‹ Lettres à sa nièce CarolineChapitre 36 sur 160 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

Paris, jeudi, midi, 29 mars 1886.

Mon pauvre bibi,

Ta graad'mère m'a écrit que tu étais pâlie, maigrie et fatiguée. C'est le résultat d'un hiver trop échevelé et de la vie brûlante de Paris. Tâche de te reposer et de reprendre ta bonne mine. Quant à moi, voilà quinze jours que je suis dans l'impossibilité de marcher et même de me tenir debout, ce qui, joint à mes trois semaines, fait que, depuis deux mois, j'en ai passé plus d'un chez moi. Telles sont mes folichonneries dans la capitale. J'ai voulu, dimanche, aller dîner chez Mme Husson et m'en suis très mal trouvé. Aujourd'hui, pour la première fois, je n'ai plus de cataplasmes; j'en profite pour me purger, si l'on peut s'exprimer rainsi. Je profite de mes arrêts forcés pour travailler, et quand je reviendrai à Croisset, au milieu de mai, j'aurai probablement fini le premier chapitre de ma seconde partie. Le deuxième et le troisième me demanderont plus d'un an! C'est pire que les clous, cela !

Monseigneur est parti hier matin pour s'embêter dans sa famille, pendant les fêtes de Pâques !

Je ne pense pas que Spirite * t'amuse. Dis-moi ce que tu en trouves. Ecris-moi une lettre littéraire comme pour la Divine, ça flattera ma vanité. Son auteur (l'auteur de Spirite), va bientôt marier sa fille, ce qui ne l'amuse pas du tout. Je serai probablement témoin du

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