‹ Lettres à sa nièce CarolineChapitre 61 sur 160 · Pour être lu à part et ne pas inquiéter ma grand'mère · texte numérisé non relu

Pour être lu à part et ne pas inquiéter ma grand'mère

avec des spahis sur les Prussiens ! Le reverrai-je ?

Le pèreD.-.jle beau-père de ton dimi^J). ,.,ne pouvant plus parler de peur, est parti pour la Belgique avec son gendre.

Notre voisin H... a barricadé sa grille avec des planches.

Ce que j'éprouve c'est de l'écœurement. Comme les journées sont longues à s'écouler.

Adieu, pauvre fille.

Jeudi, 4 heures, 16 septembre 1870.

Mon pauvre Caro,

Tu es bien gentille de nous écrire si souvent ! Continue.

Sous ta résignation apparente, tu me semblés avoir une grande inquiétude? Épanche-toi avec ton pauvre Vieux, ma chère fille.

Je suis devenu plus calme. Je reste enfermé toute la journée, et seul, je m'abandonne à tout mon chagrin. J'ai essayé plusieurs fois de travailler: impossible ! Le pire, c'est l'heure des repas.

Demain matin, nous aurons h déjeuner Bataille, qui m'a l'air très philosophe.

Ernest travaille-t-il encore? Je croyais presque que tu serais partie pour l'Angleterre, hier ?

Si au moins nous étions ensemble ! La vue de ta bonne mine me ferait du bien.

Paris est décidé h la résistance quand même, et les

Prussiens vont refluer sur la province. Cela me paraît

immanquable. C'est upe question de temps. Rouen est

décidé à céder tout de suite; mais le département se

défendra... Comment?

Adieu, pauvre chérie. Bon courage, je t'embrasse bien

fort.

Ton Vieux.

Je vais m'équiper pour l'exercice ^

Croisset, jeudi soir, 11 heures, 23 septembre 1870.

Mon pauvre Caro,

Ça va un peu mieux, aujourd'hui; il nous est venu des nouvelles tellement bonnes qu'elles vous desserrent la poitrine, bien qu'on ne veuille pas y croire (je ne te les envoie pas, pour ne pas te faire une fausse joie), tant nous avons été trompés souvent ! Ce qu'il y a de sûr, c'est que partout on fond des canons, on s'arme et on marche sur Paris. 11 est passé h Rouen, depuis deux jours, 53,000 hommes de troupes (tous les prisonniers de Sedan s'échappent). On forme des armées: dans quinze jours il y aura peut-être un million d'hommes autour de Paris ? Les gardes nationaux de Rouen partent samedi prochain.

Comme on sait qu'il ne faut attendre aucune pitié des Prussiens, et qu'ils ne veulent pas faire la paix, les gens les plus timides sont résignés, maintenant, h se battre

1. Il avait été nommé lieutenant de la garde nationale de Croisset.

à outrance. Enfui, il me semble que tout n'est pas perdu ?

Je l'assure que moi j'ai cru, plusieurs fois, devenir fou. Ce qui me ronge, c'est l'oisiveté — et les doléances! et les bavardages ! Mais, pour le moment, je suis remonté.

Ta grand'mère va bien. Nous avons eu, aujourd'hui, la visite de Mme Brainne et de Mme Lapierre; dimanche dernier, celle de Raoul Duval avec MmePerrot (la mère de Janvier), Mme Lepic (sa fille), et la femme d'un colonel, Mme de Gantés. Celle-là était dans un joli état! Elle a parcouru le champ de bataille de Sedan, pour découvrir son mari parmi les cadavres; elle ne Ta pas trouvé. Je crois qu'elle mangerait Badinguet et de Failly avec délices!

