‹ Lettres à sa nièce CarolineChapitre 74 sur 160 · Léon Rivoire, frère de Mme Lapierre et de Mme Brainne · texte numérisé non relu

Léon Rivoire, frère de Mme Lapierre et de Mme Brainne

Il me tarde bien de bécoter ta chère mine et de voir ma pauvre nièce.

As-lu repris la peinture? Lis-tu quelque chose? Imite dans son courage

Ton Vieux.

Croisset, nuit de vendredi, 11 mai 1872.

Mon pauvre Caro,

MM. les peintres auront enfin terminé les deux chambres demain ! et je crois que mardi (jour où je t'altends) tout sera prêt.

Ma vie, comme incident, n'a eu que la visite de trois belles dames, aujourd'hui : les dames Lapierre avec Mme Pasca. Celle-ci reviendra dimanche pour que je lui donne les poésies bonnes à réciter en Russie. Dimanche, j'aurai à déjeuner Laporte (Fami de Duplan). Yoilà toutes les nouvelles.

Je continue à ne pas m'amuser follement. Cependant^ comme j'ai pris, avant le dîner, un très long bain, je suis plus calme, ce soir.

Je dois aller à Paris du 20 au 25, pour les affaires de Bouilhet. J'ai un rendez-vous avec Glaye, l'imprimeur; mais si tu dois rester à Croisset au delà du 25, je remettrai mon rendez-vous, voulaût me priver le moins possible de a ma pauvre fille »

Que j'aime tendrement.

GLXXXII

Paris, jeudi matin, 9 heures, 13 juin 1872.

Ma pauvre Garo,

Ton billet était bien gentil, mais bien court. J'espère que ta prochaine missive sera plus prolixe. Il me semble que nous avons passé en tête à tête trois bonnes semaines et que nous nous sommes fait du bien l'un à l'autre. Ton vieil oncle te comprend, n'est-ce pas?

J'étais absolument triste en arrivant à Paris : toutes les fois que j'y reviens, mon petit Duplan me manque énormément.

J'ai rencontré Lapierre, qui m'a traîné rue de Milan, dîner chez Girard. J'avais envie de pleurer en me mettant à table, et puis, peu à peu, la tristesse s'en est allée, et, en somme, je me suis amusé, car la compagnie était fort aimable et le dîner excellent.

Hier, j'ai passé la soirée avec la mère Sand, que je n'ai pas trouvée changée du tout. Elle s'est informée de loi et de toutes nos affaires très gentiment. Aujourd'hui, je vais aller chez Flavie et, dimanche, j'irai coucher à Sainl-Gratien. Mon wagon de dames pour Vendôme se bornera à moi, à moi seul, fort probablement. Mais ils sont gigantesques, à Vendôme! J'ai reçu le programme des fêtes ^ : il y aura congrès archéologique, comices agricoles, orphéons, etc., etc., et la présence de M. le Ministre de l'Instruction publique! Je suis invité à aller à la messe! Gomme Ronsard était un catholique, j'irai! Mme Sand me pousse à écrire un discours; mais je sais

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