‹ Lettres adressées à Jean et Guy de Daillon, comtes du Lude, gouverneurs de Poitou de 1543 à 1557 et de 1557 à 1585Chapitre 110 sur 173 · janvier 1569. -- Lettre de Charles IX à M. du Lude · texte numérisé non relu

janvier 1569. -- Lettre de Charles IX à M. du Lude

Monsieur le conte^ m'ayant mon frère, le duc d'Anjou et de Bourbonnois, mon lieutenant général, faict entendre le bon office que dernièrement vous avés faict pour mon service touchant l'emprunct de cinquante mille livres qu'il prent sur la ville de Tours, pour lequel vous avés esté contant de vous obliger en partie et en faire votre propre debte, je n'ay vouUu faillir de vous en remercyer, vous asseurant que, oultre ce qu'il sera donné bon ordre que

vous ne les autres qui ont respondu avecques vous n'y aurés aucune perte, je m'essayeray tousjours d'en faire la recongnoissance envers vous et les aultres, l'occasion se présentant ; suppliant cependant le Créateur vous avoir en sa très sainte garde.

Escript à Chaallons, le 25^ jour de janvier 1 569. Signé : Charles. Et plus bas : Robertet, avec paraphe.

Au dos est écrit : A Monsieur le conte du Ludde, etc.

177. — 28 janvier 1569. — Lettre du duc d'Anjou à M. du Lude.

Monsieur le conte, je viens de recepvoir vostre lectre du xxij® de ce moys et ay bien considéré les advis que vous m'avez donné du costé de nos ennemys qui sont assez conformes à ceulx que j'ay eus d'ailleurs, etay trouvé très bon que vous ayez envoyé les compaignies de gens de pied dedans Lusignan que vous me mandez. J'ay pareillement bien considéré que le lieu oii sont à présent nos dis ennemys est à propos pour prendre le chemin de la Guienne, Xaintonge, la Rochelle ou Angoulesme; et affin que vous me puissiez plus à propos advertir de ce qu'ils feront, je vous ay bien voulu mander ce que j'ay délibéré de faire, quelque chemin qu'ils puissent tenir et quelque parti qu'ils puissent prendre, car j'ay envoyé le sieur de Strossy * et les compaignies de Salavous ^ avec deux régiments de gens de cheval, à Chauvigny, pour tousjours en marchant favoriser Poictiers, s'il en est besoing, et garder les passaiges de la rivière de Vienne; et ayant entendu qu'ils veulent aller trouver les vicomtes pour après estre unicts ensemble entreprendre de forcer le passaige de Limoges et puis

1. Philippe Strozzi, fils de Pierre, mestre de camp du régiment des gardes françaises, puis colonel général de l'infanterie.

2. Sarlabous le jeune, mestre de camp d'un régiment d'infanterie.

celluy de Loyre, j*ay faict partir mon armée pour leur aller coupper chemin, et pour faire meilleure dilligence et marcher plus souldain j'ay séparé mon armée et envoyé passer la gendarmerie au Blanc en Berry et l'artillerie, les Suisses, le régiment des Provençaux et le reste des Françoys à la Haye, et je m'en voye avec ma cornette passer à la Guierche pour après remettre ensemble toute la dite armée entre la Creuse et la Vienne, affin d'aller à Montmorillon et Coufolans nous trouver au devant de nos dits ennemys, s'ils ne sont encores trop advancés ; et sy par fortune ils avoient desjà passé la Vienne parce qu'elle se passe à gué en plusieurs lieux, j'en pourroy avoyr nouvelles avant que les dites forces soient à la Haye, et feray lors couler la dite armée le long de la rivière de Creuse droict au Blanc et

Argenton pour leur chemin et les devancer plus avant

dans la suite que j'espère, s'ils entreprennent le chemin de Limoges pour aller trouver le bout de la rivière de Loyre, mesmement s'ils ne mènent artillerie, il est fort malaisé qu'ils passent sans estre rencontrés, dont je vous ay bien voulu advertir, affin que vous puissiez mieulx juger ce quy se debvra faire de vostre costé pour seconder mon intention et que vous vous teniez prest pour l'affaire que sçavez et pour toutes autres occurrences qui se pourront présenter; et, sy vous avez affaire de quelque chose, advertissez à Chauvigny, affin que plus promptement il vous soyt pourveu de ce dont vous aurez besoing ; et ne monstrez la présente si à personne qu'au sieur d'Ursé. Je-m^eï]^ vais demain coucher à Crissé et le lendemain à la Giiiei^che, priant Dieu, Monsieur le conte, vous tenir en sa saincte garde.

Escript au camp de Chinon, le xxiij® jour de janvier 1 569. Ne failliez me mander tous les jours de vos nouvelles et de celles de nos ennemys. Vostre bon amy. Signé : Het^ry.

Et la suscription est : A Monsieur le conte du Lude, etc. . .

Monsieur le conte, le sieur de Pouilly présent porteur vous fera entendre des nouvelles de nos ennemis et vous dira

ce qu'il en a aprins, ensemble ce que je Itiy ay donné

charge de vous dire de ma part, dont vous le croyerez,

comme moy mesmes, ce qui me gardera de vous dire autre

chose par la présente que je finieray priant Dieu, Monsieur

le conte, vous tenir en sa saincte et digne garde^-^ ' .tdoi

' • Escript au camp de Pressigny, le xxviij^ jour de janvier

1569. Yostre bon amy. Signé : Henry.

Et la suscription comme dessus.

.obud ub .M jfiJoinA'b or;:. MiÏGh idiiv^î C —.081

178. — 28 janvier 1569. — Lettre du duc d'Anjou à M. du hud^^.

Monsieur le conte, j'ay receu vostre lettre par ce porteur' et ay esté bien ayse d^avoir entendu des nouvelles des eiihemys et du lieu où ils sont, vous pryant de continuer et de m'advertir le plus souvent que vous pourrez, et envoyer des gens partout pour en aprandre, et des frais que vous ferez pour cest êfFect je voîis êh férày rembourser, qui est tout ce que je vous diray pour ceste heure, pryant Dieu, Monsieur le conte, qu'il vous ayt en sa sainte et digne garde.

Escript au camp de Presigny, le xxviij^ jour de janvier 1569. Yostre bon amy. Signé : Henry.

Et la suscription est : A Monsieur le conte du Lude, etc..

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179. — 28 janvier 1569. — Lettre du diic d'Anjou à M. du Lude!^

Monsieur le conte, je vous prye de faire bailler à ce porteur une charrette garnye de chevaulx pour mener et conduyre sa pouldre et munition qu'il va quérir à Pôic^; tiers pour icelle mener à Chauvigny où est le régiment de mon cousin le sieur Strozzy, d'aultant qu'il en a grand besoing, et à faulte de ce et que l'ennemy voulsist tenter quelque chose sur ce passaige, il seroyt à craindre qu'il en

vint de rinconvënient ; au moyen de quoy je vous prye de user dilligemment, pryant Dieu, Monsieur le conte, qu'il vous ayt en sa saincte et digne garde.

Escript au camp de la Guyerche, le xxviij^ jour de janvier 1569. Vostre bon amy. Signé : Henry.

Et la suscription est : A Monsieur le conte du Lude, etc.

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