‹ Lettres à sa nièce CarolineChapitre 33 sur 160 · Pour r Africaine · texte numérisé non relu

Pour r Africaine

Si ton mari ne peut réellement pas venir, prends ta vieille avec toi, ta mère-grand, et accourez ensemble. Allons, une petite débauche, saprelotteî

Mais peut-être n'aurai-je pas de billets?

Ton vieil oncle t'embrasse.

Paris, lundi, 5 heures, 1865.

Mon bibi,

La répétition de F Africaine sl eu lieu hier; j'ai appris cela à 5 heures du soir.

La première a lieu mercredi; on m'a dit ce matin de repasser à 6 heures demain. Votre sort sera décidé. Si tu n'as pas de dépêche demain soir, il y faut renoncer. Je t'embrasse.

Ainsi tenez-vous prêts pour mercredi, peut-être ?

XLYII

Vendredi, 1 heure, 5 mai 1865.

Ma chère Caro,

J'arriverai à Croisset pour déjeuner mercredi prochain, sans faute, à moins d'empêchements imprévus. Je voulais partir mardi matin; mais d'ici à lundi soir, tous mes moments sont pris, et je n'ai que mardi pour voir l'exposition et faire mes visites d'adieu. Alors je recule jusqu'à mercredi.

J'attends en ce moment Monseigneur, qui va passer toute la journée et la soirée avec moi. Nous avons à travailler ensemble, ainsi que demain. Dimanche a lieu ma dernière réception; lundi je fais mes paquets, et le soir dîner chez Magny où Ton portera des toasts au père Sainte-Beuve, sénateur. Voilà mon programme.

Hier, nous avons dîné chez Théo, où nous étions vingt personnes à table, y compris un Chinois, avec lequel Monseigneur a causé en chinois.

J'ai reçu une lettre de reproches de la jeune Bosquet, qui prétend que je l'oublie. Cela est parfaitement vrai; mais s'il fallait fréquenter tous ses amis, on ne rentrerait pas chez soi.

Tu serais bien gentille de t'arranger pour prolonger ton séjour à.Croisset, mon bibi, afin que je jouisse un peu de ta compagnie. Réponds-moi et embrasse pour moi tes deux compagnons.

Je te prends par les oreilles et je dépose sur chacune de tes joues un gros bécot de nourrice.

Ton vieux sanachon d'oncle.

Croisset, lundi, 6 heures, 1865.

Ma chère Caro,

Ta grand'mère passe maintenant d'assez bonnes nuits; en somme, elle va mieux, bien qu'elle souffre toujours dans le dos. On l'a mise au vin de quinquina, au malaga et aux viandes rouges pour lui redonner des forces. Mais elle s'ennuie! elle s'ennuie! elle s'ennuie!

Fortin^ lui conseille, si elle se trouve un peu mieux à

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