitre 159 sur 160 · CCCLXXVIII · texte numérisé non relu

CCCLXXVIII

Dimanche, 5 h. 1/2, 15 février 1880.

Eh bien, pauvre fille, comment va la santé? Gomment va la peinture? Ce matin, en faisant un tour (solitaire, bien entendu) sur la terrasse, et en pensant à toi, une idée m'est venue, dont tu feras ce que tu voudras. Ton modèle, Cécile, est peu favorable aux flamboiements du pinceau. Comme contraste, si tu prenais ton ami J.-M. de Hérédia? Hein? Son refus de poser m'étonnerait. Peutêtre môme ta proposition le flatterait-elle? Un portrait ferait valoir l'autre. En l'habillant (Hérédia) rembranesquement ou plutôt à la Vélasquez, il serait superbe.

Tu as encore le temps de t'y mettre.

En attendant mes livres d'Éducation qu'on doit m'envoyer de Paris, je me ronge et je remanie mon plan; ou plutôt j'ai une venette abominable de mon chapitre. Aussi, dans la peur de m'en dégoûter, je m'y mets ce soir même !!! A la grâce de Dieu!

Toute ma journée d'hier s'est passée à lire Na7ia (de 10 heures du matin à 11 heures et demie du soir, sans désemparer). Eh bien, on dira ce qu'on voudra. Les mots

orduriers y sont prodigués, Émilien est ignoble, et il y a des choses d'une obscénité sans pareille. Tous ces reproches sont justes, ma^s c'est une œuvre énorme faite par un homme de génie ! Quels caractères î quels cris de passion ! quelle ampleur ! et quel vrai comique î Nana tourne au mythe sans cesser d'être une femme, et sa mort est michelangesqiie !

Va-t-on dire des bêtises là-desus î mon Dieu! en vat-on dire ! C'est du reste ce que demande le bon Zola...

La manière dont la Vie moderne publie ma pauvre Féerie est de plus en plus pitoyable î J'ai beau réclamer ; ah! bien, oui !

Mon chapitre exigera bien quatre mois î car il doit être le plus long, et n'avoir pas loin de quarante pages! Cela me remet au milieu de juin ! Cependant, si je ne veux pas rompre avec tous les civilisés, il faut que j'aille à Paris cette année! Il faut que j'y aille aussi pour mes notes, et même si je veux paraître en 1881, il faudra que je prenne pendant quelque temps un secrétaire ; je ne m'en tirerai pas autrement.

Et dans tout cela, quand nous verrons-nous, mon pauvre Caro. Tu viendras ici quand j'en partirai, et cet automne, peut-être t'y laisserai-je toute seule? Comme notre vie est mal arrangée.

Il me tarde beaucoup que cette continuelle incertitude d'un avenir prochain soit finie; je sens qu'elle m'use. Or, à mon âge y on a besoin d'être tranquille, il faut garder toutes ses forces exclusivement pour son travail.

Depuis quinze jours je suis empoigné par l'envie de voir un palmier se détachant sur un ciel bleu et d'entendre claquer un bec de cigogne au haut d'un minaret... comme ça me ferait du bien au corps et à l'esprit.

Allons! n'y pensons plus ! Je vais mettre Dwi-même

cette lettre à la poste, nettoyer ma table, piquer un chien^ puis, après mon dîner, me mettre à mon chapitre, n'en écrirais-je, ce soir, que trois lignes. Deux bons baisers de nourrice, pauvre chat, de

Ton Préhistorique.

Mamzelle Julie, très sévère pour moi, trouve que j'ai eu (( une bonne vacance » (à cause des deux jours pleins et l'après-midi passés ici par mon disciple et par Lemaitre) et qu'il est temps que je me remette à travailler.

Ai-je tort quand je soutiens que le genre humain n'a pas d'indulgence, ni même de justice pour moi? C'est toujours l'histoire de la casquette de loutre, que Lapierre trouvait si drôle, quand tout le monde en avait une pareille? Il y a là un mystère psychologique, que je tâche vainement de comprendre. Il ne m'indigne pas du tout, mais me fait rêver.

CGCLXXIX

Dimanche, 2 heures, 1879.

Pauvre fille.

