Le Puy d'Ardanne, commune de Ghalais en Loudunais
receue, laquelle ne vous ayant faiete que pour cest effect, je n'estendray plus au long que pour prier Dieu, Monsieur le conte, vous tenir en sa saincte et digne garde.
Eseript au camp de Ghinon, le 5^ jour de janvier 1569. (Ensuite de la propre main du prince) : Ne faillez incontinent de venir me trouver pour ce que je vous veux hanvoyer à Poictiers pour la seuretë de la ville, et est très nécessaire que vous y alliez an toute dilligence et aprëtez vous pour vous y han aller quant j'auray parlay à vous , et venez jour et nuict, car cecy requiert dilligence. Vostre bon amy. Signé : Henry.
Et la suscription est :. A Monsieur le conte du Lude, etc. . .
165. — 9 janvier 1569. — Mandement et commission du duc d'Anjou au bailli de Touraine.
Henri, fils et frère de roy, duc d'Anjou et de Bourbonnois et son lieutenant général représentant sa personne par tout son royaume et pays de son obéissance, au bailli de Touraine ou son lieutenant à Ghinon, salut et dilection. Nostre cher et bien amé le sieur de Ghavigny * , chevalier de Tordre du roy nostre dit seigneur et frère et capitaine de cinquante lances de ses ordonnances nous a remonstré et fait entendre comme aulcuns des subjects du roy nostre dit seigneur et frère estans de la nouvelle religion et portans les armes descouvertes contre le dit seigneur et tenans les champs avec armes, tant de gens de pied que de cheval et conduisans une bande d'artillerie, estoyent entrés par forme d'hostilité et voye de fait dans sa maison et chasteau de Ghavigny après l'avoir tenu longtemps assiégé et (en blanc)
\. François le Roi, et® de Clinchamp, s'^de Ghavigny et de la Baussonnière, capitaine de 50 hommes d'armes des ordonnances, lieutenant général en Touraine, Anjou et Maine, sous le duc de Montpensier. {Hist. de Touraine, par ChalmeL t. III, p. 383.)
la dite artillerie et auroient en icelluy prins, pillé, enlevé et emporté par force et violence tous la plus grant part de ses meubles, ruyné et desmoli la plus grant partie dudict cliasteau, rompu, deschiré, brûlé plusieurs titres et papiers de grande importance, tant par le moyen de la dite artillerie que par le feu qu'ils auroient mis en divers endroicts d'icelluy, outre lesquels excès, ruynes, voUeries et bruslemens, ils auroient perpétrés et commis plusieurs meurtres et cruels homicides en ses dite maison et chasteau, n'aiant pardonné à aucun sexe ne obmis aulcune acte de cruauté et inhumanité en tout ce qu'ils ont peu pour soûler leur effréné désir et appétit de vengeance à l'endroit du dit sieur de Chavigny et ce qui lui appartenoit ; en quoy il dit avoir reçu une perte et domaige inestimable et irréparable tant pour lui que pour ses successeurs , et pour ce qu'il désireroit faire informer de tout ce que dessus et de beaucoup d'autres torts que luy ont esté faicts par les dits de la religion nouvelle au dit lieu de Chavigny, tant pour avoir son recours contre qui il appartiendra, affin de luy servir et valloir à l'advenir à la conservation de ses droits et possessions, il nous a très humblement supplié et requis voulloir à ceste fm députer quelque bon et notable personnaige pour informer des dits meurtres, voUeries et autres excès commis par les dits de la rehgion en sa ditte maison, ses gens, serviteurs et biens et sur ce lui octroier nos lettres nécessaires de commission ; à ces causes, tant pour l'absence et empeschement des juge, lieutenant, conseillers, autres officiers au siège de Loudun détenus et usurpés par les dits de la nouvelle religion *, que pour la confiance que nous avons en vostre loyauté, prudhommie et suffisance, vous
4. La châtellenie de Chavigny était, en effet, du ressort du bailliage de Loudun; mais cette ville était au pouvoir des calvinistes. Le 20 décembre précédent, les deux armées demeurèrent plusieurs iours en présence sous ses murs, sans pouvoir combattre, à cause de la rigueur de la saison.