décembre 1545. — Lettre de François Doyneau à M. du
Lude.
Monseigneur, j'ai veu ce qu'il vous a pieu m'escripre et la coppie des lectres des gens d'armes qui ont faict de grans doumaiges en ce pays et longuement vescu sur le pauvre peuple, à la grand foule et oppression d'icelluy; et, à ce que j'ay peu entendre, se sont, puys deux ou troys jours, vers Montmorillon, mys en deux bandes, dont l'une d'icelles tyre vers Bellac et la basse Marche, et l'autre tyre vers la rivière de Vienne en ce pays de Poictou.
Monseigneur, suyvant la bonne volonté que portez au pays, vous supply humblement donner et faire donner ordre à ce que le pauvre peuple qui est tout opprimé et chargé soyt soublevé de telles et semblables oppressions et viollances, qui sera chose salutaire et grandement agréable à Dieu et au roy, prest tousjours à vous obéyr et faire service à mon pouvoir.
Monseigneur, après mes humbles recommandations à vostre bonne grâce , je prye le Créateur vous donner en santé et prospérité bonne vie et longue. De Poictiers, ce
sixiesme de décembre, par vostre humble serviteur, signé : Françoys Doyneau *.
Et la suseription : A Monseigneur,Monsieurdu Ludde, lieutenant du roy en Poictou , ville et gouvernement d e la Rochelle .