Ma semaine à moi a été bien agitée : l'' par les histoires de mon disciple ! elles m'on t fait perdre trois jours î Lundi dernier je n'ai travaillé pour lui que quatorze heures, tant pour écrire des lettres de recommandation que pour composer à la hâte un morceau informe destiné au Gaii-

lois (voir le numéro d'hier, samedi); on ne m'a pas donné le temps de le corriger ! ce qui me vexe infiniment î

De plus, Mulot (notre secrétaire du comité Bouilhet) est mort mardi. Je l'ai enterré jeudi, par une pluie battante. C'est encore une complication dans cette malheureuse fontaine! et les fonctions de Mulot retombent sur moi ! Naturellement.

De plus, j'ai eu des épreuves de Bouilhet à corriger ! Mme Régnier me demande une lettre pour Larounat devenu directeur de l'Odéon!... etc. Ah! vraiment! les éternels Autres commencent à m'embêter! je fais toujours tout pour eux et je ne vois pas qu'ils fassent quelque chose pour moi.

Et travailler au milieu de tout ça! le moyen? et puis, je pense aux affaires! j'ai la tète souillée d'un tas de choses basses. Le dernier attentat contre le Czar m'inquiète à cause du Moscove? Et je m'attriste de ta continuelle anémie, ma pauvre fille. Il me semble que nous ne nous sommes pas vus depuis quinze ans, et quand tu reviendras ici, j'en partirai! Est-ce assez bête! Mon chapitre ne sera pas fini avant la fin de juin!!! n'importe! j'irai à Paris au commencement de mai et je prendrai quelqu'un pour me relever des textes indiqués d'avance. Autrement Bouvard et Pécuchet ne seraient pas publiables en 1881 !

J'ai pourtant cette semaine écrit deux pages , et c'est sublime d'effort, vu l'état de mon moi. Je n'ai plus le beau calme que tu as admiré il y a un mois! Peut-être que la semaine prochaine tout ira mieux que jamais?

Ce n'est pas la peine de me voler mo7i papier pour m'ccrire sur des formats aussi grotesquement minimes . Ta dernière lettre pas chic ! pas chic !

Je t'embrasse bien fort, pauvre chérie.

Vieux.

CCGLXXX

Samedi, mars 1880

Ma pauvre fille.

La première page de ta lettre (reçue avant-hier) m'a fait grand plaisir, bien qu'elle décelât une souffrance : rinsupportation des Bourgeois ! J'ai reconnu mon sang ! comme je comprends ça ! La Bêtise humaine me suffoque de plus en plus ! ce qui est imbécile, car autant vaut s'indigner contre la pluie !

A propos de bêtise, tu sais toutes les phases de l'histoire de Guy ! Mon épître dans le Gaulois lui a beaucoup servi. L'as-tu lue ? Je la trouve fort incorrecte, et l'avoir ainsi publiée est la plus grande marque de dévouement que je puisse donner à quelqu'un. Je n'ai pas dit (c l'Art avant tout », mais l'Ami avant tout. J'approuve ton idée de faire venir « quelques amateurs » dans ton atelier pour leur soumettre ton œuvre. Présente-toi à la Vie moderne. Ça ne peut pas nuire. J'ai adressé à son rédacteur et à son éditeur des admonestations qui man- (juaient de tendresse. Jamais je ne leur pardonnerai leurs petits dessins dont je reçois des plaintes de partout.

^'o^blie pas Banville (10, rue de TÉperon); il sera sensible à ta politesse et c'est un brave homme.

Ton pauvre mari n'en peut plus! Mais il y met une patience héroïque, il croit que tout sera fini lundi ou mardi. Que! soupir de soulagement, ma pauvre chérie! Allons-nous enfin vivre sans le souci permanent de l'argent?

Tu as raison pour ton projet de voyage ici. Ton Préhistorique ne t'attend pas avant six semaines (la dernière quinzaine d'avril).

Bouvard et Pécuchet ne vont pas mal ; j'entrevois de grands horizons dans ce dixième chapitre.

Félicitations et applaudissements des Rouennais pour ma lettre à Guy. Le Petit Rouennais l'a reproduite.

Reçu ce matin une lettre de Bardoux, toute en sucre, et hier une boîte de raisins, envoyée par Mme Brainne.

Par moments il m'ennuie de toi démesurément et je sens le besoin de te pétrir, et de bécoter ta mine.

Nounou.

