Théophile Gautier
2. 11 y avait, à ce moment-là, à la Foire Saint-Romain, trois misérables individus de cette race.
auquel je suis très sensible. J'ai eu hier dix personnes à la fois dans mes salons, et j'ai été le soir chez la princesse Mathilde, qui est toujours fort aimable. J'attends Monseigneur; nous allons travailler cet après-midi ensemble, après quoi j'irai au dîner de Magny^ Je n'ai aucun projet ni engagement pour le reste de la semaine. Théo m'a dit qu'il allait se mettre à l'opéra de Salammbô, chose que je crois fort peu. Voilà toutes les nouvelles. Tu me reproches, mon bibi, de ne past'écrire de longues lettres; mais que veux-tu que je te dise, vous écrivant tous les jours ? J'ai bien envie de voir ta bonne petite mine fraîche et de la bécoter.
Ton Vieux.
Les Bichons, que j'ai vus hier pour la première fois, se sont beaucoup informés de ta peinture.
Paris, samedi, 9 h. 1/2 du matin, 5 décembre 1863.
Oui, mon Caro, 9 heures et demie du matin. Monsieur est levé, bottine, vêtu et prêt à se mettre en course. Hier matin j'ai fini, tout à fait .fini la Féerie. Ma table est brossée et il y a un gros caillou sur les pages du Château des cœurs. Je vais dès maintenant commencer les affaires! Je suis sûr que la ûa de notre pièce est maintenant excellente.
J'ai, hier, dîné avec un ami des dames Vasse, qui connaissait leur naufrage par Mme Jacques. C'est le
1. Dîner bimensuel, fondé l'année précédente par Gavarni et Sainte-Beuve.
docteur Cabarus ^ A ce dîner chez Mme de Tourbey^ nous étions très peu de monde: Sainte-Beuve, Girardin, Darimont le député, Cabarus et le préfet de la Corse, lequel n'était pas à la hauteur. Le Prince^ m'appelle maintenant (( son cher ami ». La bienveillance qu'il me témoigne a pour cause, je crois (ainsi que celle de sa sœur), la certitude où il est que je ne lui demanderai rien, ni une croix, ni un bureau de tabac.
J'ai vu, avant d'aller là, la petite mère Cloquet, qui s'est, comme son mari, beaucoup informée de ta grand'mère : ils me semblent, cette année, plus amicaux que jamais.
Ce matin, je vais aller chez l'idiot, puis chez Pagnerre, puis déjeuner chez Taine avec Renan. Mercredi prochain, à 1 heure, chez moi, lecture solennelle de la Féerie, <( devant un aéropage » dont je te dirai la constitution...
Voilà, je crois, toutes les nouvelles. Monseigneur est toujours dans des transes et des angoisses continuelles ! Quel incroyable bonhomme ! — A propos d'ecclésiastiques, t'ai-je dit qu'il y a huit jours je m'étais trouvé en chemin de fer avec deux évêques et une grande quantité d'Onuphres*. J'espère qu'à la fin de la semaine prochaine vous prévoirez l'époque de votre départ.
Ton vieil oncle qui t'aime.
Mme Touzan doit t'écrire pour te demander des explications relatives à la tapisserie. Vous voyez, Mademoiselle, qu'on fait vos commissions.