Suzanne Lagier, chanteuse-actrice
8i LETTRES DE G FLAUBERT A SA NIÈCE CAROLINE
chaiii ce pauvre Bouilhet. Je partirai le matin et reviendrai le soir.
Pourquoi donc ces névralgies dans ta caboche, mon mimi? Ce sont des migraines, n'est-ce pas?
Tu ne me dis pas si j'aurai Tlionneur et le plaisir de Vt)tre visite le mois prochain?
Adieu, mon Caro. Écris-moi le plus souvent que tu pourras, au lieu de rêvasser au coin de ton feu, comme tu dis.
Ton vieil oncle qui t'aime.
Paris, 15 mars 1867.
Mon impression sur Galilée^ est que : c'est pitoyable. On ne peut pas se figurer une œuvre dramatique plus piètre, plus veule, plus ennuyeuse.
l^uisque tu tiens à savoir des nouvelles des théâtres, je t'apprendrai aussi que Do7i Carlos^^ a paru lamentable aux connaissseurs et a fortement embêté le public.
J'assisterai samedi prochain à la première d'Alexandre Dumas fils au Gymnase. Mais, en fait de spectacle, j'en vois un presque tous les soirs qui me divertit parfois extrêmement : je veux dire les noces qui se j)assent chez Bonvalet. Dans la grande salle vitrée faisant face à ma fenêtre, j'aperçois des bourgeois et des bourgeoises gambadant comme des singes. Tous les messieurs sont en habits noirs, toutes les demoiselles en robes blanches.