La nomination de Du Camp à l'Académie me plonge dans une rêverie sans bornes et augmente mon dégoût de la Capitale ! Mes principes n'en sont que renforcés. Labiche et Du Camp, quels auteurs! Après tout, ils valent mieux que beaucoup de leurs collègues. Et je me répète cette maxime qui est de moi :

« Les honneurs déshonorent, Le titre dégrade, La fonction abrutit. »

Commentaire : impossible de pousser plus loin l'orgueil.

CCCLXXKI

Lundi, !2 heures, 8 mars 18H0.

Ma chère (il le,

Comme je suis content ou plutôt heureux de la lettre que j'ai reçue ce matin! Je voudrais être à Paris, pour

m'en réjouir avec vous. C'est donc fini! Quel soulagement!

Sois sûre, pauvre loulou, que ta santé va se ressentir en bien de ce changement de fortune. Dans les premiers temps ce ne sera peut-être pas encore maiiifique? Mais enfui il y aura un flux métallique qui nous fera sortir de la gêne. Et l'avenir est bon !' Hosannali ! nous avons eu tant de renfoncements successifs que j'ai peine à y croire.

Parlons, parlons de... VArt.

Bien que ton mari le traite de banquiste, j'approuve ton idée de convier les amateurs à venir dans ton atelier. Ça les flattera, et peut-être paieront-ils cette attention par de petits coups d'épaule.

N'oublie pas d'inviter A. Darcel (vu le Journal de Rouen), Écris aussi un petit mot à E. de Concourt 53, boulevard Montmorency; il est très répandu dans ce monde-là. Veux-tu que je prie P. Burty, de ta part? Si tu tiens à des articles, il faut t'y prendre d'avance. Je suis enchanté de ce que t'a dit Donnât. Oui ! tu « arriveras » si tu fais ce qu'il faut pour cela, c'est-à-dire : cracher a priori sur le succès et ne travailler que pour toi. Le mépris de la gloriole et du gain est la première marche pour atteindre au Beau, la morale n'étant qu'une p:irtic de l'Esthétique, mais sa condition foncière. Dixi.

Cet été, il faut que Madame pioche les accessoires, apprenne à faire le linge, le velours, etc. On doit savoir tout exécuter, être rompue à tous les exercices. La vraie Force est Texagéralion de la souplesse. L'artiste doit contenir un saltimbanque. Comme je prêche ! C'est peutêtre la faute de Bouvard et Pécuchet, car je suis perdu dans la Pédagogie. Ça ne va pas vite. Ça va même très lentement. Mais je seîis mon chapitre, j'ai peur qu'il en soit bien rébarbatif? Comment amuser avec des ques-

LtTTRES DE G. FLAUBERT A SA NIÈCE CAROLINE 509

lions de méthode? Quant à la portée philosophique des dites pages, je n'en doute pas.

Mercredi prochain, probahlement, j'irai à Rouen pour voir Sauvageot et commander officiellement le buste, car toutes les difficultés sont levées depuis hier.

De samedi en huit, j'aurai, je crois, Pouchet et Pennetier à déjeuner, avec l'ineffable Houzeau qui, hier, m'a donné de tes nouvelles. 11 doit te revoir mercredi.

Les primevères commencent à pousser. Avant-hier j'ai fait une promenade hygiénique. Suzanne me cueille de petits bouquets de violettes qui embaument mon cabinet.

Adieu, pauvre chérie. Deux forts bécots de

Nounou.

J'ai reçu une charmante lettre de ma vieille amie Laure pour me remercier de ce que j ai fait à l'endroit de Guy.

CCGLXXXII

Jeudi, i heures, 13 mars 1880.

Je viens d'inviter mes collèijues à venir ici, soit le sanjedi, le dimanche ou le lundi de Pasques. Et à la fin de celte semaine de Pasques, c'est-à-dire dans une quinzaine, j'espère bien avoir la visite plus longue et autrement douce de ma pauvre fille. Tant pis pour les quelques jours d'atelier que tu perdras !

Ton mari ne peut guère revenir avant la fin d'avril (comme je le plains de voir sans cesse retarder son départ! ils sont à étrangler, ces bonshommes!). Tu iras le retrouver, puis tu m'attendras à Paris et nous y reste-

510 LETTRES DE G. FLAUBEUT A SA MÈCE CAROLIiNE

rons ensemble ([uelques jours, tous les deux, n'est-ce pas, chérie ?