Lundi, j'ai été déjeuner à Hautot, chez le philosophique Bataille î Quel heureux tempérament d'homme? Voilà toutes les nouvelles, ma pauvre chérie. Et toi, que deviens-tu? Ta seconde lettre (celle d'aujourd'hui) est moins triste que la première; mais j'ai peur que tu ne t'ennuies beaucoup à Londres, dont le climat, d'ailleurs, n'est pas sain. J'y ai toujours été malade. C'est une ville qui me fait peur ; et puis, je doute que la nourriture te soit bonne: pas de pot-au-feu ! ni mille petites choses auxquelles nous sommes habitués. Les bonnes dames chez lesquelles tu manges n'ont pas ton ordinaire, mon bibi. Enfin, je tremble que tu ne tombes malade à Londres *. Je crois que tu ferais mieux, dans quelques jours, d'aller habiter Brighton; tu louerais un petit appartement, et Marguerite te ferait la cuisine. Il est peu probable que

1. Mon mari avait tenu à m'éloigner de Dieppe, où les Prussiens étaient redoutés, et j'avais accepté Fiiospitalité à Londres, dans la famille de mon ancienne institutrice, pour moi et Marguerite, ma femme de chambre.

les Prussiens viennent à Dieppe? On ne croit même pas qu'ils viennent à Rouen : c'est trop loin de Paris. N'importe, reste en Angleterre jusqu'à nouvel ordre.

Pas de nouvelles de d'Osmoy.

Feydeau, qui est à Boulogne-sur-Mer, m'a écrit aujourd'hui pour me dire qu'il « crevait de faim » et me demander de l'argent. Je vais lui en envoyer.

Nous sommes assaillis de pauvres ! ils commencent à faire des menaces. Les patrouilles de ma milice commenceront la semaine prochaine, et je ne me sens pas disposé à l'indulgence.

Ce qu'il y a d'affreux dans cette guerre, c'est qu'elle \onsrendmécfiant. — J'ai, maintenant, le cœur seccomme un caillou, et, quoi qu'il advienne, on restera stupide. Nous sommes condamnés à parler des Prussiens jusqu'à la fm de notre vie ! On ne reçoit pas sur la cervelle de pareils coups impunément ! l'intelligence en demeure ébranlée.

Je me regarde, pour ma part, comme un homme fini, vidé. Je ne suis plus qu'une enveloppe, une ombre d'homme. La société qui va sortir de nos ruines sera militaire et républicaine, c'est-à-dire antipathique à tous mes instincts. « Toute gentillesse », comme eût dit Montaigne, y sera impossible: c'est cette conviction-là (bien plus que la guerre) qui fait le fond de ma tristesse. Il n'y aura plus de place pour les Muses.

Mais je suis ingrat envers le ciel, puisque j'aurai encore ma chère Caro.

Ton vieil oncle.

îo8 LETTRES DE G. FLAUBERT A SA NIÈCE CAROLINE

Croisset, mardi soir, 28 septembre 1870.

Mon pauvre loulou,

Je suis remonté, car je suis résigné à tout; je dis à tout : depuis dimanche, où nous avons appris les conditions que la Prusse voudrait nous imposer, rien que pour un armistice, il s'est fait un revirement dans l'esprit de tout le monde. C'est maintenant un duel à mort. 11 faut, suivant la vieille formule, « vaincre ou mourir ». Les hommes les plus capons sont devenus braves. La garde nationale de Rouen envoie demain son 1" bataillon à Yernon; dans quinze jours toute la France sera soulevée. J'ai vu aujourd'hui à Rouen des mobiles des Pyrénées î Les paysans de Gournay marchent sur l'ennemi. De l'ensemble des nouvelles, il résulte que nous avons eu l'avantage dans toutes les escarmouches qui ont eu lieu aux environs de Paris, malgré la panique des zouaves du général Ducrot. Mais j'oublie que ton mari t'envoie tous les jours le Nouvelliste.

Je commence, aujourd'hui, mes patrouilles de nuit. J'ai fait tantôt à « mes hommes » une allocution paternelle, où je leur ai annoncé que je passerais mon épée dans la bedaine du premier qui reculerait, en les engageant à me flanquer à moi-même des coups de fusil s'ils me voyaient fuir. Ton vieux baudruchard d'oncle est monté au ton épique! Quelle drôle de chose que les cer-

velles, et surtout que la mienne! Croirais-tu que, maintenant, je me sens presque gai! J'ai recommencé hier à travailler, et j'ai retrouvé l'appétit !

