juin 1569. — Lettre du duc d'Anjou à M. du Lude
Monsieur le conte, je vous aye desjàpar deux foisadverty comme les ennemis s'estoient tenus du costé de leur conqueste et que pour secourir Nyort ils pourroient avoir desbandé deux ou trois mil chevaulx pour vous bailler une estraicte ; au moyen de quoy vous prendrez garde à vous et envoyerez, sijàfaict nel'avez, des gensbatrele chemin d'Angoulesme pour recongnoistre ce qu'il viendra à vous et selon cella vous gouverner; et, sy toute l'armée y va, il ne faut pas faillir de pourvoir Poictiers, Luzignan, Myrebeau et aultres places de votre gouvernement que vous congnoistrez qui en auront besoing, de sorte que les ennemys ne les puissent surprendre ; en quoy vous favorisera le sieur de Puy Gaillard qui doibt estre de présent avec vous *, comme je luy écris présentement, et vous ferez le semblable envers luy si tant estoit que les ennemys prinsent le costé de Saulmur ou ailleurs du costé de la rivière de Loyre; et, sy vous avez d'avanture prins Nyort, je m'asseure que vous ne défaudrez pas de le pourvoir aussy de ce qu'il y sera nécessaire pour le conserver en l'obéissance du roy monseigneur et frère, faisant bien mon compte que vous aurez reçu mes dites lettres ou l'une pour le moings et que selon icelles vous vous serez gouverné, et communiquerez la présente au sieur de Puy Gaillard pour adviser par ensemble ce que vous aurez à faire *, et sur ce, je prie à Dieu,
1, Jean de Léaumont, sr de Puygaillard, gouverneur d'Angers, arriva devant Niort avec 6 enseignes et une cornette, le 1" juillet. (Journal de Généraux, p. 50.^
Monsieur le conte, qu'il vous ayt en sa saincte et digne garde.
Eseript au camp de Bonneval, le dernier jour de juing Fan 1 569. Votre bon amy. Signé : Henry.
Et la suscription est : A Monsieur le conte du Lude, etc.
191 . — 6 juillet 1569. — Lettre du duc d'Anjou à M. du Lude.
Monsieur le conte, pour ce que je crains que les ennemys tirent le chemin de la rivière de Loire et se saisissent de quelque place desus icelle, s'ils la trouvent mal garnye, je vous fais la présente exprès et en dilligence pour vous prier qu'incontinant icelle receue vous envoyez et faciez mettre dedans la ville de Tours dix des meilleures bandes de gens de pied qui sont près de vous, ausquelles j'entends que le sieur d'Honous maistre de camp commande et les conduyse lui mesmes dedans la dite ville, à laquelle il prendra si soigneusement garde qu'il n'en puisse advenir inconvénient * ; et sur l'asseurance que j'ay que vous et luy n'y oublierez rien de ce qui sera nécessaire pour le service du roy monseigneur et frère, je feray fin à la présente que vous communiquerez au dit sieur d'Honous, afin qu'il use d'aultant plus grande dilligence ; priant Dieu, Monsieur le conte, vous avoir en sa saincte et digne garde.
Eseript au camp deLussac, le vj^jour de juillet 1569.
Et par jP.-5. Monsieur le conte, je vous prie ne les faire passer Chastellerault avant que les ennemis ayent du tout passé la Vienne, car ils y pourront tousjours estre assez à temps. J'escrips au sieur de la Maissillière * que, passans à
i. Cet ordre ne put être exécuté; d'Aunoux demeura à Saint- Maixent après la levée du siège de Niort jusqu'au siège de Poitiers.
2. François Frottier, s^ de la Messelière et Melzéart, capitaine de 50 hommes d'armes. (Dict. des familles de l'ancien Poitou, t. II, p. 132.)
Conflans * les dis ennemis, il vous advertisse de ce qu'ils deviendront et ne lairrez pour cela à envoyer gens aux champs pour en apprendre nouvelles. Vostre bon amy. Signé : Henry.
Et la suscription est : A Monsieur le conte du Lude, etc..