Quant aux arrangements de meubles, tout est convenu. Mais il me semble que l'antichambre va être bien dégarnie? Où s'asseoir? le banc de chêne m'était commode.

Il me tarde de savoir l'effet produit par tes œuvres sur les personnes qui à l'heure présente sont dans ton atelier. As-tu invité Popelin?

Je suis content de ce que tu me dis de la Princesse. On s'y attache, plus on la connaît. Sans doute que m ne lui as pas dit le revirement des affaires, il me semble que je dois lui annoncer cette bonne nouvelle?... Merci des détails que tu me donnes. J'aime atout savoir.

J'ai commandé aujourd'hui un fût de 50 bouteilles chez Yinel. Raymond remet les pavés dans la salle de bains et aux lieux!!!

Ce matin, j'ai envoyé ce qui s'appelle faire f un

juif allemand qui me proposait de la toile de Hollande à très bon marché. Tu n'imagines pas sa tête de coquin. Il servait d'interprète à une dame! et la marchandise était sur le quai, dans une brouette! Tableau.

Bouvard et Pécuchet n'avancent pas vite! mais le peu qu'il y a de fait est roide. J'ai passé trois jours cette semaine dans la botanique, sans le secours de personne, ce qui n'était pas facile.

Écris-moi toujours de bonnes lettres^comme les dernières, c'est-à-dire longues.

Nounou t'embrasse bien fort.

LETTRES DE G. FLAUBERT A SA NIÈCE GAROLlPsE 511

CCCLXXXIII

Nuit de lundi, 1880.

Je voudrais bien ne pas mécontenter mon loulou, ni moi non plus. Donc voilà ce qu'il faut faire : garde ta chambre telle qu'elle est, ?/mù débarrasse-moi du piano (c'est convenu), de la suspension, de la salle à manger, de la machine à coudre, du bahut et du canapé en perse, tout au moins du bahut. Tu mettras le canapé de perse dans l'antichambre. Arrange-toi aussi pour que le corridor soit net. Enfin ne conserve que ce qui l'est vraiment utile pour dormir et t'habiller, reprends le buste dans ta chambre (ou laisse-le sur le haut de la bibliothèque)...

Quant à ton voyage à Croisset, il me semble, chérie, que tu ferais bien de venir seulement après être quitte de tes œuvres picturales. Ce serait plus prudent.

J'avais projeté d'avoir à déjeuuer le jour de Pasques Zola, Concourt, Daudet et Charpentier, qui s'attendent à cette invitation depuis longtemps. Jules Lemaitre doit d'ailleurs venir ce dimanche de Pasques. Il me l'a promis, lors de sa dernière visite le mercredi des cendres. Il f^iut que je m'exécute et j'aurais aujourd'hui écrit à ces Mossieux sans ta h lire de te matin...

En conséquence, je te propose de venir un peu après, à la fin de l'autre semaine, vers le 5 ou 6 avril ? Ernest ne peut être revenu à Paris avant le 20? Prévenue de son arrivée, tu y retourneras, et pourvu que ?/m chambre soit libre dans les premiers jours de mai, je n'en demande pas plus. Vieux sera même content de passer encore

quelques jours avec toi là-bas. Tu me piloteras dans l'exposition. Est-ce convenu?

Réponse quant au vin et autres questions (sauf celles relatives au logement, affaire vuidée, n'est-ce pas?).

Vieux t'embrasse bien fort.

CCCLXXXIV

Mardi, 9 heures, car Monsieur ne dort plus ou presque plus !

23 mars 1880.

Je songe avec joie qu'à la fin de la semaine prochaine, tu seras ici enfin^ et que nous nous livrerons, sans compter les bons baisers, à quelques conversations philosophiques!...

Je viens de recevoir ton mot d'hier m'annonçant l'arrivée d'Ernest. Pour(|uoi donc ne voulait-on pas lui donner son traité? Tout maintenant va bien, c'est le principal.

