Antoine de Pons, sire de Pons, en Saintonge
puisse sçavoir le jugement que vous aurez faict et ordonner là dessus ce quy se debvra faire ; vous me ferez pareillement entendre ce que vostre homme vous aura rapporté du faict particulier que sçaurez ; et pour le regard de la nouvelle que vous me mandez avoyr eue de la surprinse de Bordeaulx, je reçus hyer au soyr nouvelles du sieur de Montluc, du xij^ de ce moys, quy n'en font aulcune mention, quy me faict croyre que c'est un faulx bruit fondé sur quelques desseings de nos ennemys ; et pour ce que il y a assez long temps que je suys adverty qu'ils y ont quelque intelligence, j'ay faict présentement une dépesche au dit sieur de Montluc, affin qu'il s'aille mectre dedans. Je vous prie renvoyer le cappitaine la Marche à Mirebeau, parce que le sieur de Fervasques m'a mandé qu'il estoyt allé à Poictiers et s'il n'y avoit plus qu'ung ou deux cappitaines mallades en la dicte ville, qui est tout ce que je vous diray pour ceste heure. Surce, je prie Dieu, Monsieur le conte, vous donner sa sainte grâce.
Escript au camp deChinon, le xit® jour de janvier 1569. J*escripts présentement au dit sieur de Fervasquez * que, s'il a affaire promptement de quelque chose pour la deffense et seureté de Mirebeau, qu'il s'en adresse à vous, et pour ce je vous prie le servir de ce, si vous pouvez. Vostre bon amy. Signé : Hejvry.
Et la suscription est : A Monsieur le conte du Lude, etc.
ijpisup
jp ,' inoq 173. — 20 janvier 1569. — Lettre du duc d'Anjou à M. dû tliflèV
Monsieur le conte, je receus hyer au soyr les lectres que vous m'avez escriptes du xviij® de ce moys et ce matin j'ay eu advertissement que le prince de Gondé estoit party et
1. Fervacques avait été nommé gouverneur de Mirebeau; mais, bientôt employé dans des postes plus importants, il y fut remplacé par Villaine. {liist. des troubles, par la Popelinière, p. 165.)
prenoit le chemin de Bressuire * ; mais d'aultant que par Tadvis que vous avez eu que il avoit esté veu plusieurs charettes chargées de munitions, il semble que ils veuillent faire remeuer leur artillerie à la Rochelle, il pourroyt estre que, nonobstant cela, ils fussent délibéré de tenter le passage pour aller au devant des viscomtes ^ et leurs Allemans. Je vous prie prendre diligemment garde au chemin qu'ils feront et de quel costé ils voudront tirer et m'en advertissez le plus diligemment que vous pourrez ; priant Dieu, Monsieur le conte, vous tenir en sa saincte garde.
Ecript au camp de Chinon, le xx® jour de janvier 1 569.
Monsieur le conte, pour ce que vous craignez ce paissage, je vous prie d'envoyer dans Luzignan le plus que vous pourrez de gens de cheval de vostre compaignie et de celle du sieur d'Ursé ^ et me mandez ce qu'estes d'advis que je vous envoyé d'adventaige de gens de cheval et ce que vous en avez affaire. Votre très bon amy. Signé : Henry.
Et la suscription est : A Monsieur le conte du Lude, etc..
jiO Un.
174. — 21 janvier 1569. — Lettre du duc d'Anjou à M. du Lude.
Monsieur le conte, ayant entendu que nos ennemys ont habandonné Loudun, Montrcuil-Bellé et Thouars et qu'ils tirent vers Fontenay et Nyort, je vous ay bien vouUu faire la présente pour vous en advertir et vous dire que mectiez peine de descouvrir leurs desseings et envoyer gents à la
1. Le prince de Condé, qui était à Thouars, confia l'armée protestante à Coligny et prit le chemin de la Rochelle. Son passage à Bressuire, indiqué par cette lettre, est donc très justifié. Le 20 janvier environ, il arriva à Niort, où il fit un certain séjour. [Chronique duLangon,^. 422, 123.)
2. Les vicomtes de Bourniquet, Montclar, Paulin et Gordon, chefs des protestants de Guyenne. (La Popelinière, 4 79.)
3. Philippe de la Béraudière, s"- d'Ursay, enseigne de la compagnie de M. du Lude, lors du siège de Poitiers. (Liberge, p. 425, 209.)
guerre et quelques personnes bien ad visées en leur camp pour sçavoir de leurs nouvelles, le chemin qu'ils veullent tenir et ce qu'ils ont délibéré de faire, et ce que vous en pourez entendre me le ferez sçavoir le plus dilligemment qu'il vous sera possible ; priant Dieu, Monsieur le conte, vous tenir en sa saincte et digne garde.
Escript au camp de Chinon, le xxj* jour de janvier 1 569. Vostre bon amy. Signé : Henry.
Et la suscription est ; A Monsieur le conte du Lude, etc.
475. — 23 janvier 1569. — Lettre du duc d'Anjou à M. du Lude.
Monsieur le conte, je vous prie à ceste heure que nos ennemys sont pour prendre quelque party, faire toute diligence de sçavoyr de leurs nouvelles et quelle route ils tiennent et ce qu'ils veullent faire, et de ce que vous entendrés m'en advertir le plus diligemment et le plus souvent que vous pourrés. Priant Dieu, Monsieur le conte, vous tenir en sa sainte garde.
Escript au camp de Chinon, le 23* jour de janvier 1569. Votre bon amy. Signé : Henry.
Au dos est écript : A Monsieur le conte du Ludde, etc..