Comédie de Victorien Sardou, représentée au Gymnase
de Jocrisse au Palais-Royal et Thérésa sont les succès du jour. Je n'ai pa« encore été au spectacle et n'irai point, n'ayant pas le temps. Adieu, mon vieux loulou. Amitiés à ton mari, je t'embrasse bien fort.
Ton ganachon.
Paris, vendredi, 2 heures, 11 mars 1865.
Mon loulou,
Ta grand'mère m'écrit ce matin que vous partez définitivement mardi prochain, et qu'elle viendra avec vous, en quoi je l'approuve.
Vous arriverez probablement par le train de 4 heures 20. Dites-le moi afin que j'aille à votre rencontre.
Ma soirée de mardi et celle de mercredi sont prises, mais ça ne m'empêchera pas de dîner avec vous.
Consolez-vous, V Africaine sera jouée au commencement d'avril ; vous pourrez voir également la première du jeune Feydeau, et la Flûte enchantée au Lyrique. Quant à moi, je n'ai pas encore été au spectacle. C'est bien assez que de sortir, une ou deux fois le soir, chaque semaine pour aller dans le monde.
On vient de m'apprendre la mort du sieur Morny^ Voilà une nouvelle fraîche.
Comme il y a longtemps que je n'ai baisé à mon aise la bonne mine, mon Caro !
Adieu, à mardi, donc !
Ton Vieux.
Où descendez-vous? Que faites-vous en arrivant? etc.
1. Le duc de Morny, qui, sous le pseudonyme de Saint-Rémy, écrivit pour le théâtre.
Paris, mercredi matin, 1865.
Mon bibi,
C'est demain soir à 6 heures que j'ai rendez-vous chez Perrin pour savoir si j'aurai des billets^; donc demain soir ou vendredi matin, terme de rigueur, vous recevrez une dépêche qui vous apprendra si j'aurai oui ou non des places.
Si l'on ne m'en donne qu'une et pour moi. Que faire? J'y suis retourné (à l'Opéra) hier. Les stalles d'orchestre sont à des prix fabuleux.
Quelle chaleur !
Je t'embrasse bien fort.
Ton vieux ganachon d'oncle.
Paris, jeudi, 10 h. 1/2, 1865.
Vous êtes de singuliers pistolets ! ! ! Vous me faites aller dix fois à l'Opéra, et puis, au dernier moment, vous me dites que c'était inutile.
Quelle rocambole me contez-vous avec la fin du mois?
Si j'ai ce soir des billets, je vous écris par le télégraphe immédiatement. Vous aurez la nuit et demain jusqu'à 1 heure pour vous décider. Si demain à 3 heures je n'ai pas de vos nouvelles, j'en dispose. Réfléchissez bien avant de prendre votre parti.