Mes invités ne se rendront à mon festival que lundi probablement. Ils ont du mal à s'entendre sur leur départ. J'aurai une réponse nette, vendredi. Suzanne écure et récure, à force! Jamais elle n'a plus travaillé ! Ton jardinier m'a l'air dans les mômes dispositions. Quant à Bouvard et Pécuchet^ leur lenteur me désespère î

Quel livre! je suis à sec de tounmres, de mots et d'effets! L'idée seule de la terminaison du bouquin me soutient, mais il y a des jours où j'en pleure de fatigue (sic), puis, je me relève et trois minutes après, je retombe comme un vieux cheval fourbu...

Non seulement Houzeau ne m'a donné aucun détail sur la visite d'amateurs à ion atelier, mais pas moyen

d'en tirer un mol! de sorle que je ne sais pas du tout ce que signifient ces mois de ton avant- demi ère lettre, appliqués à la Princesse : « très sans façon, légèrement trop peut-être ))(styledéplorable,d ailleurs), c'estcomme pour le dialogue avec Du Camp. Cette manière d'écrire vous fait bombiciner dans le vide, inutilement.

Au déjeuner scientifique de dimanche, croirais-tu que sur trois savants qu'il y avait là, moi, homme de lettres, j'étais le seul qui eût lu Hippocrate !..,

Garde le bahut si ça t'est plus commode. Pourvu qu'il y ait de quoi s'asseoir dans l'antichambre, c'est tout ce que je demande. Je ne vois pas arriver avec plaisir le moment de quitter Croisset, mon rêve étant maintenant la tranquillité.

Adieu, pauvre fille.

Nounou,

CCCLXXXV

Dimanche, i heures, avril 1880.

Mon pauvre chat,

Ta dernière lettre m'a été aie cœui\ car, malgré toi, elle débordait de joie et d'espérance. Voilà donc du bleu dans notre horizon M Ma chère Caro, mon loulou, quand bien même l'Établissement ne donnerait pas des résultats magnifiques, il nous tire de la gêne... et de l'inquiélude, qui est pire encore. J'aurais mainlenant

1. Mon mari avait enfin réussi à trouver une alTaire qui s'annonçait comme devoir être très bonne.

bien du plaisir à t'eiiibrasser ! Ce ne sera pas avant un grand mois, sans doute?... Nous en recauserons tout à l'heure.

Voyons î j'ai bien des choses à te dire :

l"* Ton jardinier a écrit à Ernest, pour des arbres de Pissy. Que faut-il faire?

:2° Dans huit ou dix jours, le vin ordinaire manquera. Faut-il en reprendre chez Yinet? Ton mari avait dit qu'il y penserait; mais il a eu probablement d'autres chiens à fouetter.

3° Je suppose qu'Ernest t'enverra un télégramme dès qu'il sera à Odessa; par conséquent, j'attends de ses nouvelles vendredi. N'oublie pas

De la peinture !

4° Pour que je prie Burty de passer à ton atelier, il faudrait que je susse l'adresse dudit atelier, et les heures où Fartiste reçoit.

5° Comment s'est passé le dîner chez Hérédia ? Détails, s. V. p.

6"* Tu m'as « mi^ la puce à l'oreille » en m'écrivant que Du Camp s'était montré grossier. Je désire savoir comment? Ça m'intrigue et me trouble. Depuis qu'il est académicien, sa cervelle légère doit en avoir tourné. Homme étrange î dont il y a beaucoup de bien et beaucoup de mal à dire.

Jeudi, en même temps que *'"' signait, moi, j'en plissais avec la fontaine Bouilhet. 11 y a donc une conclusion à tout î Cette affaire-là n'a duré que dix ans î Mainlenant, je n'ai plus à m'en mêler, sauf pour ks inscriptions, et les travaux vont commencer. Ils seront achevés, prétend Sauvageot, vers le mois d'octobre.

Bouvard et Pécuchet me donnent un mal de chien î en quatre semaines, dix pages! Hier soir, j'étais si fatigué que je me suis couché à 11 heures; aussi, ai-je

fait une bonne nuit, chose qui ne m'était advenue depuis longtemps.

Le portrait que tu fais de toi (chose que j'ignorais) ajant des plumes, tu dois ressembler à l'altière Vastiî Je* me le destine.

Adieu, pauvre fille; je t'embrasse bien fort.

Vieux. '

Tu ne m'as pas dit ce que tu pensais du livre de Tolstoï et de Nana.

Aujourd'hui, dans la Vie moderne^ dessins moins bètos.

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