Tout s'use, l'angoisse elle-même.

Ton oncle Achille Flaubert me dépasse, car il veut quitter ses malades et prendre un fusil.

P**% qui tremblait, il y a huit jours, a maintenant son sac tout préparé et ne demande qu'à marcher : chacun sent qu'il le faut; le temps des plaintes est passé! A la grâce de Dieu ! Bonsoir !

Peut-être suis-je fou? Mais, à présent, j'ai de l'espoir. Si l'armée de la Loire ou celle de Lyon peut couper les chemins de fer des Prussiens, nous sommes sauvéSc II y a dans Paris 600,000 hommes armés de chassepols et 11,000 artilleurs de la marine, sans compter d'effroyables engins et une rage de cannibale qui anime tout le monde.

Mais, causons de toi, ma pauvre Caroî Comme je . m'ennuie de ne pas te voir! Te fais-tu à la vie de Londres? Je t'engage à passer de longues séances au British et au National Galery, ainsi qu'à Kensington. As-tu été à Kew et Kensington ? N'est-ce pas que les promenades sur la Tamise sont charmantes? L'endroit que j'aime le mieux de Londres, c'est la pelouse de Greenwich. Tu ne m'as pas donné des nouvelles de Putzel ? A-t-elle eu bien du succès ?

Que dis-tu de Julie, qui croit (bien qu'on lui dise) qu'on peut toujours et malgré tout aller à Paris par « la route d'en haut » ?

Les pauvres nous ont laissés, aujourd'hui, plus tranquilles que mardi dernier. Ce qui m'exaspère, c'est le beau temps; le soleil a l'air de se moquer de nous! Comme tu dois faire des réflexions philosophiques à Londres, mon pauvre Caro ! Il nous serait impossible de

t'y réjoindre, car « les hommes valides » ne peuvent plus sortir de France! On a arrêté l'émigration.

Adieu, ma chère Caro, ma pauvre fille. Je t'embrasse avec toutes les tendresses de mon cœur.

Ton vieux bonhomme d'oncle.

Mercredi soir, 5 octobre 1870.

Ma chère Caro,

Je n'ai pas de bonnes nouvelles à te donner. Les Prussiens sont d'un côté à Vernon et de l'autre à Gournay. Rouen ne résistera pas! (Je ne connais rien de plus Ignoble que la Normandie!) Aussi est-il probable que les Prussiens ne s'y livreront pas à de grands excès?

La République me parait dépasser l'Empire en bêtise! On parle toujours des armées du centre et on ne les voit pas. On promène les soldats d'une province à l'autre; voilà tout. Les gens de cœur qui s'en mêlent rentrent chez eux, désespérés; nous sommes non seulement malheureux, mais ridicules.

Quant h Paris, il résistera quelque temps encore; mais on dit que la viande ne va pas tarder à manquer, alors il faudra bien se rendre. Les élections pour la Constituante auront lieu le 16. Il est impossible que la paix soit faite auparavant et avant que tout soit réglé. Il nous faut donc attendre encore un mois. Dans un mois tout sera fini, c'est-à-dire le premier acte du drame sera fini : le second sera la guerre civile.

Il y a eu du revif après la circulaire de Favre, mais la reddition de Strasbourg (auquel on n'a pas envoyé un homme ni un fusil) nous a replongés dans rabattement.

C'est le cœur qui nous manque, pas autre chose, car si tout le monde s'entendait, nous pourrions encore avoir le dessus! Pour nous sauver, je ne vois plus maintenant qu'un miracle; mais le temps des miracles est passé.

