TOME XII
avons commis et député, commettons et députons par ces présentes signées de nostre main, que, prins avec vous le procureur du roy nostre dit seigneur et frère aus dits siège et ressort de Chinon que nous vous avons ordonné et ordonnons pour adjoinct, ensemble tel personnaige que vous adviserés pour vostre greffier, vous ayés à vous transporter au dit chasteau et maison de Ghavigny, et appelles ceux qui pour ce seront à appeller, veoir et visiter les dictes ruynnes et de ce faire bien ample procès verbal, et ce fait^ informer bien deuement et dilligemment tant d'icelles ruines, démolitions, bruslemens , meurtres, homicides, voUeries et pillaiges que du siège avec armes et artillerie devant la dicte place, pertes et bruslemens des dis papiers et enseignemens et de toutes autres choses quelsconques advenues en la dicte maison et chasteau de Ghavigny^ et mesmement de Tassistance, conduicte, confort et aide que aulcuns des subjects du dit sieur de Ghavigny ont donné aux dits de la nouvelle religion pour l'exécution des choses dessus dites, pour, les dites informations et procès verbal ainsi faits, servir et valloir au dit sieur de Ghavigny ce que de raison. De ce faire vous avons donné plain pouvoir, auctorité, commission et mandement spécial par ces dites présentes et au premier huissier et sergent royal sur ce requis faire tous les exploits et adjournemens nécessaires pour l'exécution et accomplissement d'icelle ; mandons et commandons à tous justiciers, officiers et subjects du roy nbstre dit seigneur et frère et néantmoins leur commandons, en vertu de nostre pouvoir que à vous, au dit huissier ou sergent en ce faisant ils obéissent et entendent soigneusement et diligemment. vjnj ^ J3onné au camp de Ghinon, le neuvième jour de janvier mil cinq cens soixante-neuf. Signé : Henry. Et plus bas : Par mon dit seigneur : Fizes, et scellée en queue.
"166. — 11 janvier 1569; —' Mandement du duc d'Anjou à M. dtt*^
Lude. '[f^^ofï
Henry, fils et frère de roy, duc d'Anjou et de Bourbonnoys, pair de France, lieutenant général du dit seigneur, représentant sa personne par tout son royaume, païs, terres et seigneuries de son obéissance, à nostre très cher et bien amé Guy de Daillon, conte du Lude, chevalier de l'ordre du roy, nostre très honoré seigneur et frère, gouverneur et son lieutenant général en Poictou , salut et dilection. Saichans que l'une des principalles provisions qui sont les plus requises et nécessaires es villes où nous faisons faire amas et magasins de bleds et farines, de munitions pour subvenir à la nourriture des gens de guerre du camp et armée du roy, est d'une bonne et grande quantité de boys de chaufFaige pour spéciallement servir à la cuisson du pain de munition nécessaire pour la nourriture d'iceulx et entre aultres en la ville de Poictiers qui en est de présent fort mal munie et pourveue; pour à quoy pourveoir promptement, ainsi que le bien et service de Sa Majesté le requiert, vous mandons et néantmoings, en vertu du pouvoir à nous donné par nostre dit seigneur et frère, commandons et enjoignons très expressément que incontinent la présente receue, appelle avec vous M. Jehan de la Haye, lieutenant général en la séneschaulcée du dit pays de Poictou et l'ung des commissaires généra ulx des vivres de ce camp et armée, vous ayez à veoir et visiter ou faire veoir et visiter par personnages à vous seurs et féables tous et chacuns les lieux et endroicts plus proches et commodes à en recouvrer et, si besoing est, faire coupper, soyt tant ez boys appartenans au roy nostre dit seigneur et frère que en ceulx de l'abbaïe de Bonnevaulx et ez terres, maisons , seigneuries et communautez à tels qu^ils puis-
sent estre et appartenir, sans nul en excepter ne réserver soyent lais ou ecclésiastiques, pour faire cuire jusqu'au nombre de six cens cinquante mil pains, et néantmoings en lieulx les moins dommageables que faire se pourra, pour icelluy faire amener en la dicte ville et mectre en ung bon et grand magasin bien clos et fermé et à couvert, si faire se peult, qui sera à ceste fm par vous choisy, et lequel boys vous ferez recevoir par deux notables bourgeois de la dite ville, tant pour sçavoir les lieulx où il aura esté prins et couppé que pour en faire la recepte et distribution, ainsi qu'il leur sera par vous ordonné ou par l'ung des commissaires généraulx des dis vivres ou leurs commis, pour emploier à la cuisson du dit pain seuUement et non ailleurs, et ce pour le rendre à cbacun des propriétaires après l'affaire cessé ou bien ce qui en demourera de reste, advenant qu'il n'ayt esté entièrement bruslé et consommé pour la ditte cuisson, ausquels sera par les dis depputés baillé leurs récépissés pour par vertu d'iceulx leur en faire raison cy après, ainsi qu'il sera ordonné ; pour la voicture et transport duquel vous ferez prendre les chevaulx de charroy ez lieux circonvoisins et si proches qu'ils puissent retourner au giste en leurs maisons, afin d'éviter que pour raison de ce ils ne se consomment en aulcuns frais ni deppens; mandans et enjoignant, en vertu de nostre dit pouvoir, à tous qu'il appartiendra que, pour l'exécution du contenu en la présente nostre commission, ils ayent à vous obéir et entendre diligemment sur peyne aux contrevenans de punigtion exemplaire, estant question d'une affaire importante pour le bien publicq et service de nostre dit sieur et frère; de ce faire vous avons donné et donnons plain pouvoir, puissance, authorité et mandement spécial par ces dites présentes et ce, non obstant oppositions ou appellations quelsconques, pour lesquelles et sans préjudicier à icelles ne voulons estre aulcunement différé.
Donné au camp à Chinon, le unzième jour du moys de janvier, Tan mil cinq cens soixante neuf. Signé : Henry. Et plus bas : Par mon dit seigneur : Fizes.
167. — 14 janvier 1569. — Lettre du duc d'Anjou à M. du Lude.
Monsieur le conte, pour les mesmes considérations que je vous ay envoyé des compaignies à Poictiers, je suis d'avis que vous y mectez encores celle du cappitaine Boisvert. A ceste cause, vous luy manderez qu'il vous aille trouver avecques sa compaignie et luy ferez faire le mesme traictement des autres que vous avez en vostre ville, synon que vous congnoissez qu'il fust plus à propos pour le service du roy monseigneur et frère de la mectre dans Mirebeau, dont je me remects à vous, et sur ce je prye Dieu vous avoir en sa saincte garde.
Escrit au camp de Chinon, le xiiij^jour de janvier 1569. Vostre bon amy. Signé : Henry.
Et la suscription est : A Monsieur le conte du Lude, etc.