Une Passion dans le grand inonde
AUIffilIfCONNUE. 303
GCXGIV
Paris, jeudi 4 avril 1867.
Chère amie, me voici enfin à Paris, mais plus mort que vifi Je nd vous ai pas écrit» parce que j'étais trop triste et que je n'aVais que des choses douloureudes à vous dire de moi et de ce monde sublunaire. Vous me trouverez bien souffrantt mais bien heureux de vous yoir« Vendredi mattHi s'il faisait beau, nous pourrions faire ehsemble une promenade au musée du Louvre. Je n'ose guère sortir, tant j'ai peur du froide et dn me recommande de marcher. Je vous envoie le hui*^ tième volume de M. Guizot, qui Vous ditertirft. Le temps noir et tiiste me fait grand maL J'espère que vous êtes toujours en grande prospérité. On raccommode ma maison et je suis réduit à vivre dans mon salon, qui est triste conune une prison» Venez me consoler. Vous emporterez tous les linea que vdus voudrez, et je ne vous demanderai pas de me laisser un gage.
Adieu. A bientôt, j'espbre.
CGXCV
Paris, yendredi 30 avril 1861.
Chère amie, je suis bien fâché de vous s^ entourée de malades. Gela me fait craindre vous ne pensiez pas à moi, qui le suis plus jamais par le temps qu'il fait. Ne viendrezpas me soigner un de ces jours? Je suis allé cei dant à l'Exposition ; je n'ai pas été ébloui. I vrai qu'il pleuvait à verse et qu'il m'a été im sible d'aller voir les bêtises amusantes qui s dit-on, dans le jardin. J'ai vu quelques b< objets chinois, trop chers pour ma bourse; tapis russes, tous déjà vendus. Il faudra qu'u ces matins vous me meniez là et me guidiez i mes acquisitions. Vous me paraissez très-encl tée de ce bazar : peut-être que votre entt siasme éveillera le mien. Le temps pluvieu sombre me fait beaucoup de mal. Je n'ose sortir et je vis comme un ours. Je meurs d vie d'aller vous voir un soir, mais j'ai la <
yiction que je serais obligé de passer la nuit sur la première marche de votre escalier. Savez- vous quelque livre amusant à lire pour mes soirées? En attendant mieux, j'écris, pour le Journal des Savants, un article sur la princesse Sophie, sœur de Pierre le Grand. Je ne sais si cela vous amusera. Je vous le lirai prochainement.
CGXCYI
Mercredi, 26 Juin 1861.
Chère amie, n'eût-il pas mieux valu m'apporter vous-même votre bouquet? vous m'avez fait grande peine en me l'envoyant. Je suis toujours très-grippé ; mais comment se guérir avec le temps que nous avons I
lisez le discours de Sainte-Beuve ^ ; il vous amv sera. Il est impossible d'avoir plus d'esprit. Mais, s'il voulait ce qu'il demandait, il a pris le meilleur moyen de se faire refuser. Je ne sais ce qu'il
1. Â propos des bibliothèques populaires, séance du Sénat da ^i5 Juin 1867.
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advient de son commerce d'épigrammes avec H. Lacaie, mais je crains qiie cela ne finisse par de la poudrei II est impossible de se représenter l'expression de haine et de mépris profond de sa figure lorsqu'il lisait» car il a lu, oe qui a nui un peu à Teffeti
Je vous ai fait mes complimœts de condoléance pour la perte de votre porte-monnaie à TExposition. Rendez-moi la pareille, car j'ai laissé le mien dans une voiture. Je demande partout des billets pour la cérémonie du 1" juillet. Je ne veux accepter pour vous que les meilleures places , et n'en puis trouver.
CCXGVII
Paris, dimanche 30 Juin 1867.
Chère amie, voici deux billets pour la cérémonie de demain ^. Ils méritent un fameux pourboire, car j'ai eu bien de la peine à me les procurer. Je vous les envoie en hâte. Tâchez de ne pas être malade. Il fera terriblement chaud!