Tu me parais bien raisonnable et bien stoïque, ma pauvre chère fille. L'es-tu, vraiment, autant que tu le dis! Quant à moi, je me sens b^Hséy car je vois nettement l'abîme. Quoi qu'il advienne, le monde auquel j'appartenais a vécu. Les Latins sont finis! maintenant c'est au tour des Saxons qui seront dévorés par les Slaves. Ainsi de suite.

Nous aurons pour consolation, avant cinq ou six ans, de voir l'Europe en feu; elle sera à nos genoux, nous priant de nous unir avec elle contre la Prusse. La première puissance qui va se repentir de son égoïsme, c'est l'Angleterre. Son influence en Orient est perdue, Alexandre ne fera qu'une bouchée de Constantinople, et cela, prochainement.

Depuis hier, tous les Nogentais et ta grand'mère sont chez toi, à Piouen, pensant être plus en sûreté qu'à Croisset, car ils y seront plus entourés; mais ta grand'mère se propose de revenir très prochainement à Croisset et de les laisser se débrouiller à Rouen comme ils l'entendront.

J'ai écrit à ton mari de venir samedi soir diner et coucher à Croisset, afin que nous puissions causer un peu tranquillement.

Tu n'as pas l'air enchantée de la famille Farmer?elle est trop bourgeoise.

Mais je crois qu'Ernest te rappellera bientôt? 11 est

16^2 LETTRES DE G. FLAUBERT A SA PsIÈCE CAROLINE

peu probable que les Prussiens aillent à Dieppe. Quand ils auront rançonné Rouen et le Havre, ce qui ne sera pas long, ils s'en retourneront à Paris.

Voilà tout, mon pauvre loulou. Quel plaisir j'aurai à te revoir ! je n'étais pas gai le jour que je t'ai dit adieu à Neuville !

Ta bonne maman est assez raisonnable. La supériorité qu'elle se sent sur ses hôtes lui donne du nerf.

Adieu, ma chère Caro, ma pauvre fille. Je t'embrasse avec toutes les tendresses de mon cœur.

Ton vieil oncle.

Croisset, jeudi soir, 11 octobre 1870.

Ma chère fille, ma pauvre Caro,

Les Prussiens ne sont pas encore à Rouen, mais ils sont à Gournay et à Gisors, et peut-être aujourd'hui aux Andelys? Il est probable qu'ils vont entrer dans Amiens; alors la poste d'Angleterre ira par Dieppe.

Ils annoncent tellement l'intention de venir à Rouen que c'est peut-être une feinte, et qu'ils vont se porter tout de suite vers la Basse-Normandie ? Il y a beaucoup des nôtres à Fleury, mais j'ai peur que cette lettre ne tombe entre leurs mains, et je ne t'en dis pas plus.

Mon pauvre domestique est parti aujourd'hui dans son pays pour la revision. Si on me l'empoigne, ce sera pour moi un surcroît d'ennui. Nos parents s'en retournent demain vers leur patrie. Leur voyage va leur demander au moins trois jours. J'espère qu'il ne leur arrivera

LETTRES Dt: G. FLAUBERT A SA NIÈCE CAROLINE 163

rien, car le centre de la France est libre. Ta grand'mère revient demain dans son gîte pour tout à fait.

Depuis l'arrivée de Gambetta à Tours, il me semble qu'il y a un peu plus d'ordre et de commandement? Que dis-tu de son voyage en ballon, au milieu des balles? C'est coquet.

Bourbaki a dû passer à Rouen aujourd'hui. On dit que Palikao nous revient : il est capable de nous donner un bon coup d'épaule.

Quel pitoyable citoyen que le philosophe Baudry! Il est revenu à Rouen, où je l'ai vu aujourd'hui. Tu ne le reconnaîtrais pas, tant il a maigri. Il crève de peur, c'est évident! et il n'est pas le seul.

Quant à moi, depuis le commencement de la semaine, je travaille, et pas trop mal! On se fait à tout, et puis, je crois que j'ai parcouru le cercle, car j'ai failli en devenir fou, ou mourir de chagrin et de rage.

La pluie qui n'arrête pas me comble de joie et me détend les nerfs. Je crois que nos ennemis commettent une faute grossière en incendiant les villages. Le paysan^ qui est plat comme une punaise par amour de son bien, se transforme en bête féroce dès qu'il a perdu sa vache. Les cruautés inutiles amènent des représailles sourdes. Ah! si nous avions : i"* de l'artillerie et 2" un vrai chef!

C'est bien heureux pour toi d'avoir rencontré Frankline^ Je t'engage à quitter ton logement afin d'en prendre un où il y ait une chambre à feu. Prends garde de devenir malade, ma pauvre Caro. Tu n'es pas trop robuste, et le climat de Londres est bien mauvais. Si tu te sentais souffrante, il faudrait revenir quand même. Il me semble que si tu étais avec nous, ici, j'aurais la

1. Frankline Grout, une de mes amies, qui plus tard épousa Auguste Sabatier, doyen de la Faculté de théologie protestante.

l€i LETTRES DE G. FLAUBERT A SA NIÈCE CAROLINE

moitié moins de tourment. Comme j'ai envie de t'embrasser! Comme il y a longtemps que je n ai vu ta bonne gentille mine!

Et je ne reverrai plus VHorloger! Il s'est réfugié dans son pays, en Basse-Normandie, où il va vivre de ses rentes! Nous n'entendrons plus son rognonnement bimensuel. Va-t-il pouvoir causer du temps tout à son aise!

Nous n'avons eu mardi dernier que trois cents pauvres environ. Que sera-ce cet hiver? Quelle abominable catastrophe! et pourquoi? dans quel but? au profit de qui? Quel sot et méchant animal que Fhomme! et comme c'est triste de vivre à des époques pareilles! Nous passons par des situations que nous estimions impossibles, par des angoisses qu'on avait au iv' siècle, quand les Barbares descendaient en Italie. Il n\ a jamais eu, dans l'histoire de France, rien de plus tragique et de plus grand que le siège de Paris! Ce mot-là seul donne le vertige, et comme ça fera rêver les générations futures! N'importe, en dépit de tout, j'ai encore de l'espoir. Voilà le mauvais temps. C'est un rude auxiliaire. Et puis, qui sait? la fortune est changeante.

Bon courage, mon pauvre Caroî Je te baise sur les deux joues.

Ton vieux bonhomme.

Tendresses à Putzel.

Le ton insolent du Times me révolte plus que les Prussiens.

LETTRES DE G. FLAUBERT A SA ÎSIÈCE CAROLIÎS^E 165

Croieset, lundi, 1 heure, ti oclobre 1870.

Mon pauvre Caro, ton mari l'écrira sans doute qu'il me trouve au plus bas degré de la démoralisation, car il ne vient ici que les dimanches, et le dimanche est pour moi un jour atroce! Je me rappelle les visites de Bouilhet et les soirées de la rue de CourcellesS alors je roule dans des océans de mélancolie. Et puis le tête-à-tête continuel avec ta grand'mère n'est pas gai! Et quelquefois, je n'en peux plusl puis je me remonte, et je retombe. Ainsi de suite^ et les jours s'écoulent, Dieu merci!

Les Prussiens ne sont pas encore à Rouen. Ils y viendront cerlainement, mais je doute qu'ils viennent à Croisset. Voilà bientôt trois semaines qu'ils se tiennent sur les limites du département. Pourquoi n'avancent-ils pas?

Si Bourbaki rejoint Bazaine et qu'ils arrivent tous les deux sous les murs de Paris en même temps qu'une armée s'y présentera, alors les Parisiens feront une sortie collective et tout peut changer en deux jours. Paris tiendra encore longtemps. La défense y est formidable et l'esprit de la population excellent. Ah! si la Province lui ressemblait, à ce pauvre Paris!

J'ai donné hier ma démission de lieutenant, ainsi que le sous-lieutenant et le capitaine, afin de forcer le maire à établir un conseil de discipline, car nous n'avons aucune autorité sur notre pitoyable milice! Si je n'ai pas

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